‹ Le chevalier de PampelonneChapitre 80 sur 175 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

VOS gens attendent, veuillez nous conduire à nos apparleraents.

— Madame, je vous souhaite tout le repos dont vous avez besoin... A demain au point du jour !

— Je vous attends dans ma chambre à linstant même, glissa la femme masquée à l'oreille du bailli , pendant que la Gazette, donnant le bras à la Vénitienne, suivait son intendant armé de deux flambeaux.

Lorsqu'elle eut fait entrer, à la dérobée, le bailli dans son appartement, la femme masquée découvrit son visage, Clermont recula de surprise à la vue de ces traits charmants et s'inclina jusqu'à terre.

Il était devant madame du Fresne.

l'idée fixe du bailli de clermont.

Madame du Fresne était encore la jolie blonde dont nous avons fait le portrait au début de cette histoire. Cependant son visage, un peu amaigri, était fatigué; ses yeux s'étaient enfoncés dans leurs cavités, que cernait un léger nuage plombé; mais les étincelles qui s'échappaient des prunelles n'avaient rien perdu de leur pétillante vivacité ou de leur provoquante coquetterie, selon la pensée de colère ou d'amour qu'ils voulaient exprimer.

Elle avait un habit de voyage de couleur sombre, mais qui, en dépit de sa sévérité, laissait percer la préoccupation constante de la femme 3. la

galante. Ce costume était porté avec art et révélait les formes dont ce beau corps tirait le plus vanité.

Madame du Fresne. depuis que nous l'avons j)erdue de vue, avait fait son possible pour oublier Parapelonne; mais, dans ses désordres mêmes, elle n'avait pu vaincre son orgueil blessé, vaincre la haine vouée, par son cœur jaloux, à l'infidèle chevalier.

Toujours par voies et par chemins, Parapelonne n'était pas de ces gens qu'on rencontre aisément lorsqu'on les cherche, et la veuve de du Fresne, aussi bien que le neveu de du Halot, n'avaient pu atteindre notre beau coureur d'aventures. Madame du Fresne, que ses caprices amoureux jetaient tantôt du côté de la Ligue, et tantôt du côté du Valois, se trouvait, à Beaugency, parmi les dames que les mignons du roi traînaient après eux dans les camps; et comme le duel de Parapelonne avait fait grand bruit par la ville, madame du Fresne s'était sur-le-champ mise à la poursuite de ces deux femmes pour lesquelles le chevalier venait de se comporter si vaillamment. Elle s'était dit que Parapelonne ne manquerait pas de rejoindre ces belles voyageuses, et qu'en s'y prenant de cette façon, elle le rencontrerait à coup sûr.

Ayant atteint la marquise et Venezia aux envi-

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