‹ Le chevalier Trumeau: comédie en un acte, en versChapitre 112 sur 143 · SCÈNE XIV · texte numérisé non relu

SCÈNE XIV

PIERROT, OCTAVE, couché sur le canapé, sous des couTertores et dans sa robe de chambre, ISABELLE,

ISABELLE

riais qu'est-ce donc, Pierrot? Et sais-tu qui m'appelle? Est-ce toi, mon ami?

OCTAVE, faiblement, poussé par Pierrot .

Non, madame, c'est moi.

ISABELLE

Mais? comment? et la table est mise ici ? pourquoi?

OCTAVE, de même.

Je voudrais, un malade a plus d'une manie, Souper ce soir, madame, en votre compagnie.

ISABELLE

Souper ! Mais le docteur vous défend tout repas.

OCTAVE, de môme.

Je VOUS regariiejîw, je no maagerai pi|B.

PIERROT," à part.

Je t'en défie! Avec ce souper qui s'étale...

Jftan femme! eu sôaper ! e'eât |jlfe que Tadtatei* •^'

Mais moi, seule? awc votisi estMse détiSeht ^àî » ^

PIERROT, interreadiit/ d'tbi air pudique et froissé.

Comment, s4ule avec lui? mais ne suis-je pas là?

Et puis, d'ailleurs, en quoi craignez-vous qu'il vous vexe ?

. .;B»S'àiilftiibe. •

Un malade, madame, -est ^n être sans sexe.

, Oi^XAVÇ, toujours d'une voix mourante.

Pftp pitiév'kikte»omoi U gràoe que j'attends.

«FISRRDT.

Mais oui,c'eitdit,puisque je reste, Apart. ïiias!dBjçfi?nfr[is.

A Isûboîlc. ■ •'

Yoiito'Viou^- pa& i'aiider h s'approcb^ de table?

I SABBLLE^ duiSiant Joibras A Uctafe.

En vérité... v',. .•,.... .'.,,.,(.-) ' [ iuf>

LE NARCÔTIQCE W

OCTAVE, soutenu par cllo, marche Tors la tublo.

merci, vous êtes chaHteWe.

Il laisse tomber sa tâte $ur l'épaule d'Isobelle. ISABELLE.

Eh bi«n, muis, qu'avez-vous ? Pierrot, que £jit-ii done ?

PIERROT

N'en px^nfifiii pas souciw.. La faiblesse!

, ^ OCTAVE

ISABELLE

Pardon !

Oh t'k' pauvre jeune homme!

' OCTAVE

' Il ne faut pus rlie plainda*.

On 1d feft tasMoir dcvàat Id tublé; >

iPISRROJT.

4^ o'iefii fttiU .^ . , "

A Isabelle.

Vous voyez qu'il n'est pas bien à craiAdi'è

' ISABELLR, APIeir»U

Cela le prend souvent?

PIERROT

Avec moi, rarement.

ISABELLE, s'QSseyant devant la table A son tour.

Votre fantaisie est singulière, vraiment,...

Qu*en dira le docteur?

PIERROT, à part.

Oh! la sainte-nitouchel

OCTAVE, dérobant un morceau de poulet froid qu'il engloutit.

Au diable I j'ai trop faim!

PIERROT, à Isabelle.

Il n'est pas si farouche.

ISABELLE

Et puis, nous ne faisons pas mal.

PIERROT

Nous faisons bien.

Le dissiper est bon, ou je n'y connais rien.

ISABELLE, étonnée, regardant Octave qui s'efforce de mâcher sans qu'on le voie.

Mali il luangel

LE NARCOTlVtUB 01

PIERROT

Beaucoup l Peu fait mal, quoi qu'on die 1 OotaTe, qai étouflè, porte son verre à ses lèvres.

ISABELLE, surprise.

Mais il boit!

PIERROT

Puisqu'il mange I Oui, c'est sa maladie.

ISABELLE

Mais quelle maladie? Où se tient-elle?

PIERROT, servant Octave.

Au cœur.

Plus qu'un fruit... un peu gras.

II lui met un gros morceau de pAté sur son assiette.

Et deux doigts di^ liqueur.

Il lui emplit son verre.

C'est le cœur qui détaille, il faut qu'on le sout^enno; Il y répugne un peu, mais qu'à cela ue tienne 1

OCTAVE, la bouche pleine et languissomoient.

Je m'elTorce, Pierrot. . •

PIERROT

Eflfbrcez-vous, tant pis !

ISABELLE

C'est une étrange diète à laquelle on l'a mis

PIERBOT, servant Isabelle.

Si madame...

ISABELLE

£h I là ! là ! doucement, sur l'assieUe...

Tu me sers comme si, moi, j'étais à la diète.

PIERROT

Madame a soif peut-être et veut boire?

ISABELLE, tendant son verre à Pierrot, qni est derrière cUc.

En eiTet !

Verse, Pierrot.

PIERROT verse du vin et le eonlenu du ï% ûqlc dans le

verre d'Isabelle.

Voilà, madame!

OCTAVE} qui l'a vu faire.

Ciel •

Isabelle boit.

PIERROT, bas à Octare.

C'est fait!

C'était un narcotique ! Allons 1 plus de faiblesse, Elle va s'endormir.

OCTAVE, effrayé.

S'endormir !

PIERROT, à part.

Je vous laisse !

Il toit mine de sortir.

ISABELLE

Ofi vas-tu donc, Pierrot?

OCTAVE, inquiet.

Pierrot, ne t'en vas pas !

PIERROT

Mais je vais vous chercher le restant du repas.

A pnrl

L'une me fait sourire et l'autre m'exaspère!

Haut,

Je sors et je reviens...

0^ LE NARGOTIQUI

A part.

Et trop tardl — je l'espère.

Il sort

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