‹ Le chevalier Trumeau: comédie en un acte, en versChapitre 38 sur 143 · SCÈNE IX. ; ih · texte numérisé non relu

SCÈNE IX. ; ih

JEÀNNB.

Non!

MADAME GASTELLI.

Voyons, mon enfant, je suis ton amie, presque ta sœur, presque ta mère... Une femme un peu expansiveet folle, si lu veux, «mais pratique^ oht pratique... A mon âge, une veuve ne vit pas seule, ou à peu près, au beau milieu des Alpes, peudtuit les trois quarts de l'année, sans avoir effeuillé la rose de quelques illusions... Donc, pas de sentiment, n'est-ce pas? soyons pratiques... Mon Dieu! tu es sous le coup d'une surexcitation que j'explique, que j'excuse... Mais ne pense ni à hier ni à aujourd'hui, pense à demain, pense à loi... Le mari a beau avoir tort, le mariage a toujours raison, et ton mari...

JEANNE, avec véhémence.

Mon mari ? Qui donc, mon mari ? Où donc, mon mari ?

MADAME GASTELLI.

Qui donc? Mais M. de Thiais sûrement. Où donc? Mais chez moi, à récarté probablement.

JEANNE

Mon mari, lui ! Cet homme ? cet étranger? ce passant? Est-ce que je le connais? esl-ce que je suis à lui ? est-ce qu'il est à moi ? 11 est arrivé de Monaco hier, il m'a fait signer une vente de mes biens aujourd'hui. C'est ma rançon cela, et il repart pour Monaco demain...

MADAME GASTELLI.

Eh bien oui... il est joueur... le mien était chimiste... c'est aussi cher et c'est plus salissant...

Il est arrivé hier chez loi... la comtesse y est arrivée ce latin, par ha^ardI II part demain... elle ira le rejoindre... Ohl is donc que celle femme n^est pas sa maîtresse !... Et il me a présentée, il l'a fait asseoir à côté de moi, ce soir ; elle m'a

^rlé; elle m'a souri; elle m'a pris la main devant' tout le

M PETITE PLCIË...

monde! Ellel cotte femme !..• sa maîtresse îo. Alors, c'ertcci hemme qui est mon mari ?

MADAME GASTELLI.

Qu'importe à ton iadifféreDco où à ton mépris?

JEANNE

Et avant celle-là, et «près celle-là ?

MADAME CASTELLI

Mon Dieu ! le tien aime les femmes du monde^ le mien aimait les femmes de chambre... Avec des variantes, c'est toujours le môme air, va. Il ne faut pas prendre cela tragiquement. Question de patience, d'ailleurs. Tous les hommes qui aiment les femmes finissent par aimer leur femme. Il te reviendra.

1 E A N N E , amèrement.

Gomment donc ! mais il m^est revenu déjà ! Oui, il me revient de temps à autre, il est galant... quelle honte!

MADAME GASTELLI, afTectaeusemcnt.

Oui, mon enfant, oui, je sais d oii tu viens, mais sais-tu oh tu vasl

Oui.

MADAME GASTELLI.

Alors, tu es décidée...

JEANNE

Ouil

MADAME GASTELLI.

A tout!

JEANNE

Oui!!!

MADAME IJASTKLLl^ d'un ton de r«proebe irrité.

Jeanne!... (atco admiration. ) J'ai pourtant été comme cela.. Es-tu bien sûre que ton amour soit à la hauteur de ta colère?

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