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elle, qu’il ne s’est jamais marié. Elle doit le savoir ; elle connait bien sa famille.
—C'est parfait, ma bonne Louise, mais tu fatigues La : le sieur La Force; pour l’an:our de Dieu ! descends. les exi —C'est bon! je veux le punir parcequ'’il sort avec pit du toi et me laisse ici. plus Mais n'oublie pas de m'inviter à tes noces, Angé- Il se p lique ! Si tu l’oublies, j'en mourrai! pousar Et elle commença à parler d’autres choses. H ci des ru part di Fi Is t.
—Méchante, va! descends donc! Le sieur La Force be est mon cavalier aujourd'hui; tu n’as pas le droit montu d’abuser ainsi de sa galanterie, lui murmura Angé- AI lique à l’oreille. cavalie —Encore un mot, fit Louise. Elle Eile sentait la main du jeune homme trembler et . Elle baisser sous son pied mignon, et cela l’amusait. de for: —Pas un mot! descends, réphiqua Angélique im- derniè patientée. Ar —Einbrasse-moi, alors, et bon voyage ! fière que la ven, tu es! Ne le garde pas toute la journée ; toute la vait e classe serait jalouse. et end Angélique secoua la bride de son cheval qui se L'ég cambra soudain, et Louise descendit un peu brus- de la quement. tout C —Merci ! dit-elle à La Force, en le regardant avec gusie : des yeux chargés d’ironie et de gaieté, et en faisant a ag
un geste significatif, merci! merci !
Et elle rejoignit ses compagnes en semant le rire pompe
comme un Collier de perles. | érdebas —Klle s’est fardée! leur dit-elle, assez fort pour Au
Aire entendue, elle s'est fardée!.… Elle a les yeux banc €
fatigués. Elle n’a pas dormi de la nuit frivole
elle est en amour... je pense que C'est vräi qu’elle
va se marier avec l’Iñteudant ! Vs Elle Les jeunesélèves jetèrent un éclat de rire argentin Hi {1
comme un tintement de cloche, et firent un nouveau Bigot
salut aux deux p'omeneurs qui s’éloignaient. *
La Force se pliait comme une cire molle à toutes les exigences d’Angélique et il ressentait un vif dépit du tour que venait de iui jouer Louise Roy, la plus mauvaise tête du couvent, comme il l’appelait. Il se promettait de se venger d'elle, même en l’épousant, s’il le fallait.
Il chevaucha avec sa compagne par quelques-unes des rues les plus fréquentées, recueillant de toute part des sourires et des saluts.
Ils traversèrent la place du marché, puis Angé- ‘que, par une fantaisie nouvelle, vint arrêter sa uionture en face de la cathédrale.
Allons réciter un bout de prière, dit-elle à son cavalier.
Elle entra ; il la suivit.
Elle voulait voir si la prière qu'elle avait essayé de formuler en vain, dans son angoisse de la nuit dernière, tomberait de ses lèvres maintenant. Elle ne se repentait point, mais elle espérait détourner la vengeance de Dieu. Comme si le Seigneur pouvait entendre les supplications d’nn cœur coupable et endurci!
L'église était remplie de monde. C’était le jour de la St Michel, la fête de tous les anges aussi, et tout chantait, louait, bénissait, dans le temple auguste : le prêtre à l'autel, le chœur en surplis, l'orgue solennel, l’encens odorant, le peuple à genoux!
Angélique fut touchée de ce déploiement de pompes, d'amour et d'harmonie, et elle fléchit les genoux.
Au même instant, ses yeux se portèrent sur le banc de l’Intendant, et tout un essaim de pensées frivoles se mit à jouer devant son esprit.
Elle pensa aux plaisantes rumeurs qui couraient la ville ; à son mariage probable avec l’Intendant.
Bigot avait bu sa santé à genoux à la taverue de
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Menut. Il avait souri, quand les convives avaient arlé d'elle comme de la future maîtresse du château. e château ! il venait de s’évanouir dans les flots de
mélodie qui montaient vers la voûte sainte !....….
il venait de s’évanouir avec l’ange mortel qui dor-
mait son dernier sommeil, dans sa robe blanche en-
sanglantée, sous les dalles froides de la chambre secrète !.… Elle oubliait tout, dans ce concert divin de la charité et de la foi; mais elle ne se repentait point ! Des pensées plus futiles encore suivirent. Elle s'imagina être dans ce banc superbe, parée de ia plus riche toilette, les cheveux arrangés d’une façon adorable. Tout le monde se détournerait de l’ar ‘21 pour la regarder, pour l’admirer ou la jalouser. Mais cela arriverait-i1?... Et quand ?.… Elle avait perdu son âme pour gagner le monde. Ne perdrait-elle pas et le monde et son âme ”.…
Bigot n'était pas dans son banc. L’inquiétude, les soucis, la colère, le rendaient malade et le clouaient sur son lit. Ilse mettait l'esprit à la torture pour inventer une vengeance contre l’auteur de l'attentat, s’il parvenait à le découvrir, et plus il cherchait moins il trouvait. Le rocher qu’il soulevait lui retombait sur la tête.
Le gouverneur et son ami Kalm occupa'"nt le banc royai. Kalm, bien que Luthérien, avait assez de philosophie et d'amour de Dieu, pour se joindre volontiers à tous les hemmes de honne volonté qui prient.
Tout près d’'Angélhique, deux femmes vêtues de noir étaient prosternées sur le parquet; c'étaient madame de Tilly et Amélie de Repentigny.
Elles étaient revenues à la ville immédiatement après le départ de Le Gardeur. Angélique le savait, de sorte qu’elle ne fut pas étonnée de les retrouver dans l’église.
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A son retour de Tilly, Amélie s'était rendue avec Pierre Philibert au palais de l’Intendant, pour voir Le Gardeur. Ils furent l’un et l’autre éconduits rudement. On leur répondit que Le Gardeur jouait avec de Péan une partie de piquet, pour le titre de champion du palais, et qu’il ne se dérangerait pas, quand même saint Pierre lui -ême viendrait frapper à la porte.
Ce fut Lantagnac qui apporta la réponse.
Philibert dit qu’il allait tenir l’'Intendant responsable, et lui demander raison par l'épée, de ce complot formé dans son palais, pour détenir Le Gardeur.
Amélie, craignant le résultat d’une rencontre entre Bigot et son fiancé, courut seule au palais, dès le lendemain.
Elle ne put entrer. Ses prières etses larmes furent inutiles. Son frère refusait de la voir.
De Péan la reconduisit à sa voiture en s’excusant de ne pouvoir lui être agréable, et en jurant qu'il. n'avait été pour rien dans le retour subit de son frère. Il se souvenait de la fière attitude de la jeune fille à son égard, et prenait un malin plaisir à voir couler ses a
Quand elle fut partie, il éclata de rire.
—Les honnèétes gens peuvent venir aux funérailles de la vertu de Le Gardeur, exclama:t-il.
Amélie se jeta au cou de sa tante.
—C'est fini! dit-elle, mon pauvre Le Gardeur est perdu ! Il ne veut plus me voir! O mon frère ! mon pauvre frère !
Et elle éclata en sanglots.
—Ne te décourage pas, mon enfant, lui répliqua madame de Tilly, ce n’est peut-être pas lui qui t’a fait cette réponse. Il ignore peut-être même ta visite au palais.
—Hélas ! voyez, bonne tante,
Et elle lui tendit une carte, une carte à jouer, celle que les fatalistes considèrent comme la plus redoutable. L’avait-il choisie à dessein ?
Sur le revers une main tremblante avait écrit:
—Retourne à la maison, Amélie; je ne veux pas te voir. Retourne à la maison, chère sœur, et oublie ton indigne et malheureux frère.
Madame de Tilly attira contre son cœur son infortunée nièce :
—L'amour d’une sœur, dit-elle, n'oublie jamais, ne se fatigue jamais, ne désespère jamais !
Et elle se prit à pleurer, elle aussi.
Cependant madame de Tilly songeait aux amis influents qui lui prêteraient leur aide, et elle comptait sur le caractère noble Ge son neveu qui sortirait de sa torreur morale, au nom de l’honneur :
—T" verras, mon Amélie, disait-elle, que la vertu finirr. par l’emporter sur le vice. Elle est plus puissanie €! e!ie a plus d’attraits.…
L'amour pouvait sauver mon frère, pensait la jeune fille. Hélas! celle qu’il aime est indigne de lui, et cependant il eut mieux fait de l’épouser, que de se livrer au désespoir. Je verrai Angélique Des Meloises, oui je la verrai! C’est elle qui la rappe de Tilly, elle seule peut le tirer de la fange du
alais ..