‹ Le Chevalier du Poulailler [microforme]Chapitre 18 sur 44 · SO TITI EME MINES EE · texte numérisé non relu

SO TITI EME MINES EE

on

et taper au carreau juste au moment où je dis que je voudraits voir le chevalier du Poulailler !”

Puis changeant de ton et comme obéissant à une inspiration soudaine :

“Marville, dit vivement le roi, donnez sur-le-champ l’ordre que on fouille les environs du château, et qu’on arrête immédiatement tous les hommes, toutes les femmes, tous les enfants, tous les animatx, tous les êtres enfin, et les coqs surtout, qui seraient dans le parc. Al-. lez- vite et revenez plus vite encore !”

Feydeau avait disparu.

“Le fait est que c’est étrange! dit M. d’Argenson.

—Plus qu’étrange !” reprit le roi.

Et tendant l’oeuf à l’évêque :

“Examinez cet oeuf, monsieur de Mirepoix, continua le roi. Vous qui êtes un saint nomme, vous n’avez pas peur du diable, C’est, au contraire, le diable qui doit: avoir peur de vous.”

L'évêque, dont la curiosité paraissait être aussi trèsvivement excitée, examinait l’oeuf, le tournant, le retournant de tous côtés, l’agitant et le levunt pour le mirer suivant l’expression consacrée par les experts.

“Cet oeuf contient un objet lourd et ferme, dit l’évéque, qui n’est certes pas le résultat de l’alliage de la liqueur albumineuse et du jaune par l’ineubation. Le corps que renferme cette coquille est un corps étranger : mais ce que je ne puis expliquer, c’est sa situation même. .

—Comment ? demanda le roi qui paraissait prendre un intérêt de plus en plus vif à l’aventure.

—L’enveloppe caleaire est absolument intacte, sire, Il n’y a pas la moindre trace de piqûre, ni de cassure, Comment expiiquer que cet oeuf dont la coquille est,

dans son entier et est réelle, car ce n’est point une imi-

tation; comment expliquer, dis-je, que cet oeuf renfernse un corps volumineux et dur ?”

— iùt —

Le roi se retourna vers d’Argenson :

“Que vous en pense? ‘ .

—Qu’il faut casser l'oeuf Pour savoir ce qu’il contient, sire, répondit le ministre des affaires étrangères. —<{C’est mon avis.

—Votre Majesté veut-elle casser l'oeuf ? demanda l’é-

vêque. —Non pas! si c’est une oeuvre diabolique je ne m’en mêle point! dit Louis XV en souriant. D'ailleurs la situation est claire. Ou il faut être bien avec le diable ou il faut être mal pour mener la chose à bonne fin. Dans le Premier cas, le marquis d’Argenson nous sera de la plus grande utilité; dans le second cas, il n’y a pas de main plus puissante que la vôtre.

—Que Mgr de Mirepoix agisse, dit d’Argenson. Je ae tiens pas à entrer en relation avec Satan.”

L'évêque posa l'oeuf sur la table et le soulevant doucement, il lui brisa le côté pointu en le frappant légèrement. Puis il enleva délicatement des morceaux de coquilles.

Le roi et le ministre suivaient l'opération avec un in- + dérêt vif.

“Ah! dit Louis XV, je vois scintiller quelque chose.

—Des rubis! des éxeraudes! des diamants!” dit d’Argenson.

M. de Mirepoix venait d'achever de briser la coquille, et il tenait entre lindex, et le pouce, le plus joli petit coq que non-seulement Pimagination mais encore l’art

tes en jais, C’était une oeuvre d'art d’un richesse inouïe, Louis

Peu

PR OU Le MT Pr L à FE ner RE RP ENS : Me eee LE Re re : PRET Te POSER RS s

XV, habitué aux splendeurs du trône, paraissait émer-

veillé.

“C’est adorablement fait,” dit-il en prenant le petif coq par ses deux petites pattes. E

Immédiatement le coq ouvrit le bec et fit entendre un kokoriko d’une i.1itation parfaite.

“Décidément, dit le roi, c’est une merveille,

—Sire, dit le ministre, le coq porte un petit médaillon au cou.

—LC’est vrai! Je ne l’avais pas encore remarqué.”

Le roi prit le médaillon qui était en émail noir. Sur cet émaïl était écrit en poussière de diamants :

+. Je suis au, Roi.

“Louis XV se leva vivement.

“Messieurs, dit-il, il y a dans tout ceci quelque chose d’étrange, de fantastique, d’impossible qu’il faut absolument que j'éclaircisse. Qu’en pensez-vous, monsieur de Mirepoix ?

—Avant de répondre, sire, dit l’évêque, je voudrais avoir entendu tout ce que M. le lieutenant de police a à vous dire. :

—Et vous, d’Argenson ? |

—Je dis, sire, que si aucun de nous ne peut vous répondre, il y a peut-être à Paris quelqu’un qui vous ré! pondra.

—Qui donc ?

—Un nouvel arrivé. 5

—Qui se nomme ? 2

—Le comte de Saint-Germain.

—Saint-Germain ? Je ne connais pas ce nom.

—Je ne le connaissais pas non plus, sire, mais depuis

trois jours je le er 1nais.””

Le porte s'ouvnit et Feydeau de Marville entra dans de cabinet,

Page 1