Poème de la Nature. Livre IV
des mouvements flexueux ; sa queue, au lieu de se tenir droite en l'air est abaissée et agitée. D'un instant à l'autre, subitement, son poil devient lisse ; ses oreilles sont renversées en arrière, mais sans être appliquées contre la tête, les lèvres pendent librement et les yeux perdent leur aspect arrondi et fixe. A ce moment l'animal est dans un transport de joie ; il y a production en excès de force nerveuse ce qui produit naturellement une activité quelconque. Pas un seul des mouvements précédents, qui expriment l'affection avec tant de clarté, n'est de la moindre utilité pour l'animal. Ils s'expliquent, semble-t-il à Darwin, simplement parce qu'ils sont en opposition complète ou en antithèse avec l'attitude et les mouvements très intelligibles du chien qui se prépare au combat et qui expriment la colère.
Le chien manifeste son attention en relevant la tète et en dressant les oreilles; il prouve généralement sa joie en portant la queue en l'air, mais avec moins de vigueur que lorsqu'il est irrité. Lorsqu'il est content ou qu'il écoute, il remue la queue. Il manifeste volontiers son affection en se frottant contre son maître, en cherchant le frottement ou les tapes de la main.
Graliolet a expliqué ces mouvements : « C'est toujours, dit-il, la partie la plus sensible de leur corps qui recherche les caresses ou les donne. Lorsque toute la longueur des flancs et du corps est sensible, l'animal serpente et rampe sous les caresses et ces ondulations se propageant le long des muscles analogues des segments jusqu'aux extrémités de la colonne vertébrale, la queue se ploie et s'agite. »
Ce qui semble expliquer pourquoi les chiens recherchent le frottement dans leurs manifestations amicales, c'est que pendant l'allaitement de leurs petits le contact avec un objet aimé s'est associé fortement dans leur esprit avec les émotions aflectueuscs.
HISTOIRE NATURELLE DU CHIEN
Les chiens prouvent également leur tendresse en léchant les mains ou le visage de leurs maîtres; ils agissent parfois de la même façon entre eux ou avec les animaux près desquels ils vivent. Nous en avons vu qui léchaient des chats et même des lapins domestiques.
Ce signe expressif dérive sans nul doute de l'habitude