DES REGLES QUI DOIVENT PRESIDER A LA REPRODUCTIO.V
Nous avons de belles et vieilles races qui répondent à tous nos besoins et à tous nos désirs et nous devons faire tous nos efforts pour arriver à les conserver telles que nous les connaissons.
Pour remplir ce but, il faut se pénétrer de l'existence de certaines lois en dehors desquelles toutes tentatives risquées par l'homme ne donnent que des résultats problématiques, souvent négatifs, véritables mécomptes.
Rappelons avant toute chose ce qu'en histoire naturelle on nomme espèce et race.
L'espèce, disent la plupart des naturalistes, est une collection d'individus capables d'accouplements féconds et transmettant à leurs produits une ressemblance d'une fixité parfaite.
Le nom de races a été donné à des variétés de l'espèce qui, sous l'in-
ZOOTECHNIE ET IIYGlEiNE DU CHIEN. 311
IlueRce de conditions déterminées, sont capables de se reproduire par la génération et avec des caractères constants et fixes.
Les caractères qui constituent la diiïérence de races ne portent que sur des détails particuliers, sans qu'il y ait modification radicale de l'espèce. C'est ainsi que ces différences se font remarquer dans le change ment de la robe, les qualités du système pileux, certaines transformations d'une ou plusieurs régions, des aptitudes toutes spéciales.
Mais toujours, pour qu'il y ait race bien avérée, il faut (pie ces modifications devenues des caractères se reproduisent infailliblement par la génération.
Disons qu'en pareille circonstance les parents transmettent à leurs descendants leurs qualités et leurs défauts, ainsi que leur conformation.
La loi qui régit ce pliénomème a reçu en physiologie le nom d'hérédité.
On nomme hérédité le phénomène en vertu duquel les ascendants transmettent à leurs descendants, sous l'intluence de ce que l'on appelle la puissance héréditaire, leurs caractères zoologiques ou zootechniques, de même que certaines aptitudes physiologiques.
Pour bien se rendre compte de cette puissance héréditaire, il faut l'envisager sous toutes ses formes.
11 faut savoir tenir compte de l'influence de l'individu ou de l'hérédité individuelle, de celle du sexe, hérédité sexuelle, de celle delà parenté des sujets accouplés, que l'on désigne sous le nom de consanguinité, et enfin de Vatavisme, qui n'est autre que l'hérédité de race.
11 ne faut pas oublier que ce qui prime tout au point de vue de l'hérédité c'est la loi des semblables : Simile seniper parit siii similc, le semblable engendre toujours son semblable.
Il ne faut pas s'attendre à autre chose et ne pas compter sur ce que tant d'auteurs, qui se sont occupés de l'économie du bétail, appellent l'appareillement. Dans l'esprit de ces auteurs, il existerait une méthode de compensation qui permettrait d'obtenir, par hérédité, la correction d'imperfections de formes ou d'aptitudes par l'accouplement d'un des sujets jouissant de formes ou d'aptitudes opposées aux défectuosités et imperfections de l'autre.
Il ne faut compter en pareille circonstance sur autre chose que des éditions nouvelles de l'un ou de l'autre des individus accouplés.
GESTATION. — PARTLRITIOX. — SOINS A DONNER A LA MÈRE PENDANT CES ÉPOQUES.
Dès que la lice aura été couverte, on devra la tenir enfermée jusqu'à disparition complète des signes de chaleur,
A partir de ce moment si l'accouplement a été suivi de fécondation, la chienne entre en état de gestation.
A cette époque l'abdomen a acquis plus de développement et il commence à descendre.
La durée de la gestation varie de soixante à soixante-trois jours (environ neuf semaines); dans tous les cas eUe ne dure jamais moins de soixante jours et fort rarement plus de soixante-trois jours.
Pendant toute la durée delà gestation, la lice devra recevoir une nourriture substantielle et abondante, elle devra être soumise à un exercice journaber fourni par la promenade; mais dans tous les cas il faudra éviter la fatigue.
On devra lui affecter un local propre, bien aéré, éloigné du bruit et inaccessible aux autres animaux.
On ne tarde pas à remarquer le développement progressif des mamelles qui dans les derniers moments sécrètent déjà du lait. A cette époque le développement du ventre s'accentue de plus en plus, la chienne devient lourde, elle marche avec une certaine difliculté et reste souvent et longtemps couchée ; pendant toute cette période l'appétit se développe de plus en plus.
Une quinzaine de jours avant la mise bas, il faut redoubler d'attention, laisser l'animal en liberté dans une cour tenant à son logis ou continuer les promenades.
Dès qu'on s'aperçoit que le terme approche, il faut préparer à celle qui va devenir mère un bon ht de paille dans un endroit un peu obscur et dès que l'on voit les coHques survenir la laisser tranquille tout en l'observant cependant, mais sans attirer son attention, afin de savoir si tout se passe normalement.
La chienne met au monde, suivant sa race, de deux à douze et même seize petits.
Les grosses espèces sont plus prolifiques que les petites. Les petits viennent les uns après les autres et ont chacun une enveloppe particulière.
A peine si les petits sont an monde qn'ils cherchent à téter, opération dont ils se tirent généralement à merveille et qu'ils n'interrompent dans les premiers jours que pour crier et dormir.
Lorsque les jeunes chiens naissent, ils ont presque toujours toutes leurs dents de lait, mais leurs yeux sont fermés.
Les paupières sont réunies par une membrane qui se déchire lorsque le muscle releveur de la paupière supérieure est assez fort pour la rompre, ce qui a lieu vers le dixième ou douzième jour.
Ces petits nouveau-nés ont le corps arrondi, les formes empâtées et ne peuvent que difficilement faire quelques pas sans rouler sur euxmêmes.
Nous croyons devoir signaler k cette place un fait très curieux qui n'est pas bien connu, paraît-il, des propriétaires de chiens, car nous sommes souvent consulté à ce sujet par des personnes inquiètes au sujet de leurs chiennes.
Un assez grand nombre de cliiennes ont du lait sans avoir été en état de gestation, et par conséquent sans avoir mis bas.
Elles en ont parfois une si grande quantité qu'il est difficile de convaincre les propriétaires de ces animaux que la mise bas n'a pas eu lieu à leur insu. Certaines chiennes en donnent en effet une assez grande quantité pour pouvoir allaiter plusieurs petits.
Il arrive parfois que les choses ne se passent pas aussi normalement que je viens de l'indiquer et que des complications surviennent.
Ces complications peuvent provenir d'une faiblesse organique de la mère, de l'inertie ou des contractions trop violentes de l'utérus.
Un empêchement contre lequel il faut aussi savoir s'armer provient d'une maladie venant frapper brusquement la mère, elle apparaît souvent sans cause apj)réciable et est connue sous le nom d'éclampsie.
Le mieux en toutes ces circonstances est de recourir aux lumières et à l'expérience du vétérinaire qui seul se trouve toujours armé contre ces obstacles ou accidents.
Il ne faut en pareil cas jamais temporiser.
',lk Ui CHIEN.