‹ Le chevalier de Saint-GeorgesChapitre 7 sur 58 · ICI · texte numérisé non relu

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M. DE BOLLOGNE.

îl est fort occupé par sa charge auprès de TMf. le prince de Coiiti.

M°" DE "UESLE, souriant.

Ou par ses plaisirs ! Je le crois très dissipé...

M. DE BOULOGNE , à part.

Et moi, j'en suis sûr. (Haut.) Qh! quelleerreur! un jeune homme sage, rangé... (a part.) qui me maiige un argent fou!.. (Haut.) qui a mille qualités... (A part.) et encore plus de dettes... (Haui.) et qui fera voUel)onheur !..

M"" DE PRESLE , secouant la tête.

Mon bonheur ? je ne sais trop !.. Un père, en général, est assez mauvais juge du mérite de ses cnfans... vous, sm'tout, mon cher contrôleur, qui ai-iïcz celui-ci comme on aime un lils nuuue.» vous m'avez arraché mon consenteiuciii avec uie précipitation !..

M. DE BOULOGNE

Vj' est tout simple... M'etions-nous pas voisiiis à Saint-Domingue?., moi, à mon habitation des I^iliniers, et votre mère, à son superbe domaiiie de la Rose !.. Je vous vois encore... bonne , enjouée... un peu vive, un peu exaltée! Je vous aimais déjà comme ma lille , et sans mou dépari sui)ii, dont le vieux comte de Presle profita pour obtenii- votre main!..

M°" DE PRESLE

Et pour mourir au bout d'un an de mariage !

M. DE BOULOGNE

Ce n'est pas ce qu'il a fait de plus mal.

M"" DE PRESLE

Ed me laissant des biens immenses.

Ça., c'est ce qu'il a fait de mieux! Un ancien marin, bourru, grondeur!.. Suivant l'usage de nos colonies , vous êtes venue vous consoler on

France!., et moi, votre guide, votre tutetiroaturel ie vous conduis partout: concerts. Opéra, chasse des princes!..

M"* DE PRESLE, sourianf.

Avec une grâce parfaite... Mais, au milieu des

plaisirs dont vous m'environnez... j'ai remarqué,

qu'excepté voUe lils, vous ne laissiez approcher

de moi aucun jeune homme, aucun adorateur?..

M. DE BOULOGNE

Ah ! c'est que nos jeunes gens sont fort aimables... mais si dépravés!

M"* DE PRESLE, finement.

Et votre fds est un des plus aimables?.,

M. DE BOULOGNE , vivement.

Lui seul fait exception !.. il ne court jamais. (A part.) Où diable est-il donc?

M°" DE PRESLE

J'en suis persuadée ! mais je ne serais pas fâchée de comparer ! car cette fois je veux être heureuse, ne lut-ce que pour changer.

M. DE BOULOGNE, inquiet.

Ah! mon Dieu... est-ce que?.. Mais vous n'avez aucun attachement? votre cœur est tranquille?

Un attachement... non!., mais tranquille... je ne voudrais pas en répondre.

M. D£ BOULOGNE

Comment ?

M"* DE PRESLE , riant.

Voilà déjà que vous avez peur!.. Rassurezvous, ce n'est rien... un véritable enfantillage... qui me reprend parfois... (En soupirant.) quand je me reporte à mes premières années.

M. DE BOULOGNE

J'y suis ! quelque petit créole ? quelque chapitre de Paul et Virginie?

M""' DE PRESLE

Je ne sais trop quel nom donner à cette affection d'enfant... et vous allez bien vous moquer de moi, quand vous saurez que le héros ce mon roman n'était qu'un pauvre petit négrillon 1 M. DE BOULOGNE, éclatant de rire.

Un noir !.. un caraïbe !..

M""* DE PRESLE

Oui, monsieur... un noir... ou plutôt un mulâtre... mais la diQérence est si peu de chose que ce n'est pas la peine de (iispuier... Ah! si vous l'aviez vu... mais à quoi bon vous parler d'un souvenir.

M. DE BOULOGNE

Si fait! si fait... tout ce tiui vous intéresse! (A part.) Ce diable de négrillon me lait peur malgré moi !

C'est une histoire fort étrange !.. A l'habitalion de ma mère , qui ne contenait pas moins de quatre cents esclaves, nous a\i(i;s ur.e bonne négresse qui m'avaiisi'rvieue nu:;jrice... Noémi...

M. DE BOULOGNE, contenant uti uiouvc.r.int.

Noémi!

M"* DE PRESLE

C'était son nom ! hé mais... si je ne me trompe, je crois même que c'est nous liUi nous l'auez vendue.

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