CHIENS SAUVAGES OU DEVENUS SAUVAGES
Les chiens sauvages hurlent, mais n'aboient point ; leur voix se rapproche de celle du renard.
Ils se rencontrent dans toutes les parties du monde. Parmi les races propres à l'Asie nous citerons :
Le Coisun ou Dole [Canis familiaris indicus) ou {Canis du khunensis). — Ce chien rapproche par ses dimensions et ses formes générales d'un lévrier de moyenne taille. Son poil est brun roussâtre, plus pâle sous le ventre, mais plus foncé aux extrémités des pattes, du nez et de la queue; cette dernière est pendante et touffue.
Il vit enmeutes dans les jungles, sur la côte deCoromandel, le Dekhan, Balaghad, Hyderabad. Ainsi réunis les chiens Dhole ou Dole chassent le sanglier, la gazelle, le léopard ; ils ne craignent même pas d'attaquer le tigre et l'ours.
Ils s'enfuient à l'approche de l'homme, à moins cependant qu'ils ne soient l'objet d'agression de sa part.
Chien de l'Himalaya. Le Buansu [Canis familiaris himalayensis) ou [Canis primœvus). — Ce chien vit de la chasse qu'il fait avec une grande activité. Il poursuit le lièvre, le buffle, les antilopes et attaque même les carnassiers les plus redoutables. 11 ressemble beaucoup au Dole, mais il est plus poilu et n'a que six molaires à la mâchoire inférieure.
L'Adjack [Canis rulilans). — A la plus grande analogie comme expression avec le loup; c'est à coup sûr le chien le plus farouche.
Le chien de Sumatra [Canis sumalrcnsis). — Se rencontre dans les forêts de Sumatra.
Le chien de ;Java ou >'ippon [Canis javanicus). — L'Afrique possède aussi deux races de chiens sauvages.
Le Dihb [Canis aiilhns). — D'origine fort ancienne, ainsi que le prouvent les têtes que l'on a trouvées dans l'ancienne Egypte, il a été considéré par beaucoup de naturalistes comme la souche du chien domestique.
Le chien Gabéru [Canis simensis). — Sa tête rappelle celle du renard,
il est de h taille d'un gros chien de berger, il a une queue touffue noire à sa terminaison; son dos et les cùlés de son corps sont d'un brun roussàtre, la poitrine et le ventre sont blancs.
Il se rencontre en assez grand nombre en Abyssinie, surtout dans le Kolta où il est très redouté des indigènes à cause des déprédations qu'il commet sur leurs troupeaux.
Il chasse au besoin l'antilope, et à défaut d'autres aliments il se contente de charognes.
II n'est pas dangereux pour l'homme.
L'Australie offre deux chiens sauvages très analogues.
Le Dingo ou chien de la Nouvelle-Hollande {Canis familiaris Ali&~ tralipe). — Découvert pour la première fois aux environs du port Jackson par Peron et Lesueur.
Il a la taille du chien de berger, la télé du mâtin avec le pelage du renard, c'est-à-dire roux pâle mélangé de poils noirs. Il attaque le kanguroo, mais c'est un voleur de bestiaux, ce qui le rend redoutable et fait qu'il est traqué par tous les moyens possibles; mais c'est surtout à l'aide des pièges et de la strychnine que l'on arrive à le détruire. 11 est très méfiant et se laisse difficilement assez approcher pour qu'on puisse l'atteindre avec le fusil.
Le Kararahe de la Nouvelle-Zélande. — Diffère peu du Dingo, dont il possède au reste les mœurs.
Dans l'Amérique du Sud on trouve le Chien du Dampas ou Agiiara. — Ce chien de couleur grise, plus foncée sur le dos, a l'habitude de vivre en terrier. Malgré l'opinion de quelques auteurs il ne descend pas du chien domestique abandonné par les Espagnols.
Il a été assez longuement question dans la première partie de cet ouvrage des chiens marrons de l'Europe méridionale pour que nous puissions nous dispenser d'en parler de nouveau.
Du reste ce qui a été dit sur eux se rapporte complètement aux mœurs des chiens tartares.
1° Chiens mâtins.
Les chiens mâtins dont nous avons donné en tête de ce chapitre les caractères zoologiques distinctifs comprennent les races suivantes :
Mâtin proprement dit (Canis laniarius). — C'est le chien de garde par
excellence, quoiqu'il ait été autrefois employé pour la chasse à la grosse bête. Ses formes sont trapues, sa taille haute ; il a le poil court de couleur ordinairement fauve, souvent bronzé, c'est-à-dire marqué de rayures noirâtres. Certains sujets sont d'un blanc gris, plus ou moins foncé, et d'autres sont noirs.
Grand danois {Canis familiaris danicus major). — Plus grand de taille, les formes plus épaisses que le mâtin, le danois est un véritable géant de la race canine. Sa robe est grise, souvent de couleur souris et parfois mélangée de brun, de gris et de noir; ses oreilles sont étroites, courtes, légèrement pendantes ; ses yeux sont souvent vairons. Il se rencontre surtout en Danemark et en Russie, il commence à être de nouveau recherché en France par certains amateurs, il est fort à la mode en Angleterre où on l'estime à cause de sa vigilance comme gardien et de son excellent caractère.
Le danois moucheté (Canis familiaris danicus). — Chien purement de luxe dont les formes sont plus déUcates ; se caractérise par une robe blanche marquée de nombreuses taches noires rondes. 11 était autrefois le complément obligé et accessoire des attelages élégants. On le rencontre encore très souvent en Angleterre. 11 est souvent désigné sous le nom de Chien de Dalmatie.
Les Lévriers (Canis familiaris (jraius). — Les lévriers sont tellement connus de tout le monde qu'une description trop détaillée en semble complètement superflue.
Le lévrier se reconnaît à son museau allongé, son front bas, ses longues jambes minces, son ventre relevé, typique, la hauteur et le volume de sa poitrine, ses oreilles demi-pendantes, l'aspect soyeux de son poil et par-dessus tout ses formes sveltes et élégantes qui ne permettent la confusion avec aucune autre race.
Tout dans sa conformation fait pressentir une aptitude rare, exceptionnelle pour la course et explique sa supériorité pour la chasse à courre, surtout pour celle du lièvre ou de la gazelle.
Il a la vue et l'ouïe très développées, l'intelligence assez bornée; il adore les caresses, mais en égoïste ; peu lui importe qui les lui prodigue, il ne fait pas un cas particuher de celles de son maître ; pourvu qu'il n'en soit pas privé, il est heureux et le témoigne.
Il jouit d'une grande estime parmi certains peuples tels que les Arabes, les Kabyles, les Persans, les Syriens, les Indiens, les Tartares.
Parmi les lévriers, les uns sont à poils ras et les autres à longs poils. Nous devons ici nous borner à les nommer.
Le Lévrier d'Afrique ou chien nu {Ca7iis africamis). — Dont la peau est d'un noir sale, gris par endroit et présentant des taches couleur chair. Sa hauteur au garrot est de 33 centimètres, la longueur de son corps de 66 centimètres et sa queue de 28 centimètres. On le suppose originaire de l'Afrique centrale; ce fait explique pourquoi il vit difficilement sous notre climat.
Le Lévrier de Kordofan. — D'un courage remarquable les lévriers de Kordofan protègent, la nuit, les villages contre les attaques des fauves, même du lion. Ils grimpent d'une façon merveilleuse sur les murs et les toits des habitations où ils se tiennent en observation.
Au moindre signal de l'un d'eux, tous les chiens quittent leurs postes pour se réunir et combattre l'ennemi commun.
Le Lévrier de Grèce {Canis grains). — Xénophon l'a signalé comme existant de son temps à Athènes. 11 a un aspect sauvage et sa taille est de 75 centimètres.
Le Slougui ou lévrier d'Arabie. — Remarquable par sa haute taille et sa couleur fauve. Il n'a jamais dépassé le Sahara.
C'est le seul chien qui jouisse de la considération, de l'amitié et de l'estime de l'Arabe.
Aussi sa reproduction est-elle surveillée avec autant de soins que celle des chevaux du plus haut prix.
C'est le compagnon inséparable de son maître, dont le plus grand plaisir est la chasse de la gazelle.
« La mort d'un slougui, a écrit le général Daumas, est un deuil pour toute la tente : femmes et enfants le pleurent comme une personne de la famille. C'était quelquefois lui qui suffisait à la nourriture de tous. Aussi, celui qui nourrit une famille ne se vend jamais, il s'accorde quelquefois aux supplications des femmes, des parents ou des marabouts vénérés...
« Le slougui du Sahara est de beaucoup supérieur à celui du Tell. Les lévriers les plus renommés dans le Sahara sont ceux des Hamianc, du Oulad-sidi-chikh, des Harar, des Arhâa, des Oulad-naïl. »
Le Lévrier de Perse.— Généralement fauve ou isabelle, parfois blanc,
est un magnifique animal, employé de concert avec le faucon à la chasse de l'antilope. On s'en sert aussi pour la chasse du sanglier et de l'hémione ainsi que celle du chacal.
Le Lévron ou Lévrier d'Italie. [Canis d'Italie). — Le plus gracieux et le plus minuscule des lévriers ; blanc ou isabelle clair, très recherché comme chien d'appartement.
Chien nu de la Chine et lévrier chien turc. — Dont !a peau est complètement dépourvue de poils, la nuque, l'extrémité des oreilles et de la queue présentant seules des soies raides plus ou moins longues.
Lévrier russe. — Dont le corpsest recouvert de poils longs, grossiers et dont la queue très longue est enroulée en spirale.
Lévrier d'Ecosse. — De grande taille, à poils rougeâtres et blancs mélangés recouvrant sa figure ; oreilles longues et pendantes.
Le lévrier d'Irlande. — A robe blanche ou cannelle. Le Lévrier de Tartarie et celui du Kurdistan à pelages longs, fourrés et rudes.
Chien de berger {Canis famiîiaris domesticus). — L'Europe, l'Asie, l'Afrique, l'Amérique, offrent de nombreuses variétés de chiens destinés à la conduite et à la garde des troupeaux. Il en existe de toutes tailles, de toutes couleurs : mais toutes sont semblables au mâtin, à poils longs hérissés, le plus souvent noirs ou bruns. Ils ont l'oreille courte et droite, la queue horizontale ou pendante.
Les races les plus remarquables de France sont les chiens de Brie, les chiens toucheurs de bœufs.
La Grande-Bretagne offre deux variétés : le Colley d'Ecosse et le chien de berger anglais.
Il nous faut citer le chien des Grisons, le chien loup italien désigné sous les noms de Chien de Calabre ou chien de berger des Abruzzes.
Le chien des Alpes ou chien du mont Saint-Bernard. — Cette variété qui se rapproche beaucoup du chien de berger est le résultat du croisement de la femelle du matin avec le mâle du chien de berger. Il a pris du père son intelhgence et son pelage et il a conservé de lanière la taille.
Le chîen-loup de Poméranie, dif Chien Loulou. — Caractérisé par SOn museau pointu, ses oreilles droites, sa queue touffue; a le poillong et fin, d'un blanc pur, bien que certaines variétés l'aient noir, gris ou fauve.
Il est, à cause de son excessive fidélité et de son grand attachement, employé à la garde des voitures et des habitations. Chacun sait comme il s'en acquitte, mais à la condition d'être toujours tenu en liberté. 11 est incorruptible, mais ne peut supporter l'esclavage. Il a conscience de son devoir et de sa valeur, cela le rend fier.
2° Chiens épacjneuh.
Nous ne reviendrons pas sur les caractères zoologiques des races épagneules.
Ces chiens, les premiers qui aient été employés comme chiens dits couchants, se distinguent par leurs larges et longues oreilles pendantes, leurs poils longs, soyeux et lisses, laineux ou frisés, surtout abondants aux pattes, au cou, aux oreilles et à la queue.
Ils sont surtout employés à la chasse, mais quelques-uns sont purement des chiens d'agrément.
Il faut les diviser: 1° en grands épagneuls de chasse; 2° en petits épagneuls de chasse; 3° en épagneuls d'agrément.
En France on élevait jadis deux races d'épagneuls, devenus assez rares de nos jours : celui dit de Pont-Audemer, dont la robe marron uniforme ou blanc tacheté est très rustique, et l'épagneul à nez double qui a conservé une grande réputation.
C'est surtout en Angleterre que l'élève de ces chiens a été cultivée et que nous trouvons les plus jolies races.
L'Ëpagneul soyeux ou Grand Ëpagneul [Canis exlrarius). — Dont le pelage soyeux varie de couleur, a une hauteur de 40 a 50 centimètres, est originaire de l'Italie. '
Ce chien est très vite, mais se fatigue aisément. Il est d'une grande intelligence. Excellent pour arrêter le faisan et la perdrix.
L'Épagneul d'eau [canis crispus) très élégant, à poils frisés sur tout le corps à l'exception du museau où ils sont courts, ras, d'un brun très franc, parfois noir. Les Romains le connaissaient déjà.
Cet animal semble former la transition entre l'épagneul soyeux et le terre-neuve.
Il est précieux pour la chasse au gibier aquatique à cause de la facilité avec laquelle il va à l'eau. Il est excellent nageur, et même plongeur.