PAR
m- ALEXANDRE LANDRIN
Médociii-W'trrinaire à l^aris K\--Vf''léi'iiiaii'o niililaii'o, Mi'mbro de; la Soriélé iiatirmalc irariliiiiatatioii, clc, fitc.
CAPACIERES GENERIQUES. ORIGINE. CHIEN FOSSILE. ETYMOLOGIES.
Le chien [canis fmniliaris) appartient à la division des Vertébrés, classe des Mammifères, tainille des Carnassiers, tribu des Carnassiers digitigrades et au genre Chien {canis). Ce genre, créé par Linné en 1755, dans son Sijsiema naturœ^ est caractérisé de la fac^on suivante :
Système dentaire : incisives -> canines 7- — j- : molaires ■= zr
, en tota-
lité quarante-deux dents; incisives à trois lobes lorsqu'elles ne sont pas encore usées, et toutes placées sur une même ligne; canines coniques,
aiguës, lisses; molaires : les supérieures se subdivisant en trois petites dents aiguës ou fausses molaires tranchantes, à un seul lobe, une carnassière à deux pointes et deux petites dents à couronnes plates ; les inférieures comprenant quatre fausses molaires disposées comme celles d'en haut, une carnassière dont la pointe postérieure est mousse et deux dents tuberculeuses.
Museau pointu, avec un mufle ou partie nue, assez considérable, arrondie.
Tête allongée, surtout dans la partie maxillaire, et à arcade zygomatique, médiocrement arquée en dehors.
Yeux à pupille en forme de disque dans les chiens proprement dits et allongée dans les renards.
Oreilles médiocres ou grandes, dents pointues, mais seulement dans l'état de nature, car la domesticité modilie considérablement ces organes.
Mamelles pectorales et ventrales.
Pieds de devant à cinq doigts, les deux du milieu égaux et les plus longs ; ceux de derrière à quatre doigts seulement, avec le rudiment d'un cinquième os du métatarse qui ne se montre par aucune trace à l'extérieur; ces doigts étant entre eux dans les mêmes rapports que les quatre plus longs des pieds de devant.
Ongles allongés, assez obtus, non rétractiles; les doigts posant seuls à terre dans la marche.
Queue de moyenne longueur.
Pas de poche onde folhcules près de l'anus ou des parties de la génération.
Pelage généralement très fourni, assez rude, composé de deux sortes de poils.
Moustaches assez petites.
Plante du pied garnie de tubercules : celui qui se trouve à la base des doigts, ayant trois lobes et avec la même forme à tous les pieds ; celui qui garnit l'extrémité de chaque doigt, elliptique ; de plus il y en a un autre sous l'articulation du poignet.
Corps de taille généralement moyenne, mais pouvant assez notablement varier sous ce rapport.
L'origine du chien a été l'objet d'opinions bien différentes ; il est au reste bien inutile, après ce qui a été dit dans les chapitres précédents, de
revenir sur ce sujet. Disons cependant que l'idée émise par Buffon nous paraît indiscutable.
Le chien formait dès l'ori^-ine du monde une espèce, un genre particulier.
Ce qui, au reste, peut, il me semble, rallier les plus difficiles à convaincre à cette opinion, c'est l'existence du chien fossile.
Elle fut signalée pour la première fois en 1772 par Espar, qui a indiqué la découverte faite, dans les cavernes de Franconie, des crânes de chiens, mélangés à des crânes de loups et d'ours.
Dubreuil, Marcel de Senco et Jean Jean ont aussi annoncé la présence de fragments de maxillaires découverts dans les cavernes des environs de Montpellier.
En 1855, M. Schmerling, en rencontrant dans les cavernes des environs de Liège une (ète et des os des membres, démontra l'existence du chien domestique à l'état fossile. Il faut aussi signaler les crânes trouvés par M. Pentland cà Antémina et un autre par M. Boblaye, paraissant appartenir à la race actuelle du Doguin, extrait des tourbières d'Isgogne, près de Château-Thierry.
Ajoutons à cela les découvertes faites par l'abbé Croizet dans les alluvions volcaniques d'Auvergne; de M. Bravad et d'un grand nombre de savants modernes de (ous pays. Peut-on répéter malicieusement avec LasceUes {On sporliiig) que le chien était probablement le premier animal ayant, après la femme, partagé l'attention et l'affection de l'homme.
Avant de nous occuper de l'organisme, de l'hygiène, de la reproduction, de l'élève, de la description des races, en un mot de la zootechnie du chien, voyons quelle signification peut avoir ce nom de chien.
On a souvent répété que, dans les langues orientales, le nom de chien était un terme de mépris et que le mot manquait de noblesse.
Si l'on consulte les étymologies que l'abbé Maupied a données de ce nom, on peut changer un peu d'opinion à cet égard.
Ce mot, en hébreu kabel, de la particule ka (comme) ou de lud (tout) et de leb (cœur), signifie « très affectueux, très caressant ».
En grec, il aurait la même signification, puisque le mot xûwv n'est que le participe du verbe «uu (caresser, embrasser) ; le nom du chien signifie donc (( caressant ».
En latin, canis, venant du verbe caiieo (vieillir, être prudent), indique donc que le mot signifie « fidèle, prudent ».
Chien, en français, venant du grec xûuv, a la même signification.
Comme l'a écrit de Blainville, ces étymologies ne prouvent-elles pas
que le cliiea a été de loiit temps un animal fidèle, caressant, prudent, attaché à l'homme, et créé avec lui et pour lui ?