UNE MAUVAISE NUIT
Les habitués de l'auberge de Tilly s'étaient mis à causer des affaires de la colonie, et surtout de la dernière razzia des commissaires royaux. Maitre Poihier, la tête en arrière, sur le dossier de sa chaise,
air songeur, écoutait en faisant tourner ses pouces l'un contre l’autre. Tout à à coup, il se pencha vers Jean La Marche.
—As-tu dit, Jean La Marche, lui demanda:t-il. que Le Gardeur de Repentigny jouait aux dés et buvait du vin chaud avec le chevalier de Péan et deux bouledogues de la Friponne ?
—Oui, je l’ai dit, répondit Jean qui paraissait attristé. Il arompu sa chaîne, notre jeune seigneur, et je crois qu’il ne se laissera pas reprendre sitôt.
—Comment! riposta maître Pothier, le meilleur acte que je pourrais faire, ne le tiendrait pas mieux qu'un fil d’araignée. Ces de Repentigny, ils sont obstinés comme des taureaux, et ne supportent
aucun joug. Pauvre garçon | Sait-on, au manoir.
qu’il est ici à boir, et à jouer ?
—Non! Vous comprenez que toute la pluie du ciel n'aurait pu empêcher mademoiselle Amélie et madame de le relancer jusqu'ici. Pierre Philibert, son ami, un grand officier du roi, maintenant, est allé à Batiscar, pour des affaires qui regardent l’armée, m'a dit le groom ; sans cela, Le Gardeur ne
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mis à
de la Maitre haise, jouces
serait pas à l'auberge comme nous, pauvres habilants, qui ne savons que faire à la maison quand la femme coule la lessive.
—Pierre Philibert! fit le notaire en se frottantles mains, je le connais. Un héros comme St. Denis ! C'est lui qui est all à Beaumanoir chercher Le Gardeur. 11 l’a ramené comme un chat fait de son petit.
—Comment! entre ses dents?
—Pas de plaisanteries, Jean, sois convenable, remarqua le notaire légèrement froissé. N’étire pas mes comparaisons comme un fil, ou comme ton esprit. est dommage qu'il ne soit pas ici, le colonel Philibert, il le sortirait bien lui, son ami Le Gardeur.…