‹ Le chien; son histoire, ses exploits, ses aventuresChapitre 17 sur 83 · LES CARESSES DU CHIEN · texte numérisé non relu

LES CARESSES DU CHIEN

qu'ont les femelles de pourlécher leurs petits pour les nettoyer.

Darwin ajoute que l'affection des chiens pour leurs maîtres se mélange d'un sentiment profond de soumission qui tient un peu de la crainte. Certains chiens ne se bornent pas à abaisser leurs oreilles et à s'aplatir un peu en approchant leurs maîtres, mais ils s'allongent sur le sol, le

ventre en l'nir. C'est là un mouvement aussi opposé que possible à toute démonstration de résistance.

La douleur se manifeste chez le chien à peu près comme chez la plupart des animaux, c'est-à-dire par des hurlements, des contorsions et des mouvements convulsifs du corps entier. Sous l'influence d'une terreur extrême, il se roule à terre, hurle et laisse échapper ses excrétions; ou bien tous ses muscles tremblent, son cœur bat avec une rapidité extraordinaire et sa respiration devient haletante. Ces symptômes, en semblable cas, sont les mêmes chez l'homme.

La moindre frayeur du chien se manifeste invariablement par la position de la queue qui se cache entre les jambes; le chien effrayé, poursuivi, ou en danger d'être frappé par derrière cherche évidemment à retirer aussi rapidement que possible tout son arrière-train. Il agit de la même manière lorsqu'il est indécis ou contrarié.

Presque tous ces mouvements sont communs à Ions les individus de toutes les espèces et aussi aux parents aborigènes du chien, au loup et au chacal par exemple.

Le chien, lorsqu'on lui présente un objet appétissant, de la viande ou du sucre, fixe avec ardeur ses yeux sur cet objet dont il suit tous les mouvements, et pendant que les yeux regardent, les deux oreilles se portent en avant, comme si cet objet pouvait être entendu.

Cette observation, faite par Gratiolet, tend ù prouver l'existence de mouvements sympathiques, mais il est plus raisonnable d'admettre qu'il n'y a point de sympathie entre les oreilles et les yeux, que c'est là une habitude héréditaire des chiens ayant en principe dressé les oreilles en même temps qu'ils regardaient afin de chercher à percevoir le bruit pouvant être produit par ce qui attirait leur attention.

L'étude des mouvements habituels associés chez les ani-

HISTOIRE NATURELLE DU CHIEN. 63

maux offre le plus graud intérêt. Le rôle de riiércdité est considérable. Ainsi lorsqu'un chien veut se mettre à dormir sur un tapis ou sur une surface dure il tourne généralement en rond et gratte le sol avec ses pattes de devant d'une manière insensée, comme s'il voulait piétiner l'herbe et creuser un trou, ainsi que le faisaient sans doute ses ancêtres sauvages lorsqu'ils vivaient dans les bois ou dans de vastes plaines couvertes d'herbe.

Beaucoup d'animaux carnassiers lorsqu'ils rampent vers leur proie et se préparent à se précipiter ou à sauter dessus baissent la tête et se courbent, autant, scmble-t-il, pour se

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