‹ Le Chili et la Guerre;Chapitre 5 sur 8 · SILVA VI LD OSÓLA · texte numérisé non relu

SILVA VI LD OSÓLA

En somme, le pays vivait de ses douanes ou, pour être plus exact, du revenu du droit sur l'exportation du nitrate de soude.

Pour augmenter directement les revenus, il y avait deux chemins parallèles : la création d'un système d'impôts complet et une meilleure administration des revenus existants ou une réorganisation des services.

On commença par le plus facile : on restreignit les dépenses et l'on imposa une diminution générale de tous les appointements aux emplo5^és publics, premier sacrifice d'ordre général dont la guerre frappait toute une classe de la nation, sacrifice grave dans un pays où l'action de l'Etat a un grand développement, où celui-ci possède des propriétés considérables et occupe des milliers d'individus de toutes les catégories.

Avant la guerre, on avait créé un impôt sur les tabacs et sur les alcools ; on réussit à faire rétablir l'impôt sur les successions qui avait été très combattu ; on introduisit dans les chemins de fer, dans les contributions des tabacs et des alcools, dans le produit du papier timbré, des timbres de la poste et des billets, quelques réformes sérieuses destinées à augmenter le revenu que l'on en obtenait.

Les résultats ont été absolument inespérés : presque tous les revenus fiscaux du Chili se sont accrus dans des proportions considérables ; cela prouve que le pays peut supporter sans peine de nouveaux impôts et organiser son système tributaire sur une base plus rationnelle et plus démocratique.

I^es chemins de fer donnent maintenant un bénéfice, de sorte que cette entreprise se suffit à elle-même et n'exige plus aucun sacrifice du Trésor. Bien qu'ils aient été augmentés, les tarifs continuent à être modérés ; cela s'explique par le fait que le réseau central des chemins de fer du Chili passe par la zone agricole et que les membres du Congrès, suprêmes dispensateurs de tout bien, sont en grande majorité agriculteurs et ne veulent pas que leurs produits soient grevés d'une augmentation du prix des transports.

Ce réseau central s'administre maintenant comme une entreprise autonome ; cela a pu lui donner une certaine indépendance, bien qu'on ne soit pas arrivé à le débarrasser complètement des influences politiques qui ont été pour lui tme cause traditionnelle de perturbation.

De cette façon, et grâce à des mesures de sage prévoyance tendant, non seulement à remédier au mal présent, mais à éviter de nouveaux dangers à l'avenir, le Gouvernement du Chüi a fait face à la crise dont la guerro avait frappé ses finances. Lorsque, au milieu de l'année 1915, arriva l'échéance pour le paiement de bons du Trésor émis à Londres pour une valeur de deux millions de livres sterling, le Gouvernement chilien trouva dans son crédit les ressources nécessaires pour faire face à cet engagement ; il n'eut pas besoin de se mettre à l'abri de la crise mondiale, comme d'autres l'avaient fait, pour éluder ce devoir.

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