‹ Le chevalier Jean: conte magyjar, suivi de quelques pieces lyriquesChapitre 14 sur 21 · LE NOBLE MAGYAR · texte numérisé non relu

LE NOBLE MAGYAR

De mes aïeux l'épée sanglante — est accrochée au râtelier, la rouille la ronge, — la rouille la ronge, et elle est toute ternie. — Je suis un noble magyar !

La vie n'est que fainéantise. — Je vis, car je suis oisif. — Le travail est bon pour le paysan. — Je suis un noble magyar!

Répare comme il faut le chemin, manant, — car c'est ton cheval gui (me) traîne. — En vérité, je ne puis aller à pied. — Je suis un noble magyar.

Vivrais-je donc pour la science ? — Tous les savants sont pauvres. — Je n'écris pas, je ne lis point. — Je suis un noble magyar!

Je possède, il est vrai, une science, — et j'y trouve rarement mon égal : — .boire,

manger, voilà ce que je sais faire. — Je suis un noble magyar !

Oh î quel bonheur de n'avoir pas d'impôts à payer! — J'ai du bien, mais pas beaucoup. — - Je suis un noble magyar!

Que m'importe la patrie, — et les cent maux du pays ? — Ces maux seront bientôt passés. — Je suis un noble magyar î

Avec les droits de mes aïeux, — dans la patrie de mes pères, — quand j'aurai passé ma vie en fumant, — les anges me porteront au ciel. — Je suis un noble magyar !

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