‹ Le chevalier Jean: conte magyjar, suivi de quelques pieces lyriquesChapitre 18 sur 21 · MA MORT · texte numérisé non relu

MA MORT

Si Dieu me tenait ce langage : « Mon fils, je te le permets, choisis le genre de mort (ju'il te plaira », voici ce qu'alors à Dieu je demanderais :

Que ce soit l'automne, un bel automne, doux et serein, avec un rayon de soleil illuminant les feuilles jaunies; et parmi les feuilles jaunies, qu'un rossignol, oublié par le printemps, chante sa dernière chanson.

Et de même que la mort surprend furtivement la nature en automne, qu'ainsi elle me surprenne.. . et que je ne l'aperçoive qu'assise déjà à mes côtés.

Qu'alors, pareil à l'oiseau dans le feuillage, j'exhale aussi mon dernier chant, et que ce chant, aux accords magiques, pénètre jusqu'au fond des cœurs, et là-haut jusque dans le ciel.

Et quand mes accents expireront, qu'un baiser vienne clore mes lèvres, un baiser

de loi, blonde jeune fille, des créatures terrestres la plus belle!

Mais si Dieu me refusait cela, je lui demanderais alors que ce soit le printemps, un printemps de guerre, oti croissent des roses sanglantes sur la poitrine des hommes.

Et que la trompette, ce rossignol des batailles, soufHe l'enthousiasme par ses accents. Que je sois là, et que de mon cœur sorte une fleur de mort, une fleur sanglante !

Et alors, quand je tomberai de mon cheval, qu'un baiser vienne clore mes lèvres, un baiser de toi, belle liberté, des êtres célestes le plus glorieux !

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