EXTERIEUR. ANATOMIE . PHYSIOLOGIE
Le chien est de taille variable suivant les races, les espèces et les variétés.
Son corps est couvert de poils variant de longueur, de finesse et de couleur, ainsi que nous aurons l'occasion de le signaler.
Disons de suite qu'il y a des chiens à poils longs, épais et rudes : griffons, briquets, etc.
Des chiens à poils soyeux : épagneuls, bichons, barbets.
Des chiens à poils ras : braques, mâtins, dogues, lévriers, levrons,etc.
Des chiens sans poils : turcs, chinois.
Sa tète est oblongue, i)lus ou moins allongée, se rétrécissant en avant, pour se terminer à l'exl réalité du museau par une partie nue chagrinée, toujours humide dans l'état de santé, que quelques amateurs appellent trulTe et qui n'est en réalité autre chose que le nez.
Le crâne est plus ou moins sphérique et présente dans son milieu une arête se terminant à la partie postérieure de la région par une protubérance dont la saillie varie de volume.
La lèvre supérieure recouvre de chaque côté finrérieure; leurs commissures présentent des excroissances mamelonnées et striées recouvertes par la muqueuse; elles sont dépourvues de poils.
Les muscles de la mâchoire sont d'une puissance considérable.
Les dents, au nombre de quarante-deux, sont disposées de la fa(;on suivante : vingt à la mâchoire supérieure et vingt-deux à finférieure, à cause de deux molaires supplémentaires, les incisives étant au nombre de six à chaque maxillaire et les carnassières au nombre de deux.
Le palais, dont la muqueuse est de couleur noire, rose, ou parsemée de taches plus ou moins étendues de couleur noire, présente des sillons transversaux assez profonds.
La langue, douce, longue, effilée, à extrémité d'une grande flexibilité, est partagée en deux par un long sillon longitudinal.
L'oreille est droite, mobile et de grandeur médiocre (chien de berger,
chien-loup) ; elle s'allonge, quelquefois au point de tomber tout à fait, de chaque côté de la tête, qu'elle dépasse d'une façon sensible, comme on le remarque chez les races les plus domestiquées (chiens de chasse, épagneuls, bassets, etc., etc.).
La pupille des yeux est ronde.
Les doigts sont au nombre de cinq, aux pieds de devant ; les deux du milieu, de même longueur, sont les plus longs, et l'interne, le plus petit, se trouve sur un plan plus élevé.
Ils sont au nombre de quatre aux pieds de derrière; il en existe parfois un cinquième rudinientaire qui très souvent manque et (lui parfois atteint cependant un développement complet.
Ces doigts sont garnis d'ongles non rétractiles, creusés eu forme de gouttières et à extrémité mousse.
Sous le pied, on trouve un nombre de tubercules arrondis et charnus correspondant aux ongles ; il se trouve complété par un gros tubercule en forme de trèfle qui termine la surface plantaire. ' La colonne vertébrale est composée de quarante-sept vertèbres dont sept cervicales, treize dorsales, sept lombaires et vingt coccygiennes ou caudales.
La poitrine est formée de chaque cùté par treize côtes, dont quatre asternales, et complétée par un sternum plus ou moins saillant suivant les races.
La queue du chien est haute et redressée, ce qui le distingue du loup qui la porte basse et du renard qui la tient droite.
Les mamelles sont pectorales et abdominales, les premières au nombre de quatre et les secondes de six ; chez le chien, où elles se montrent à l'état rudimentaire, elles sont au nombre de six.
L'estomac du chien est relativement d'un grand volume et présente la forme d'une poire ; son ouverture œsophagienne en entonnoir est très dilatée, ce qui rend le vomissement très facile.
Chez le chien, l'intestin, comme au reste chez tous les carnivores, est relativement très court; il mesure au pins quatre mètres et demi, dont soixante à soixante-dix centimètres pour le gros intestin. L'intestin grêle a les parois très épaisses et sa muqueuse est remarquable par le nombre et la longueur de ses villosités.
Le côlon à peine i)his gros (|ue l'intestin grêle rappelle celui de l'homme comme aspect.
Le caecum ne forme qu'un petit appeiulice tordu en spirale dont la muqueuse est très folliculeuse.
Le recliun présente près de l'anus deux ouvertures, une de chaque
côté, communiquant avec deux poches glanduleuses qui sécrètent une matière liquide noire répandant une odeur fétide.
Le foie est très volumineux et divisé en cinq lobes très échancrés.
La vésicule biliaire se trouve logée dans le lobe moyen.
Le poumon enveloppe complètement le cœur; le gauche est divisé en trois lobes et le droit est divisé en quatre.
Le tissu pulmonaire du chien est très compact.
Le pénis renferme un os, os pénien, qui donne passage au canal de l'urètre.
Le chien répand une odeur suigeneris qui ne peut être confondue avec celle d'aucun autre animal.
Il se nourrit, à l'état sauvage, de chair, mais la domesticité ou plutôt la civilisation a changé son mode d'alimentation.
Bien que la nature ait fourni à cet animal des dents coupantes et aiguës pour trancher et déchirer la viande, elle l'a gratifié de dents dont la surface permet le broiement des végétaux et des aliments farineux. Son appareil intestinal, en rapport avec la complexité de l'appareil de la mastication, permet évidemment au chien de vivre de l'un des deux régimes, mais, ainsi que nous l'expliquerons plusloin, il est préférable de soumettre cet animal au régime des omnivores. Le chien boit en lapant, c'est-à-dire qu'il plonge sa langue dans le liquide en recourbant la pointe en dessous et projette ainsi l'eau dans l'intérieur de la bouche.
Sa voix, qui est désignée sous le nom d'aboiement, varie suivant l'impression qu'il ressent, son timbre change sous l'influence des passions, des maladies et va de la plainte au hurlement.
Il fait même entendre des sons intermédiaires exprimant certains désirs, la joie, le mécontentement, le remerciement, la sollicitation et la colère.
Ces différentes intonations sont généralement comprises de leurs maîtres.
Dans la rage, le chien a un timbre particulier qui peut faire reconnaître par une oreille exercée l'existence de cette maladie, même à une assez grande distance.
En voici, au reste musicalement écrite la reproduction :
f|T"r=g=E3=^E^gEggife^^Ë^^
Le chien à l'état sauvage n'aboie pas et, chose remarquable observée et signalée, les chiens domestiques abandonnés et réduits à l'état demi-sau vage, perdent cette voix.
On s'accorde généralement à répéter que le chien n'éprouve pas de transpiration cutanée; ceci n'est pas complètement exact, seulement ce phénomène est loin d'être aussi apparent que chez les autres animaux. En revanche, la langue est le siège d'une salivation abondante qui explique la rareté de la sécrétion des glandes sudoriliques.
Quand le chien s'est livré à une course plus ou moins rapide, sa langue sort de sa bouche et laisse écouler une plus ou moins abondante sécrétion de liquide.
Son odorat est très développé ; on sait par expérience combien cette faculté est remarquable chez la plupart des sujets de cette espèce.
Cette propriété est due au développement considérable de la membrane muqueuse qui tapisse les cavités olfactives de cet animal.
Lorsque le chien est jeune, il urine en abaissant sa croupe et fléchissant ses membres postérieurs ; mais vers l'âge de neuf ou dix mois, les mâles commencent à lever la patte.
Le chien a trois allures distinctes : le pas, le trot et le galop.
Il peut passer de l'une à l'autre de ces allures suivant sa volonté ou celle de son maître quand il y est invité.
Le chien marche en portant toujours son corps un peu de travers.
Quant il veut se coucher il fait, avant de prendre la position du décubitus, plusieurs tours sur lui-mèrne ; on n'en sait pas bien la raison. On suppose que c'est pour l'aider à contourner progressivement et insensiblement sa colonne vertébrale, alîn d'éviter la douleur qu'il pourrait éprouver en se tournant trop brusquement.
La durée de la vie du chien est de douze à quinze ans, bien que l'on en ait vu atteindre l'âge de dix-huit et même de vingt-cinq ans, mais ces faits de longévité ne sont que l'exception.
MOYENS PE RECOS>AlTr,E L AGE DU CHIEN
Avant de nous occuper de la reproduction, de l'élevage et de l'hygiène du chien, nous allons exposer rapidement les caractères qui peuvent servir à reconnaître son âge.
La connaissance de l'âge du chien, comme chez les autres animaux domestiques, est fournie par les changements qui surviennent dans la forme des dents.
Nous n'avons pas à revenir sur ce que nous avons dit, sur le nombre et les divisions des dents de l'animal qui nous occupe. Ajoutons simplement que les incisives du nulieu sont désignées sous le nom de pinces et que leurs voisines sont nommées mitoyennes, que l'on réserve le nom de coins aux suivantes et que les canines sont les crochets.
Les jeunes chiens viennent au monde avec toutes leurs dents de lait et, dans le cas où cela n'a pas lieu, elles apparaissent à coup sûr au plus tarddans la première quinzaine de la naissance.
Vers l'âge de deux à quatre mois, les pinces et parfois les mitoyennes des deux mâchoires tombent pour laisser apparaître les dents de remplacement ou d'adultes qui sont toutes sorties, suivant les races, de cinq à huit mois.
A cette époque on dit que la gueule du chien est faite, c'est-à-dire que toutes les dents d'adultes sont sorties.
Les incisives de remplacement sont d'un beau blanc, leur bord antérieur est divisé en trois lobes dont celui du milieu fait saillie, les deux autres ont l'apparence de petites entailles creusées sur les côtés du lobe médian.
Cette découpure forme ce que l'on nonnne la lleur de lis dont l'usure progressive indique le rasement de la dent et fournit différents caractères mis à profit pour la détermination de l'âge.
A un an. Incisives et crochets sont blancs et intacts, la membrane muqueuse de la bouched'un beau rose.
A Ih mois. Les pinces inférieures connnencent à s'user, mais toutes les dents conservent leur blancheur et la gueule est toujours rosée.
De 18 mois à 2 ans. Les pinces inférieures sont rasées, les mitoyennes inférieures connnencent à s'user.
De 2 ans 1/2 à 5 ans. ha fleur de lis des mitoyennes inférieures est elTacée.
Les pinces supérieures commencent à présenter de l'usure, la gueule est moins fraîche, moins rosée, la blancheur des dents disparaît, elles deviennent plus ternes.
De 3 ans 1/2 à 4 ans. Les pinces supérieures sont rasées, les dents deviennent d'uu blanc sale et les crochets commencent à jaunir.
De A à 5 ans. Les mitoyennes delà mâchoire supérieure sont rasées, les dents deviennent d'un jaune plus foncé. Dans cet âge on remarque qu'à six ans les coins deviennent jaunes ainsi que les crochets et qu'ils s'usent sur leurs points de contact.
Plus tard les dents s'écartent, deviennent noires, se couvrent détartre et s'usent de plus en plus. Ces caractères peuvent varier d'après le mode d'alimeutation des chiens, c'est-à-dire que les animaux qui rongentbeaucoup d'os paraissent, à l'inspection des dents, plus vieux que ceux qui sont nourris de soupes et de pcàtées.
En dehors de ces caractères et arrivés à un certain âge on peut remarquer que les vieux chiens grisonnent, que leurs formes changent d'aspect jusqu'au moment où l'on voit apparaître progressivement les caractères de la vieillesse et de la décrépitude.
Les animaux en vieillissant sont moins vifs, ils entendent et voient moins bien, certaines parties de leur corps se dépilent, ils se déplacent difficilement et l'on ne tarde pas à voir survenir toute la cohorte des maladies propres à la vieillesse : affeclions chroniques de la peau, catarrhes, rhumatismes, asthme, etc.
REPRODUCTIOX.
Dès l'âge de neuf à dix mois les chiens commencent à être en état de se reproduire, mais chaque fois que l'ou voudra perpétuer une race ou chercher à en former une, il faudra bien se garder de permettre l'accouplement aux chiens et aux chiennes avant qu'ils n'aient atteint l'âge parfaitement adulte, c'est-à-dire avant qu'ils ne soient arrivés au moins à deux ans.
Les mâles et les femelles trop âgés devront aussi être rejetés de la reproduction.
On devra aussi ne jamais unir deux animaux ayant entre eux disproportion de taille : il en résulte souvent des accidents pendant l'accouplement, la parturition est aussi quelquefois rendue plus difficile, sinon impossible et, dans tous les cas, les sujets qui en résultent sont toujours mal conformés.
Il va sans dire que les reproducteurs que l'on veut marier seront toujours vigoureux, exempts de maladies, bien conformés et de qualités supérieures, même chez les ascendants.
On a prétendu que le premier accouplement a une influence remarquable sur les produits des autres gestations.
Tous les auteurs ne sont pas bien d'accord sur ce point..
Gobin, dans son Traité de Véconomie du bétail a dit, à propos du chien :
(( 11 a été reconnu qu'une chienne de race pure, une fois qu'elle a été accouplée avec un chien d'une race croisée, donne encore, dans les portées qui suivent, des chiens dont les caractères de race sont pervertis, alors même (|ue le père était un chien de la même race pure que la femelle. »
jNous ne voulons rien affirmer sur ce sujet.
Un seul accouplement suffit pour que la chienne conc,'oive un assez grand nombre de petits.