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Au moment où le gouverneur allait ajourner la séance, il reçut un paquet scellé du sceau royal. Il le fit ouvrir par le secrétaire. Dans ce paquet se trouvaient des papiers également scellés et marqués ‘“ personnel.” Le secrétaire le lui remit et il en prit connaissance immédiatement. Il paraissait lire avec intérêt, et l'impression qu'il ressentait se trahissait sur sa figure.
Il !es mit sur la table, les reprit, les lut de nouveau et les passa à l’Intendant.
L’Intendant eut vite fait de les parcourir des yeux, Il fit un bond de surprise et un froncement de sourcils. Mais il réprima vite ce mouvement, et se mordit les lèvres, avec une colère mal dissimulée.
Il renvoya les papiers au comte, de l'air indifférent d’un homme qui n’a rien à y voir.
—Les ordres de la marquise de Pompadour seront exécutés fidèlement, dit-il. Je vais la faire chercher cette demoiselle, je vais la faire chercher sans retard. Je la crois quelque part dans un fort ou dans
un camp, faisani joyeuse vie. lonie Bigot comprenait le danger. Les dépêches étaient hont: sérieuses et le gouverneur ne manquerait pas de dé- Ce: ployer la plus grande diligence dans l’accomplisse- vient ment du devoir nouveau qui lui incombait. m'ort Pendant un instant, il fut comme ahuri. Puis s’a- demo percevant que les yeux se braquaient sur lui, il se entas mit à parler encore. Il parla avec une hardiesse qui son € ressemblait à un défi: ont a:
Je prie Votre Excellence, commença t-il, en s’a- Cer
dressant au gouverneur, de vouloir bien expliquer émus aux Conseillers la nature de cette dépêche. Élle ne Æ autre: surprendra nullement ceux qui connaissent l’étour- Æ ouver derie des femmes, et gagnera au noble baron de St. Martin la sympathie de tous.
—Elle fera naître de la sympathie pour sa fille,
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également, car c'est à cause de leurs sentiments généreux, souvent, que ces infortunées se perdent,
ner la répliqua le gouverneur. C'est bien, continua-t-il, la pyal. Il plus étrange histoire que j'aie entendue. quet se Les gentilshommes assis autour de la table fixèrent narqués sur le comte des regards avides et surpris, et de La et il en Corne St. Luc, en entendant prononcer le nom du sait lire Baron de St. Castin, s’écria :
, se tra- —Au nom du ciel, comte! qu'y a-til donc dans ces dépêches? Le baron de St. Castin est mon ami de nou et mon compagnon d'armes.
—Je vais vous le dire, messieurs, répondit le comte ; les yeux ce n’est pas un secret en France, ce n’en sera plus de sour un ici, cette lettre.
| se mor Il tenait dans sa main le papier déplié. ée. —Cette lettre est du baron de St. Castin que vous r indiffé connaissez tous. C'est un pathétique appel à mon amitié, à mon honneur, à mon devoir, pour que je ur seront l'aide à retrouver sa fille, qu’un lâche ravisseur sans
chercher sans reou dans
doute a emmenée loin du toit paternel. Il la croyait Fe en France, mais il l'y a vainement cherchée. lparait maintenant qu'elle est restée dans la colonie, cachée sous un faux nom ou un déguisement honteux.
Cette autre dépêche, continua le gouverneur, vient de la marquise de Pompadour. La marquise m'ordonne de faire l'impossible pour retrouver mademoiselle de Saint Castin. Elle menace de faire entasser à la bastille comme du poisson sec—c'est son expression—tous ceux qui de près ou de loin ont aidé à enlever ou à cacher cette jeune fille.
Certes ! tous les gentilshommes du conseil étaient émus, désolés, De la Corne St. Luc, plus que les autres. Ilse leva et frappant la table de sa main ouverte :
—Par St. Christophe! s’écria-t-il, j'aurais mieux aimé perdre un membre à la bataille, que de voir mon vieux compagnon ainsiaffligé dans son enfant;
, en s’2expliquer ille ne
sa fille,
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