‹ Le chevalier Trumeau: comédie en un acte, en versChapitre 37 sur 143 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

JEANNE, PDLGHÉRIE.

JE A NNB , regard«iit & traren Im Titret et absorbée.

On nous suit.

PULCHBRIEf mettant le cooTert tout en épiant l'effet de ees parolei.

El s>i madame avait besoin de mes soins, j'ai été femme de chambre au château... chez mad me la baronne Gastelli... (A part.) Il y a quelque chose qui la taquine. Oh! que je voudrais savoir... (Brait de rent et de tonnerre.) Ouh ! boune mère!

mais c'est une trombe... c'est une trombe!

JEANNE, tonjoun à la fenâtre.

Taisez-vous.

PULCHÉRIE, è part.

Hein! qu'est-ce qu'elle regarde? (Haut.) Madame ne verra pas... le monsieur... son mari., de cette fenêtre. Il est de l'autre côté de la maison, tout au bout de la cour, dans la remise. A tout hasard, je mets le couvert, l'appétit peut venir, n'est-ce pas, madame?

JEANNE, toojonrs è la fenêtre et arec effroi.

Mon Dieu!

PULCHÉRIE

Et puis, à tout hasard encore, je ferai le lit... votre Ut... il n'y en a qu'un... Mais, entre mari et femme...

JEANNE, quittant la fendtre.

C'est lui!

PULGHIBRIE.

Eh bien! madame, quoi !... qu'avez-vous?

Louis I appelez Louis I

Ehlquéf Le voilà!

gCÉNÉ VIII. 49

PVLCHEHIB.

JBANNB*

PUliCBERIE, regardant à la nnètr*.

Encore une voilure t Eh! mais, c'est la nuit aux voituresl et qui vient bon train, oui I

JEANNE

Allez chercher monsieur de NohantI ou plutôt^ non! nont restez! Il- ne faut pas... je ne veux pas... Ab Dieu! s'il le voyait...

PULCHËRIE, à part.

Ah! coquin, c'est le mari! (a Jeanne.) C'est le mari, hein? (A part) Ahl je savais bien, (a Jeanne.) N'ayrz crainte... Là-bas, où il est, il ne peut entendre ni voir... L'autre arrive... c'est bien ici... Madame veut-elle se fermer?

' JEANNE

\ Me cacher, moi, allc^s donc!

PULGRÉRIE.

I Je puis fermer. Ohl il n'entrera pas, si je veux; la porte est ' 80'ide.

JEANNE

' Non, non, qu'il vienne!

PULGHÉRIE.

C'est une gaillarde, au moins! Mais, quelle aventure! Ah bien, ah bien ! il monte... Ah coquin ! vous ne voulez pas vous fermer décidément ?

JEANNE

»n, ne me quittez pas...

PULGHÉRIE.

i! il n'y a pas crainte I... li est encore temps; vous ne

Vt 3Z

JEANNB.

Non, Dont

^ PULGHËRIE.

Le voilà! (Entre madame cnstciii.) Madame la baronne!

Julial (Hadamo Castelli fait signe h Pnlchérie de lortir.) PULCUFRIE, respectaeasement.

Oui, madame la baronne, (a pan.) Tiens! tiens! (E.ie sort.)

SCÈiNE IX.

MADAME CASTELLI, JEANNE

UADÂHE CASTELLI.

Oui, mais je vous guettais et j'ai deux chevaux. (Regardant lutour d'eUe.) Il n'est pas là, tant mieux... Je t*ai apporté un manteau de fourrure; j'ai une voiture fermée. Allons, vite, avant qu'il ne revienne et qu'il ne pleuve... vitel

JEANNE, tombant assise.

Ahl

MADAME CASTELLI

Et si c'eût éfé ton mari... j-ige un peu!... Ah! un enlèvement avec évasion, tempête, auberge de contrebandiers, chaise de poste et route d'Italie, tout enfin, tout! au xix" siècle! Très-romanesque, mais démodé. Ton évasion était filée, ton tonnerre va tomber dans l'eau ; l'auberge est tenue par mon ancienne femme de chambre; ta chaise de poste est un panier à moi, — ce qui est assez sans gêne, par parenthèse^.. — et quant à l'Italie, tu vas me faire le plaisir de rentrer avec moi au ohâleau, pendant que mes invités ont encore leur cravate blanche et que monsieur de Thiais ne se doute de rien. Nous aurons été admirer l'orage dans la montagne... 11 n'en sera que cela... Allons, viens-tu? Viens-tu, oui ou non?

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