‹ Le chevalier de PampelonneChapitre 97 sur 175 · CHAPITRE PRECHER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PRECHER

— Je sais cela, répoiulil l:i nianjiiisc avec calmi", et je sais plus encore.

[.a duchesse fit un geste de surprise et continua :

— Mais c'est l'esprit seul de la Ligue, esprit de justice, esprit saint qui vous anime ; vous n'avez pas d'ennemi personnel dans le camp philistin?

— Ne vous ai-jepas dit ([ue vous et moi avions la même haine, poursuivions le même monstre?

— Le Valois ?

— Henri III... oui.

— Comment se peut-il?...

— Ecoutez : lorsque je me suis élancée sur le bûcher d'ignoMiinie. où floUaillimage du Valois, lorsque j'arrachai cette image aux flammes, et que je me présentai devant vous, ce n'était pas la haine, ce n'était pas la vengeance qui m'exaltaient... Non, ce n'était pas à ces sentiments que je devais ma force et mon audace !...

— A quoi donc, malheureuse imprudente?

La signora Fabiani promena ses longs regards

autour d'elle, comme pour s'assurer que personne ne pouvait l'entendre, et faisant un violent effort, elle répondit :

— A la pitié !... au veitige!... à... vous êtes femme, Altesse, sondez votre cœur et cherchez-y le sentiment qui nous commande nos plus belles actions.

16 LE CHKVAUER DE PAMPELONNE.

— L'amour! s'écria la duchesse, et elle recula son fauteuil.

— L'amour.' répéta la marquise avec calme, eu regardant Veuezia qui la soutint d'un sourire plein de tierté. Je ne pouvais croire à la honte de relui {jue j'aimais, et mon premier mouvement lut de le secourir : voilà pourquoi j"ai ravi aux flammes, en exposant ma vie. lefllgie de cet homme sans foi, sans entrailles et sans honneur • voilà pourquoi je suis venue à vous pour m'assurer de l'identité du misérable à qui je dois toutes mes tortures ; voilà pourquoi j'ai fait l'impossible pour servir sa cause en combattant contre la vôtre.

— Mais quelle est l'origine de cet amour'* Je ne peux pas m'en rendre compte.

La marquise raconta à la duchesse, avec une dignité touchante, Ihistoire du prétendu comte de Savcuse, la supercherie et la déloyale séduction du roi de Pologne ; elle raconta son voyage en France, sa captivité à Angers, revint sur la scène d'Etarapes, et dépeignit, avec une énergie émouvante, l'affront qu'elle avait essuyé à Beaugency.

— Vous voyez donc, ajouta-t-elle avec cet air hautain qui parait son front mieux (ju'un diadème, vous voyez donc, Altesse, que la fille du marquis Fabiani n'a rien à envier à la sœur des

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