CHAPITRE VlII
la Vénitienne , je connais ce nom-là , il appartient à l'un des mignons du... Je ne veux pas le voir.
— Il a prévu cette rigueur : aussi m'a-t-il prié de vous dire qu'il avait à vous donner des nouvelles aussi fraîches qu'intéressantes du chevalier de Pampelonne.
A ce nom, les trois femmes tressaillirent; celle qui était encore masquée se maîtrisa la première et attacha sur ses compagnes , principalement sur la marquise, un regard inquiet, curieux et jaloux.
— Faites-le venir, répondit vivement la Vénitienne, faites-le venir.
La Gazette alla chercher le bailli.
— Je vous demande pardon, dit la marquise à la dame masquée, ces détails n'ont rien qui vous intéresse.
— Faites , madame , sans prendre garde à moi... Si je vous gêne, je me mettrai à l'écart.
— Restez, je vous en prie.
Le bailli entra, salua avec cette recherche des courtisans les mieux appris, et. s'approchant de la signora Fabiani :
— Vous n'avez sans doute pas compris, madame la marquise, qu'en sollicitant l'honneur de vous être présenté, je sollicitais la faveur de vous faire amende honorable. J'ai eu envers vous les
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plus grands toris, et j'avdis hâte de les reconnaître, de les détester à vos pieds.
— Je reçois vos excuses, monsieur, et j'oublie l'outrage. Mais on m'a annoncé que vous aviez à me parler du chevalier de Pampelonne.
— On a dit vrai, madame : personne ne saurait vous en parler mieux que moi, qui, sous une rancune aussi loyale qu'invétérée, lui voue une inaltérable estime. Madame, vous devinez qu'après la scène où le courage du chevalier vous vint en aide, il y a eu beaucoup de sang répandu !
— Oui. ..je le devine, murmura la marquise. Mais M. de Pampelonne?... lui est-il arrivé malheur?... Répondez vite, de grâce...
— Madame, le chevalier a tué le marquis de Lansac, et il m'a désarmé.
— Il n'est pas blessé ?
— Il n'a pas une égratignure. Son témoin, M. de...
— Je n'en veux pas savoir davantage, monsieur, et je vous remercie : la précieuse nouvelle que vous venez de me donner rafraîchit tout mon sang ; si vous revoyez le chevalier avant moi, dites-lui que ma reconnaissance égale mon admiration, et que le service rendu à Beaugency comme celui qu'il m'a rendu à Angers ne sortiront jamais de ma mémoire... Baron, je vois que