TERRIER GRIFFON
ils noctambulent, ils n'ont pas de domicile connu, ils mènent une véritable vie de chien ; mais les malheureux ne tardent pas à payer cher leur inconduite.
La fourrière les guette.
Les chiens à Paris sont de toutes les espèces ; on y voit même des variétés inconnues ailleurs.
Il est bien difficile de ûxer l'époque précise oij, par exemple, telle race de chiens de dames a été spécialement de mode à Paris. Le chien aristocratique par excellence, de temps immémorial, c'est sans contredit le lévrier. Sur les plus anciennes tombes, l'effigie d'une haute et puissante dame a
presque toujours un lévrier aux pieds, emblème de la fidélité. Vers les quinzième et seizième siècles on commence à trouver dans les tableaux religieux des petits cbiens, qui posent avec dignité au milieu de saints personnages.
Sous Louis XIV, l'épagneul nain fut en grande vogue, et sur les portraits de dames de qualité de ce règne on voit assez souvent ressortir sur une robe de satin ou de velours un petit chien à longues oreilles soyeuses, en train de dormir avec calme, ou d'aboyer avec fureur : c'est l'épagneul en question. Au siècle dernier, le carlin fut le chien à la mode, et fit les délices de nos grand'mères. La révolution de 89 semble l'avoir emporté dans son ouragan avec tant d'autres souvenirs du passé, et le carlin de l'impératrice Joséphine est peut-être le dernier cité dans les Mémoires anecdotiques. Vers 1845, on voyait encore dans la boutique du feu père Tabary, bouquinisle de la rue Guénégaud, un chien qui avait la prétention d'appartenir à cette race. Aujourd'hui la race carline a une telle réputation de non-existence, (pie souvent nos journalistes, pour désigner un objet introuvable, disent rare comme le carlin.
Ces anecdotes sont rapportées par Bonnardot, qui a fait une étude sur les petits chiens de dames.
Les chiens élégants, les chiens du monde ont de nos jours des costumes d'une certaine richesse, de jolis manteaux brodés, des vestes de soie, des vêtements chauds pour l'hiver et légers pour l'été.
On donne à quelques-uns des colliers qui sont de véritables œuvres d'art, des colliers d'or ou d'argent. Les colliers de fantaisie sont également fort bien portés; on y retrouve l'originalité et la grâce parisiennes ; ils affectent des formes bizarres; quelques-uns sont de petits cols cassés en cuir avec une cravate de couleur.
Quelques chiens de l'aristocratie portent à leurs colliers de cuir un pendant d'or ou d'argent sur lequel sont gravées
OU émaillées aux couleurs de l'écusson les armes de leurs maîtres.
Des expositions de chiens ont lieu à Paris presque tous les ans; elles se tiennent d'ordinaire sur la grande terrasse des Tuileries qui longe la Seine, entre le pont de Solférino et la place de la Concorde.
Ces expositions sont extrêmement suivies. Les pauvres chiens ne s'y amusent guère et se moquent bien des prix