‹ Le chevrierChapitre 8 sur 13 · F RANÇON · texte numérisé non relu

F RANÇON

nait à la chambre de Françon. Réfléchissant que par là passerait l'homme de Nadalet gagnant son rendez-vous, me fut avis de lui jouer un tour de ma façon. L'usurier certes ne mourrait de mon amusement; mais, s'il demeurait la nuit entière à la clarté de la lune, peut-être son rhumatisme lui cuirait-il un peu le lendemain.

L'idée de causer déplaisir à Malgrison m'éjouissait beaucoup et éjouissait Baduel pareillement. Mon oncle veillant à l'arrivée du bonhomme, je fermai solidement la porte ou la fenêtre de Françon, car l'ouverture au bout de l'échelle faisait office de l'une et de l'autre ; puis je dis à cette fille de se coucher, lui certifiant que Malgrison ne troublerait son sommeil.

Françonnette mise aux draps, je rejoignis Baduel sous un bouquet de noisetiers où il s'était caché.

La nuit était claire et nous distinguions toute la campagne à l'entour. Sous les noyers, en avant des étables, se laissait deviner plutôt que voir le chemin de Nadalet. Bientôt nous amènerait-il notre homme, ce chemin plein d'ombre et de silence?... Aïe! nous ouïmes un faible craquement à quelques pas. Incontinent, nos quatre yeux se mirent en

quête Rien Un renard rôdant autour des

poulaillers vides de la ferme, peut-être avait-il passé par là... On marchait... Enfin, un homme!... C'était lui, monsieur, c'était lui!

498 LE CHETVlStîEîR.

yoiTS crym prenez bien qne no«s n'allàm«s pa^ £ai (femïncfer Gorame ça : — « Monskuir Maligiisaii, gneFFe benne e^^-ii? )y — Novs lefesamt de fi i|mii air etDntrurre, noi» le PaissAiKes- s'aiaBcar-H icnail^ Tendît tou|oHFs vers Féchelle de Fraimçoo^ à cavrtes «rjam'b>ée5, maïs iiedèvia-nt A'uae li^e- — A^ezvous jamais vu lapin. fMotkiYiroairsitlf^yait.aiu tevvier? Aopacafvan t q^% d!e passur la. lifte e& W tvau, U fine bêle la tourne âsèt&iBa aôtéa^ regardant de ci^ de 14^. ?!■ elk: n'est aperçae de penaanex Ari⣻-i-el-k %ui- CE^irque eni fe taiOia de lai focèÉ^ bien qiè'elle âoit au ^uiiF de^ sa. injaiâanvdleia'eBilure MÎe^eniiite de dé- Roncer am dkassear son père ott.Mt.iiièpeySesljrèa'eâ «« se* sfiBwrsy ou biea encore ses pelits. Que faitelle? Elle s'encourt de nouveau à travers ekaiD.p(S, préféraiit un eoup de fusil à la maft de toas les siens-. — Malgrison se comportai die méiae. CeiABMi ayant peur d'indiquer l'endroit où gîtaient ses amours, arrivé an pied de l'échelle,' Tasiteieir explora de l'œil Le pays» N'avisant rieo, U commen<^a à monter.

Arrivé an bout de notre escalier cé>eiial. U vieux posa ses é&sx pieds sur la pierre qui formait eofume un Large seuil k la fsnèire ofi à la port& de Fran^wn .

Le moÊÊÊKÉL ée coiaBcnoer nos i-iiUes était veiHi, ébr Ma%m«Ei appsiaal noirti fàhtsy crac l je tirai l'échelle et la coudiiiattlenBLdt» ■uraiUei.

« Esl-«el(îrâv Firanf(!>Bii€rûÉ«?? » dit 1*bs«W€t.

Fb deigt sur ks \^wrei\ je me reuM» «©a? les Mg)£retiê7s.

ef Poarqwoi pne^Et^-tœ l'éeîie'ne ? »

Ki Baàael , ar mol Bse Fépo-R^rrïcs, encore m'Oïns Françon, laquelle dormait sans doute àcelteh^ore.

« Allewî», monle-, et Tien* m'oirvrrr totrt de suite! »

Il s'accota aux jambages- èe la piopfe et attendit.

<t Eh làe-m! ouvriiras-tw? ^

Il frappa derechef, mais plus fort que latpcempèce Isas, la porte neboug^ait^

« Que vent dine ceci? s'écria-l-ll, îa roix eoiirroucée. As-tu juré de laHSsermea paiiwes mer»bres malades k rhumidité de la Huit?... Ottvriras-tu? ouvriras-tu, mauvaise graine?»

En grande colère, il êbrankit la porte à coups de poings et à coups de pieds.

(ç Retournez à Nadalet, wux grigou , et laissezmoi dormir en paix, répondit enfin Françon.

— Oue je m'en retourne à NadaîetI Oses- tu bien me tenir pareil langage? Ouvre, méchante fille d'Enfer, que je te casse m^on bâtmi sur îes côtes»

— Vous ne cassererFÎteïi msrmoi, Fanaà, car je Be- Jé^raleraila ea^ev »

j Ici, furent plusieurs minutes de silence^ j « Françon, ma boante^ Frai»^», lu ne voudrais point œ fsBfft BMvcirir? repcit notie kofiMifce.

— Mourez, si la mort vous fait fantaisie.

— Mais, au contraire, ma Françonnette, je veux vivre pour te rendre bien heureuse et bien riche.

— Bien riche, avec vos écus vous pouvez la chose; quant à bien heureuse, cela ne vous regarde aucunement.

— Pour lors, je ne suis plus ton galant

— Une jolie fille comme moi !...

r- Ah I méchante créature!

— Monsieur Malgrison, je dors debout et je me recouche.

— Rends-moi l'échelle au moins, malheureuse, rends-moi l'échelle pour redescendre! •>

La chambre resta muette.

K Tiens! si tu m'ouvres ta porte, je te ferai gros présent de nippes à ton goût.

— Et que me donnerez-vous? demanda la voix claire de Françon.

— Ne m'as-tu point raconté que le Démon t'avait dépouillée en quelque sentier de la campagne?

— Eh bien! mon brave monsieur Malgrison?....

— Eh bien, je t'achèterai neuf tout ce qu'il t'a pris vieux, ma mie.

-r- Mes bonnets à rubans et mes jupons?...

— Oui, ma Françonnette.

— Mon fichu à franges de soie et mes souliers bronzés?...

— Ton fichu et tes souliers.

— Mêmemeiit ma chaîne et ma jeannette?...

FRANÇON. 201

r— Étaient-elles en or?

— En or fin, mon beau galant de Nadalet, en or lin, je vous le jure.

— Et combien pesaient-elles ensemble?

— Des onces et des onces jusqu'à Tannée prochaine.

— Cela coûtera bien cher...

— Donc la plus jolie fille du Larzacne vaut pour vous tout Targent du monde?

— Mais...

— Bonsoir, vilain avaricieux, bonsoir!...

'— Ne te fâche, ma Françonnette, ne te fâche, j'achèterai tout le paquet.

— Un gage de votre parole.

— Un gage ! Et quel gage?

— Passez votre montre par la chatière... N'ayez crainte, je vous la restituerai, quand vous aurez tenu vos promesses.

— Je te certifie...

— La montre!

— Et si je te baille cette montre en gage, m'aimeras-tu?

— Je vous aimerai, je vous aimerai tant que je ne pourrai vous aimer davantage.

— Pour lors, tiens, ma jolie Françon ! » Et la montre prit le chemin de la chatière. La porte s'ouvrit toute grande.

« Ah! coquine, marmottai-je entre les dents, me tromper ainsi 1 »

2(« LE CHHTRrETl.

Vilement je redressai récfreile-, eî Hfelgrison botitjart. pïc^ en fe ch^mbr^, qviefj entrai» à côté de lui.

« Eh bien, âis-je, ce tsM-ob «fe ce pas êë^vbéré, nnDttawcTefl? »

Mes doigts crispés agrippèrent l'usurier au erjifieî.

« Bénédiction du cie-lP oh sommes-notFsf^gmt Marîgiiscm, né eifeeeniant mes traits, car je- fowrnais le dos à la lune.

— Nous sommes à Madières, et mof, Enra, de Soulaget, je vaus engage àr regagner vitemerït votre endroit, si vous ne voulez krisser quelque membre en mes mains, repris-je, le poia^^awt rudement rere la porte.

— Mais cette fille m*a pris ms rwo^tre. f}m} mi\ lïîon'tre me smt ren^e, et j« le d^ébarrasse 1« phrncher, cbevrfer^ IWaôle f

— Françon, viens ici! » dis-j»r

Debout près de la porte, cette ffife, à la Iiieur de la lune, regardait les aiguilles, le Iwitier iHisantde ra^nronCye, justs la evNsHrt â scm oreiBer éeocilait le tic-tac de l'intérieur.

<f Vieiw feiy Dw» me ^anœ! » ■l'écnai-je. Elle ne bougea, lonjeinrs jHintlf am lie-lac. Je fis un boBd, ei, Im ajant MtmeÈÊê la ■watoCy je la restituai i Maïgi-ison, qm « une patte-courte flaiiaal In

Moi, vous le comprenez, je n'étais nîwimà àm la.

FRANÇON. 203

conduite de Françon. Voulant lui marquer mon déplaisir de la porte ouverte malgré ma défense, je saisis une sangle de barde appendue à la muraille, et, encore que cette fille fût en chemise, je la fouaillai d'importance... Ah ! monsieur, combien de femmes n'eussent jamais péché, si, à propos, se fût trouvé là un bras robuste pour leur montrer le droit chemin I.,,

Encore que j'eusse corrigé cette jeunesse comme il convient, à la longue je ne tardai pas à m'apercevoir que rien ne faisait à son méchant caractère, ni soufflets, ni coups de sangle, ni raisonnements quelconques de mes esprits. Françon, en dépit de mes mains et de ma langue, suivait les penchants de sa nature vicieuse, et la preuve que mes efforts ne parveiiaient à la maintenir en bonne conduite d'honnête fille, c'est que, Malgrison étant revenu à Madières pour réclamer les cabris de notre chèvre et la Fontenille effrayée ayant chargé la servante d'aller livrer les bêtes à l'usurier, je trouvai la servante et l'usurier se parlant lèvres à lèvres et s'embrassant. Malgrison eut bientôt repris le chemin do Nadalet, et celui de la maison cette fille. Ce néanmoins, je fus grandement agité en mon intérieur, et dorénavant je n'eus guère de jours heureux à Madières.

FRANÇON. 205

Ah ! comme ce proverbe est vrai : — Vhomme a tant seuhmenl envie de ce qui lui manque. — Imaginez-vous que, au moment où je mis la main sur le vieux galant de Françon, le temps commençait à me paraître long avec cette fille. Tant plus, de rage, je m'étais précipité à des plaisirs inconnus, tant plus vitement j'avais été rassasié, et souvente fois déjà, mon corps demeurant à Madières, j'avais senti mon âme partir pour un autre endroit. Pensant à Félice, une nuit, à ma grande surprise, je me réveillai en sursaut et trouvai mon visage inondé de pleurs. Donc, la croyant morte, THospit^alière de Mirande vivait encore en le fond de moimême?... Elle vivait, et je l'aimais peut-être plus que je ne l'avais jamais aimée.

Me complaisant à l'adoration de Félice , qui m'apparaissait cent fois plus belle, n'ayant été salie au péché comme Françon , les caresses de celle-ci m'irritaient autant à cette heure qu'elles m'avaient causé d'aise. Aussi il fallait voir comme je lui faisais accueil, quand, se jetant à mon col, après nos longues et pénibles journées aux champs elle demandait quelque chose à mes lèvres. Je la repoussais violemment, et, s'attendant à recevoir baisers de ma bouche, elle en recevait tant seulement reproches, brutalités et fureurs.

Cependant tout changea quand, Malgrison reparaissant, il fut évident que, si je n'en prenais souci, allait m'échapper cette fille de Madières. Par

^HB

LE CTIKVPvtRR.

ainsi, l'Hospitalière de Mirande étant à Prédérj^ biejitôt je me retrouverai* senl en le monde*!... Je* jyleurai tout éveillé cette fois, et, désirant retenir Françon à mon intérèt, je me fis doux et humblf^ à merci.

Tout énamouré pannes pensées, lesquelles me ramenaient à mes premières heures avec cette filh je lui dis toutes sortes de joyeusetés, lui prodiguani force caresses et lui promettant pour le moins autant de présents. Mais elle, riant dhm rire froid et méprisant, voulut s'éloigner.

Moi la retenant :

« Ce que tu Toudras, je te le donnerai *! loi dis-j»

— Tu ri^es, toi, aus^i riche que Cancalou. m répondit-elle.

— Le meunier? m'écriai-je.

— Il vent que, quittant Madi^res, j'aille trava!' 1er en sa farinière, an Mas-Bernat.

— Quoi ! tu abandonnerais cette panvre Font<^ nille!

— OhIlel)ien sera bientôt vendu par Maigri -" et ne trouvant pitance par ici, je «erai bien ol d'en chercher en quelqne endroit

— Jésus-Seignenr! lors tes idées sont t< utpitance?

— Mes dents jeunesne détestent Tiricbe fraîch»

— Et ton cœur oublie-t-il les anciens ami> comme ta bouche le pain de l-^ F-'n^'T^nin^ «

Ma voix s'embarrassait.

FÉ,ANÇON. 207

En mes mains tombèrent les mams de Françon. « Non, mon Éran, non ! m^nrmqica-t-elle.

— 0 Françonnette, lui dis-je, ne me quiUe pornrt, car, sf t\i m» plan»tîai« setil k MaÀ^èv&Sf je serais- capable d'en mourir. Vrai est que souvente M» je t'kif MoPestêe- tfpop rndtenir^Ht. Qse vcnsEi-tu??* an amouren-x ne se gouverne toujours fadlenient^ et (îpoia bien ^ue tant forts étaient mes cofips, tantforte aiissr était mon amitié. SaâMta que, Fautret s©rr', erause (Je &>i, j'ar failli tuerMalgrîson'fPen^e ce: <yui> de p-areiT malheur, eût pxr me refenir! .. . Tien^! jolie fillette bien aimée de moi, ne me parle de ce meunier, si to: ne Year me ^chp swp l'iieore partir pour te Mas-Bernat, et me faiTe- ct3«tmettre grancte ravages par ïà-bas. Ganealon m'ayant dléjà fiàché? à Soulaget,.jerâi en détestation, et, entrant en- sa» fariniëre, je ne sai-s si, au liew de bl'é, sow rnowlin- h. Tun ou à l'autre de nous ne moud'rait pa* bientôt fës os.

— Cancalon m'a promis une jeannette d'or.

— \Jmf jeann-ette ! . . . »

Sans me kiî^seF prier d'^van-tage ^ ^acore ^c j'eusse conservé ces chosettes poer les res-titcrer aux AgatfroH^ j^e pl'Qirgeffi les doigts en mon gousset et en retirai ensemble la charnu et îa jeannette" de Françon.

« CToniiais^toiii e«GÎf »

Elle leva la main, puis l'arrêta, et toot avsr«

sitôt devint pâle comme champignon de peuplier. « C'est à moi, balbutia-t-elle , c'est à moi!

— Chut ! »

Ses lèvres tremblantes ne purent ajouter un mot de plus.

« Ces objets et d'autres, lui dis-je, m'ont été remis, il y a quelques heures, par le Démon. Ne t'effraye de la chose : le sorcier de Soulaget m'ayanl enseigné à brider l'Ane- Rouge, cette nuit dernière, sur les roches noires du Larzac, j'ai rencontré l'Ane avec son cavalier. M'avisant, le Démon a arrêté sa bête , et nous nous sommes à l'accoutumance mis à parler de nos affaires, moi de celles de la terre, lui de celles de l'Enfer. Soudain, au col de mon ami, car il est un peu mon ami, j'ai vu cette jeannette et cette chaîne. Lors je me suis souvenu avoir remarqué pareils ors sur ta personne, et j'ai demandé au Démon de me les donner, lui protestant qu'ayant conçu grande amitié pour toi, j'avais besoin de telles jolies choses pour tourner ton cœur à mes intentions. Incontinent il m'a remis chaîne, jeannette et plusieurs étoffes que j'ai reconnues également tiennes.

— Où sont-elles?

— Je te rendrai le tout, si tu jures de m'aimer à l'éternité de tes jours.

— Je le jure ! je le jure , mon Éran ! »

Elle se suspendit à mon col à ne pouvoir lui délier les bras.

FRANÇON. 205

u Françon ! Éran ! Baduel ! » cria tout à coup la Fontenille.

Nous fûmes en un bond au bas de l'échelle et en deux dans la cuisine.

Quel fut mon étonnement de me trouver face à face avec Malgrison. L'usurier tenait à la main quelques petits papiers. Me voyant, il les plia et les glissa dans sa poche.

« Que voulez-vous, notre maîtresse? demandaije à la Fontenille.

— Il veut me prendre ma chèvre I II veut me prendre ma chèvre I

— Les cabris n'ont suffi aucunement à payer les intérêts, dit Malgrison.

— Je ne vous dois ni intérêts , ni principal , reprit la Fontenille.

— Donc vous avez soldé les billets que je vous montrais tout à l'heure?

— Oui, oui, je les ai soldés avec tout ce que vous m'avez pris à la ferme, je les ai soldés et au delà..,

— Par ainsi vous ne vous décidez pas à me bailler la chèvre?

— Et ma chemise aussi je te baillerai, voleur de bien d'autrui , sangsue du pauvre monde! s'écria, la Fontenille, levant les bras vers Malgrison et prête avec ses ongles à lui déchirer le visage.

L'usurier recula de plusieurs semelles. Puis, d'une voix qui me fit courir un frisson par tout le corps ;

9tt LB CirEVRlER.

« N^ parliez ppomt de votre dremise, Va, TÏeiTle, dit-il, car, le voulant, je vous rendrais si misérabfe fiiff votts^n^e» ararpgî? plus à vous mettre sar Pe-s os. »

L'envie me crevait d'assominer cet hommer snr jife«e', eoiniïie wn Boisp rcîTContrér en- pFein b«is, •* je" v©u^ réporods qwe* Baduei' iw'«iHf S* 1» ïrefsrrgrre ifenMéj volbutiers-un co«p cfë» mai-H. Cte raéîmmrrriTw:, une idée éclairant toute nra* têtie* eiT Frntêrreur , jis MiCiiis: Fu^sKirper aw momen-t ocp û^ s'eir aliaft, maugréant des menaces terribles.

« A.tîtenéleif, iï!Oweh«i»niow»îei»MaIgri«oii, attendez! »

ÉC loe loarnan* apirs^tôt yers la FbtrtenflTe , «je lui parlai en les termes que voici ::

<♦ Vous^avex fort, n<ytTe maîtresse, grand tort de TOUS courroucer ainsi contre cet honnête M. ^faFgi<îs<3n: ,. et (fe Faeeuser, devant nous , d^avoir reçu votre argent et non restitué les billets. Sarez-vou^ qsiie, s'il n'était bon commis il l'esté M. Maîgrison Bô«s pourrait prendre à témorns de vos méchraTites paroles et vous envoyer par-devant fe ju^e de paix du Caylar? Votre créancier réclamant cette cFiêTre, iBôtis est avjs, à moi, à Baduel, mêmement k Françon, de ne la loi point refuser. Eh, nïon Dieu! nne chèvre,. qu'est cela?... Si vous lui abando-miez celte bote , liaquelle ne noo» est de mcrveilî'enr profit *la métairie, M. Ma^rison attendra vos* rembooTse- Hteiils, et, vos- iBFPe* coramenf^nf à prospérer, fuub pourrez vous liquider petit à petit. — Sainr-

qKii„ BûMWîbsieHr Malgmon „^ vas, sans taait de fa- ^Bâ, v©îBâ> livrer EBotre chèvre- »

]!k»u& soctiiHa>«s-

Traversant la cour pour aller ajax étaMes ,. je dis à l'usurier :

« Il faut oublier* la eoièEfede la vieilte, môiîsieur Malgrison. Que vouLez-vous? à tel âge diala vie , on ■i*^a toiojôwrs- ïQit bau se us ,. et

— Lbi hêie ft*t-ellegrasse„Éi:arc? nua d^mandat-il.

— Poiat trop', eii vérité> notre brave m-on-siour Malgrison... Aui fait,, voua paurcez. lui tâtec l'é;^ chine. »

J'ouvris Les établea.

L'usurier s'encourut à la chèvre..- Moi, passant la traverse de chêne aux deux ti-ous de la muraillev je refermai solideniï3nt la porte. Geloi fait,, j,e majîchai versr L'homme de Nadalet. J^'eiL ai condervé la souvenance, mes dents clac^uai^iLt entre me^ dfiux mâchoires,, comme quand, il gèLe à pierre fendre, et mes cheveux se tenaient droits sur ma tète. Finalement,, j'avais si longtem^iis. rép^liiié- ma rage que, prête à déborder,, elle hOvUaLeAfexsaist et tordait tout mon être. Me voyant en tel état effrayant, Malgrison, lequel, après avoir longuement palpé la bête de sa convoitise , nouait déjtà à l'anneau de son collier une corde pour l'emmener, recula de quelques pas.

« Eh bien, chevrieri balbutia-t-il. \

— Les billets, les sept billets de la Fontenille, ou je vous étrangle avec la corde que voilà! m'écriai-je, éclatant comme un fusil quand le doigt en a touché la détente.

— Mais... mon argent...

— Vous êtes payé. Les billets I

— Je ne les ai point sur moi...

Je ne pus empêcher mes bras de s'en mêler. Je saisis l'usurier, le couchai sur son dos brutalement et, posant un genou sur sa poitrine :

« Vous êtes un homme mort, lui dis-je, si vous ne me rendez ces billets, misérable!

— Là, là! » fit-il me montrant son gousset. Les sept petits papiers vinrent en ma main. Je

me relevai et lui de môme. Je retirai la traverse. Puis, rouvrant la porte des étables et montrant à Malgrison le chemin de Nadalet :

« Partez! lui dis-je. Toutefois, si vous avez quelque souci de votre vie, je vous engage à traiter les Agathon mieux que vous n'avez fait la Fonte nille... »

Ne soufflant le mot, l'usurier prit à pas traînants le chemin de son endroit.

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