Bos^arkàny
sentée au public français, à cause de la sympathie pour nous dont elle porte Pempreinte. « La France et un pays délicieux, un vrai paradis, un petit Chanaan », dit quelque part le poëte. Peu importe que dans un conte il ait fait de Thistoire à sa fantaisie, on ne lui en voudra pas d^avoir, en se jouant, inventé une situation désastreuse, qui ne s'est jamais produite, afin d^amener là- ses compatriotes comme sauveurs de la France, subjuguée par les Turcs. L'union sympathique sur le champ de bataille de deux nations généreuses, et la vague réminiscence d'une résistance à rislam, qui a menacé la civilisation en Occident comme en Orient, voilà tout ce qu'il faut retenir de la romanesque chevauchée de sire Jean et des hussards hongrois.
J'ai employé tout à l'heure le mot de rimer, c'est qu'en effet notre conte est écrit en vers; je le dis bien bas, tant la poésie est en honneur aujourd'hui. Peutêtre trouvera-t-il grâce sous son vêtement de prose; pourvu seulement que cette prose ne soit pas trop prosaïque !
Ayant décerné à Petœfi un beau nom, celui de grand poëte, je ne puis m'empêcher de reproduire ici ^ un très-petit nombre de pièces, capables de donner au moins une idée de ce talent varié, doublé d'un cœur chaud et généreux, pour qui a mou»
rir pour la patrie » n^est pas resté un ba-»
nal refrain.
Ces morceaux, quelques-uns d'entre eux du moins, formeront une transition assez naturelle au poëme d^Alexandre Vahot, cette espèce de réduction de Tceuvre touchante de Silvio Pellico.
Mostar, le i5 novembre 1876.
I. Ces pièces ont d'abord paru dans la Revue germanique dvL 3i janvier 1861, avec une notice sur Fauteur. Le lecteur curieux pourra en outre et surtout consulter les ouvrages de MM. Saint-René Taillandier, La poésie hongroise au xix* siècle, Chassin et Desbordes* Valmore ; en allemand, les notices et traductions de Kertbény. — Il nous sera , permis d'ajouter que notre traduction est faite directement et uniquement sur l'original magyar.