SCÈNE IV
MARIE, LE BARON, puis la toIx d'un crieur.
MARIE, arec surprise mêlée d'eflh)i.
Monsieur Hoffmann!
LE BARON, arec un air de bonhomie.
Cfui, Marie, je viens vous voir.
MARIE
Vous, Monsieur?
LE BARON, d'un ton paterne.
Vous servir si je peux.
MARIE, avec un reste de défiance.'
Je ne Tespérais pas. Merci, Monsieur.
LE BARON
Vous sauver, si vous voulez.
MARIE, touchée.
J'ai droit à votre protection. Monsieur , car je suis innocente.
LE BARON, câlinement.
Innocente ou non, n'importe ! Je m'intéresse à la fille de Jacques Didier.
MARIE, dignement.
Si vous mêlez un doute à votre bienveillance, gardez-la, je vous prie !
LE BARON, de plus en plus patelio .
Innocente, soit... Malheureusement ce n'est pas votre conscience qui jugera. Écoutez-moi donc bien, mon enfant; et d'abord excusez les paroles un peu vives de ma surprise hier et celles un peu dures de ma franchise aujourd'hui. Envisagez bien votre position et tâchez d'entendre raison. Être et paraître sont deux... et toutes les apparences vous chargent fatalement... C'est du moins l'avis du bâtonnier de l'ordre que je vous ai pris pour avocat. Le cas lui semble douteux, l'adoption suspecte et le meur-
Ire certain. L*enfant ne fût-il pas le vôtre, n'en est pas moins tué... et l'on peut croire que vous vous en êtes défaite, après avoir reçu de quoi l'élever. Misère, conduite, liaison, victime, vous êtes prise dans un réseau de circonstances fâcheuses, depuis le bal jusqu'aux visites d'Henri qui vous nuisent encore. . . enfin, pour comble, vos rapports avec l'assassin de votre père, ce chiffonnier Jean .
MABIE, avec explosion.
Lui, Monsieur... Assassin, comme moi.
LE BARON
Arrêté comme vous.
MARIE
Ah ! n'avais-je pas assez de mon malheur?
LE BARON
Tout cela, sans doute, n'est pas preuve absolue, mais présomption grave qui rend le crime vraisemblable sinon vrai, et la peine probable sinon sûre. Prenez garde! la loi est stricte, l'instruction pénible et la justice sévère.
MARIE
Vous me désespérez. Monsieur.
LE BARON
Ce n'est pas mon intention, au contraire ; et si vous voulez en croire ma prudente affection pour vous, aider mon influence par un peu de confiance, je pourrai quelque chose pour vous, beaucoup même ; mais 'rien sans cela.
MARIE, comme fascinée.
Je vous écoute, Monsieur.
LE BARON
Dans un cas aussi louche, dit encore l'avocat, il s'agit, non de braver la justice, mais de la fléchir.
MARIE
Qu'entendez-vous par là?
LE BARON
La justice est indulgente au repentir et pardonne à l'aveu qui le prouve... A cette condition vous aurez votre grâce.
MARIE, fièrement.
Monsieur, je ne demande ni pardon, ni grâce. Je n'ai à