XXII. avec l’ar
Aussitôt, les mille pensées diverses qui l'avaient perles , assaillie depuis la veille, se précipitèrent dans son Le esprit, et tout ce qu’elle rêvait, espérait, caressait, np Pa ; lui parut plus incertain que jamais. Elle se sentait He AE pe perdue dans un inextricable labyrinthe. pa FI0!
Cet inutile et maladroit stylet de la Corriveau
pouvait compliquer l'affaire. L'Intendant l’épouse-
rait-il, s’il la soupçonnait de complicité dans le —Reg: meurtre? Ne serait-il pas sage de ménager LeGar- que je lè deur.… 11 ferait un solide bouclier. Il croirait en d'en hau elle et la défendrait contre l'univers entier... Si la Ses re flèche d'or manquait le but, elle pourrait se servir croix du de la flèche d'argent... Après tout, un mariage d’a- —Mett mour n’est pas à dédaigner, quand on ne peut faire frère, nt un mariage d’intérôût. Angél Toutes ces pensées surgirent en un clin d'œil, et more imprimèrent à sa figure une expression toute nou- l'autel. velle et tout étrange. foi Amélie remarqua ce changement subit et n’en au- Angél gura rien de bon. Elle connaissait le masque impé- —Mon nétrable dont savait se couvrir son ancienne com- EURE TR! pagne de classe, et elle comprit que ce ne serait pas Lie en jetant son frère dans les bras de cette fille égoïste Améêli qu’elle le sauverait de la ruine et du déshonneur. les lèvre Elle ne chercha plus de ce côtè. ment pé Angélique, reprit-elle, si tu aimes LeGardeur, aide- SHOT" moi donc à le faire sortir du palais... Si tu ne peux ment de accepter sa main, tu ne dois pas. cependant, prendre La ca plaisir à le voir se déshonorer. [ senleme —Qui oserait dire que je me complais à sa honte ? Les d Je ne l'ai pas définitivement repoussé, du reste. GR PRE non! Et si je l’ai invité à revenir de Tilly, ce n'était Entrain pas pour le voir se plonger dans la dissipation. opposés
c'était mon cœur qui le demandait. Te le dirai-je Amélie ? J'ai jeté l’injure à la face de de Péan, à cause de lui ! A cause de lui, j'ai rayé Lantagnac de la liste
ou- . de mes amis ! Lantagnac a osé me montrer l'or qu’il lui avait gagné! il a osé m'offrir des perles achetées ! avec l’argent du jeu! Je les ai jetées au feu, ses À eut perles! et si j'avais été homme, je l'y aurais jeté lui- l son même... J'ai pu faire du mal à Le Gardeur, mais je à ait, ne souffrirai pas que les autres le maltraitent! Je 13 tait ne l’ai pas repoussé finalement... Attendons! je ne 1? puis rien dire de plus !... pi A4 au XXII, 4 1se - ji le —Regarde ici, Angélique, reprit Amélie, c’est là “ ar- que je lève les yeux quand j'ai besoin du secours en d’en haut.
i la Ses regards chargés de pleurs se fixaient sur la vir croix du tabernacle.
d'a- —Mettons-nous à genoux et prions pour mon, ire frère, continua-t-elle, Angélique obéit Toutes deux, pendant quelques et minutes, prièrent, en silence, prosternées devant ou- l'autel. Mais quelle différence dans la ferveur et la foi !
au- Angélique se leva soudain :
|pé- —Mon Dieu! je m’attarde trop, dit-elle, il faut )Mm- que je parte. Je suis bien contente de t'avoir renpas contrée. Compte sur moi comme sur une sœur. ste Amélie l’'embrassa. Ses lèvres crurent eflleurer ù les lèvres froides de la mort. Elle eut un tressaillement pénible, et longtemps après, elle se souvenait de- encore, comme d’un rêve mauvais, de cet attouche- UX ment de glace.
lre La cathédrale était déserte. Deux ou trois fidèles L seulement priaient aux pieds des tabernacles. e? Les deux jeunes filles se séparèrent sous la galerie . en arrière, et sortirent par deux portes différentes. ait Entraînées sur le fleuve de la vie par deux courants ne opposés, elles ne devaient plus jamais se rencontrer. -je 18e