‹ Le Chlorhydrate Double de Quinine et d'Urée dans le Traitement des VaricesChapitre 10 sur 36 · PREMIÈRES PUBLICATIONS DE SICARD · texte numérisé non relu

PREMIÈRES PUBLICATIONS DE SICARD

Nous avons vu, dans l'historique du traitement des varices, que Delore au Congrès de Chirurgie de Lyon en 1894, exposa en la défendant, la méthode des injections coagulantes et sclérosantes par la liqueur iodotannique. Cependant, après ce Congrès, comme nous l’avons pu remarquer, ces procédés locaux furent abandonnés en France, et remplacés par les méthodes chirurgicales, qui entre les mains de Schwartz, Alglave, Pierre Delbet, devaient donner d'excellents résultats.

Pourquoi cet abandon ?

Cet abandon comme le fait remarquer Sicard peut être attribué à deux causes:

D'une part: Les liquides alors en usage avaient une causticité trop grande et de plus une toxicité propre qui rendaient leur emploi suspect.

D'autre part : Les médecins de cette époqueétaient peu familiarisés avec la technique des injections in- | tra-veineuses, ils commettaient de nombreuses erreurs

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RE D ni née Dore de technique, et par suite favorisaient la production d’escarres locales plus ou moins douloureuses et toujours longues à guérir.

Ce traitement des varices a été inspiré à Sicard par l’action fibrosténosante observée par lui pendant la guerre après l'injection intraveineuse de solution de 606 hyperalcalinisée par la soude et par certaines des solutions sodiques de disodo-luargol.

C’est par la soude qu’ils contenaient que ces produits novarsenicaux se montraient irritants pour l’endothélium veineux. Cette sclérose était évidemment fâcheuse au cours d’un traitement antisyphilitique, elle atteignait le but souhaité si elle était dirigée contre des varices dont on voulait obtenir l’oblitération.

« Ce processus de sclérose comme le dit Sicard s’établissait sans douleur, sans œdème, sans gêne motrice, sans troubles trophiques, sans la moindre apparence de réaction phlébitique ». Il n’observa jamais de processus migrateur. je

Sicard eut le grand mérite d'exploiter en quelque sorte cette propriété des solutions sodiques, et en 1918, il entreprit le traitement des variqueux à l’aide d’un sel de soude : «le carbonate neutre de sodium cristallisé officinal ».

Ce sel qu'on emploie depuis plus de quinze ans dans le traitement des accidents acidosiques du diabète est inoffensif comme toxicité puisque la dose mortelle pour l'animal est de 7 à 8 fgrammes par kilogramme de poids. Le Codex dit à son sujet « qu'il est antigraveleux et antiarthritique». Il jouit également de pro-

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priétés antianaphylactiques qui l'ont fait employer avec succès dans les crises de migraine, l'asthme, Purticaire ainsi que dans Certaines affections prurigineuses. C’est un très bon phlébosclérogène. L'oblitération veineuse est effectuée dès le lendemain sur une longueur de 10 centimètres environ, quelquefois plus. La technique employée par Sicard était la suivante :

La circulation veineuse où siègent les varices est isolée entre deux liens constricteurs, deux tubes de caoutchouc moyennement serrés, par exemple, situés à 20 ou 30 centimètres l’un de l’autre. Précautions d’asepsie prises, on pratique la ponction veineuse qui doit être faite d’une façon impeccable et on injecte pour la première piqûre 5 à 10 centimètres cubes d’une solution à 5 0/0. Par la suite, on peut élever le taux de la solution à 10 et 20 0/0 et injecter de 10 à 20 centimètres cubes. Ces injections sont répétées à deux ou trois jours d'intervalle.

Cette médication dont les succès ne se comptent pas, doit cependant être appliquée suivant une technique rigoureuse, impeccable, si on veut éviter des accidents. En un mot, l'injection doit être rigoureusement intraveineuse.

Au point de vue général, aucune réaction n’apparaît, on peut noter quelquefois, deux ou trois heures après l'injection des phénomènes de choc hémoclasique de Widal, incident, dont il est bon de prévenir le patient, mais qui ne se reproduit pas aux injections suivantes.

Localement, pendant l’injection, le vaisseau s’et-

face sur un trajet plus ou moins long, et, pendant quelques minutes, on peut même voir le segment sus-jacent se creuser en gouttière, en même temps qu'apparaissent quelques secousses musculaires de voisinage, de la pâleur et de l’horripilation des téguments de Ja région. Ces différents phénomènes s’accompagnent d'une Chaleur vive, véritable sensation de brûlure au point d'injection, en même temps que le malade se plaint d'une crampe parfois vive dont la durée est variable avec le sujet, mais qui ne dépasse pas cinq à six minutes. |

Plus ennuyeux sont les incidents. dus à une erreur d’aiguillage ou de technique. Si Pinjection n’est pas strictement intraveineuse, le liquide sodé se répand dans le tissu cellulaire péri-veineux. Son issue en

“ dehors de là veine peut se voir, soit après l'injection par reflux à travers le trou pratiqué dans Ja paroi veineuse, soit pendant l'injection. Dans ce cas. la quantité de liquide irritant en dehors du vaisseau est plus grande. On s'aperçoit de la faute opératoire

à la présence d'une petite boule d’œdème sous-cutanée, en même temps que le malade accuse une douleur vive, cuisante à ce niveau.

Or, de cette issue de la solution de carbonate de soude en dehors de. la veine, résulte par la suite une escarre profonde et large: les tissus intéressés par le liquide irritant se nécrosent et s’éliminent, à leur place, reste un trou béant qui impressionne toujours d’une façon désagréable et fâcheuse le malade, et dont la cicatrisation est fort longue.

Ce sel, à cause de son pouvoir escarrotique puis-

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sant vis-à-vis du tissu cellulaire sous-cutané devait évidemment être employé avec quelque appréhension par l'opérateur peu entraîné à la pratique des injections intraveineuses. Il n’en reste pas moins vrai que le procédé entre des mains expérimentées offrait de grands avantages: oblitération de la veine le plus souvent sans douleur, sans œdème et n’entravant pas. ce qui est pratiquement très précieux, l’activité du patient. Le procédé est à la portée de tout praticien, ses heureux résultats devaient aboutir à l’extension rapide de la méthode de traitement, et provoquer comme Je dit Louvel dans sa thèse « une éclosion considérable de publications dans la litiérature médicale ».

Les méthodes actuelles employées par la plupart des médecins qui s'occupent du traitement des varices, sont en France au nombre de quatre:

1° Salicylate de soude (Sicard) ;

2° Biiodure de mercure (Montpellier et Lacroix d'Alger) . SE ;

3° Chlorhydrate neutre de quinine (Genévrier) ;

40 Citrate de soude (Troisier).

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