‹ Le chevrierChapitre 4 sur 13 · PREAMBULE. T · texte numérisé non relu

PREAMBULE. T

esprit à ce qui, malgré moi, devenait le sujet unique de mes préoccupations , il affecta de ne rienentendre à mes insinuations et se tut.

Un jour, pressé par mes questions, Érembert, pour y couper court sans répondre, teignit de voir passer une pat te-cou7'(e. Il fit feu. Les chiens, lancés, ne rapportèrent rien. Quoique exaspérée par cette réserve, ma curiosité céda devant ce coup de fusil tiré au hasard, et, renonçant à la jouissance profonde , bien que souvent douloureuse pour l'artiste , de plonger dans une âme nouvelle, je résolus de quitter Mirande le lendemain.

Le lendemain, la campagne était couverte de neige, et, du haut du ciel embrumé, les Ilocons continuaient à tomber sur les toits et dans la cour de la ferme. Il ne fallait pas songer à mettre le pied dehors. Quant à quitter le Larzac, les chemins se trouvant comblés, la chose était absolument impraticable.

Le visage collé aux vitres de la vaste cuisine, je laissais mélancoliquement errer mes yeux sur la nappe éclatante qui s'étendait à perte de vue, quand mon hôte entra, tenant deux bouteilles à la main. Érembert, calme d'ordinaire et les joues fortement colorées , était pâle et sa démarche trahissait je ne sais quelle agitation singulière. Il déposa les deux bouteilles sur la table, mit deux verres à côté, puis, congédiant d'une parole dure les journaliers qui se chauffaient accroupis sous le

t LE CHEVRIER.

manteau de la large cheminée, il m*invita à prendre place avec lui près du feu.

Je m'assis, et voici, autant que ma mémoire peut le retracer fidèlement, le récit que me fit le paysan du Larzac.

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