‹ Le chien; son histoire, ses exploits, ses aventuresChapitre 7 sur 83 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Le chien a été honoré, aimé par tous les peuples de la terre; il a mérité cette affection; les services qu'il rend ont fait de lui l'ami des hommes.

Ayant à étudier une espèce si intimement mêlée à la nôtre et qui depuis la formation du monde a vécu de notre vie et n'a cessé d'être utile à notre race, nous devons citer d'abord les légendes historiques auxquelles son existence a donné lieu.

On ne cesse de commenter et d'expliquer les mythes et les légendes cosmogoniques des divers peuples de l'antiquité; il n'est pas moins intéressant de rappeler le grand rôle joué dans les temps les plus reculés par les chiens.

La vénération ou la crainte qu'ils ont inspirées, les super-

stitions dont ils ont été l'objet, les honneurs qu'on leur a rendus prouvent qu'ils occupaient une place importante dans les sociétés aujourd'hui disparues.

Il n'existe point de nation qui ne se soit préoccupée de ces quadrupèdes et qui ne leur ait assigné un rôle particulier dans son histoire.

De tous les animaux le chien est sans contredit celui dont il est le plus fréquemment question dans les anciens auteurs.

D'après Éliézer il aurait été connu des fils d'Adam; ce fidèle serviteur d'Abraham a en effet rapporté que le corps d'Abel, abandonné par Caïn à la merci des bêtes féroces, fut défendu par le chien commis à la garde de ses troupeaux.

Le Livre de Tobie et le Deutéronome s'occupent fréquemment des chiens. Celui de Tobie est célèbre : il fait un longvoyage pour venir annoncer au père aveugle la prochaine arrivée de son fils et la fin de ses malheurs. Déjà le chien est le symbole du dévouement.

Chez les Égyptiens le chien est adoré, révéré parce qu'il avertit l'homme, parce qu'il est considéré comme un ami.

On a retiré des nécropoles de l'ancienne Egypte un grand nombre de chiens embaumés. Ces animaux étaient pleures et ensevelis avec grande pompe; ils donnèrent naissance à une divinité.

Anubis était un dieu égyptien adoré sous la forme d'un chien, ou sous la forme humaine avec une tête de chien.

Si l'on en croit Plutarquc, Anubis était fils d'Osiris et de Nephthys sa sœur, unie au dieu Eyphon. Isis ayant découvert qu'Osiris s'était approché de Nephthys par erreur, chercha l'enfant qui était né de cet adultère et que Nephthys avait abandonné par crainte de son époux; elle le découvrit à l'aide de ses chiens et prit soin de son enfance.

Lorsque plus tard Isis courut à la recherche du corps d'Isiris que Typhon avait assassiné, elle eut pour compagnon

■fidèle Anuhis, qui s'était revèlu de la peau d'un chien. Regardé comme le gardien vigilant et inséparable d'Osiris aussi bien que d'Isis, Anubis était associé à ces deux divinités dans le culte qu'on leur rendait. Dans un nome de l'Egypte moyenne, dont la capitale fui nommée par les Grecs Cijnopolis (ville des chiens), il recevait des honneurs particuliers; l'animal qui lui était consacré, comme symbole vivant, le chien, y était nourri aux frais du trésor.

Du reste le culte du chien s'étendait sur toutes les parties de l'Egypte. Juvénal a écrit : oppida tota canem venerantur; dans toutes les villes le chien est vénéré. De son côté Hérodote a constaté que lorsqu'un chien venait à mourir dans une maison, tous ceux qui habitaient cette maison se rasaient la tète en signe de deuil, puis ensevelissaient le cadavre dans des caisses sacrées.

Confondu avec l'animal qui le représentait, Anubis a été en butte aux plaisanteries du satirique Lucien qui, dans un

de ses dialogues, montre Momus voulant mettre cet « aboyeur » à la porte du Conseil des Dieux. Aboyeur, latrator, telle est l'épithète que donnent à Anubis tous les poètes lalins. Properce s'est indigné contre Cléopâtre qui a osé, dit-il, opposer son Anubis aboyeur à Jupiter.

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