ACTE QUATRIÈME
MARIE
Ah ! vous me torturez I
LE BARON
Le médecin n'est pas le bourreau... et vous êtes assez forte pour endurer un remède pénible, maïs salutaire. Moins faible et plus sage qu'Henri, pesez donc bien mes dernières paroles d*ami pour vous et pour lui. Mettons tout au mieux, vous voilà tous deux libres, mariés, heureux. Combien de temps ? Croyez-vous donc l'amour éternel ? Hélas I pas plus que la beauté. L'amour sans pain vit peu; le sien moins qu'un autre. Je ne donne pas six mois à Henri pour regretter bien, rang, monde; bref, le mariage de raison sacrifié au mariage de folie... Malheureux, il vous reprochera sa mésalliance, vous maudira de vous avoir tout donné et de n'avoir rien reçu, rien qu'un amour vide, une joie éphémère, une dot perpétuelle de ruine et de honte, une femme traînée devant la justice et flétrie de cette publicité horrible qui remplace la marque...
LA VOIX d'un GRIEUR, au dehors.
Voilà ce qui vient de parîutre !... l'arrestation de Marie Didier...
LE BARON, regardant à sa montre et à la pendule. a part.) Exact. (Haut.) ÉcOUtOZ !