CHAPITRE PREMIER
f<iiles-lc bai 01!. failcs-lc comte; M. de iMaycniie signera, le parlcmeiil enregistrera.
— Votre rcquéle est acceptée, M. le baron, dit la duchesse à la Gazette, venez recevoir ici même, dans quatre heures, avec votre brevet, l'ordre d'aller commander dans Poissy. Nous vous remercions de votre zèle.
La Gazette salua en marchant à reculons; son visage exprimait une jubilation superbe . il croyait rêver et se tàtait rudement les côtes, afin de pouvoir se dire à coup sûr qu'il était parfaitelueiit éveillé.
— Madame, dit la marquise en s'asseyant dans un fauteuil que lui montrait la duchesse, lorsque vous m'avez vue, à Étarapes. vous avez cru sans doute que j'étais folle?
— Mais... non..., balbutia la duchesse.
Oh! ne vous en défendez pas, j'étais folle en effet, et pour ne l'avoir pas remarqué il aurait fallu que vous fussiez sourde, aveugle ou insensible.
L'exaltation qui anima subitement la marquise fit croire à madame de Montpensier qu'à Paris comme à Étampes. la Vénitienne n'était pas dans son bon sens.
— Vous me paraissiez fort agitée, mon amie, répondit-elle, j'ai compris que vous étiez en proie à quelque violent désespoir, et n'ai pas poussé
il LE CHEVALIER DE PAMPElO?î?fE.
plus loin mes investig.iliony. Si j'avais su votre nom . . .
— Ce nom, vous le connaissez maintenant. Oui, je suis la fille du marquis Fabiani, l'ami de votre illuslrc frère, et je viens me joindre à vous qui poursuivez une vengeance éclatante et implacable, je viens vous apporter mon dévouement, mes services, ma colère aussi et ma haine, afin que toutes deux nous marchions du même pas dans celte voie terrible où la même victime nous attend.
— Pauvre femme ! s'écria la duchesse que cet élan chaleureux avait émue, est-ce à moi que vous parlez de haiue et de colère, à moi qui n'ai pas de repos depuis que ces sentiments brûlent mon îîme et mon cerveau ! Quoi ! vous voulez marcher du même pas que moi dans cette voie de vengeance, voie terrible, dites vous ! mais ne savez-vous donc pas quelle fureur gronde là, dans ce cœur outragé et déchiré!... Ne savezvous pas que les fantômes de deux frères chéris passent nuit et jour devant mes yeux en me tendant leurs bras, en me montrant leurs seins ensanglantés? Ne savez-vous pas que le monstre que je IimIs et poursuis porte une couronne, et quedussé-je descendre dans l'enfer pour lui arracher cette couronne, j'y descendrai et la lui arracherai !