SUITES OPÉRATOIRES. EFFETS PRODUITS
| EFFETS IMMÉDIATS. — À part l’émotivité ou lapau cours de l'injection intra-variqueuse de chlorhydrate double de iquinine et d’urée aucune réaction d’ordre général. Localement, on ne constate ni les phénomènes d’irritation sympathique signalés à propos du carbonate de soude, ni l'apparition d’une crampe légère ou vive, commune à ce dernier sel et au salicylate de soude. Tout au plus, si l'injection n’est pas entièrement intra-veineuse, le contact de la première goutte de la solution avec le tissu cellulaire périveineux produit-il une douleur aiguë, vive, passagère au niveau du point piqué. Cette douleur est très fugitive, elle s'explique par le pouvoir irritant de la quinine qui se manifeste d’abord, pour faire place tout aussitôt à l’action anesthésique de ce sel. L'apparition
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de cette brûlure aiguë et rapide est un précieux indice dans la technique de l'injection intra-veineuse. Faitelle défaut, ce qui d’ailleurs a presque toujours lieu, l'opération a fété pratiquée d’une façon impeccable : apparaît-elle, au contraire au début ou au cours de l'injection, avant même que Von ait vu se produire la petite boule d’œdème révélatrice, on peut être assuré que l'aiguille n’est plus dans la lumière veineuse, et l’on doit ponctionner de nouveau.
EFFETS SECONDAIRES. — Il n’ÿ en a vraiment qu’un seul, commun d’ailleurs à toutes les injections phlébosclérosantes, et que Sicard appelle « l’endoveinite à tendance oblitérante », laquelle, ajoute-t-il, doit être différenciée de l’endophlébite infectieuse classique qui est l'inflammation veineuse causée par des microbes.
Comme l'ont démontré les recherches histologiques de Sicard, Paraf et Forestier, la production du caillot est rare, le processus primitif chimique réside dans la réaction de l’endothélium veineux avec thrombus secondaire. Dans le cas de thrombose complète, on ne constate plus de lumière du vaisseau. Lorsque l'oblitération est partielle, on voit un gros caïllot largement implanté sur la portion pariétale de Ia veine qui a subi l’atteinte irritante du médicament. Ce caillot est formé par un réseau fibrineux enserrant dans ses mailles de nombreux globules rouges et quelques leucocytes, bref, une organisation conjonctive véritable avec des vaisseaux de nouvelle formation pourvus d’un endothélium propre. Dans le but d'étudier le processus exact de cette thrombose,
E.-A. Vandier f
AS
Loue
. Montpellier et Lacroix d'Alger, ont pratiqué un certain
nombre de biopsies et ont obtenu les résultats suivarts, sur des veines prélevées à des temps variables après injection de biiodure de mercure:
Après vingt-quatre heures: Présence d’endophlébite exsudative au tout début.
Après quarante-huit heures: L’endothélium veineux méconnaissable est couvert de minces dépôis fibrineux que pénètrent déjà des pointes d’accroïssement. | |
Après le troisième jour: Endophlébite exsudative oblitérante avec début d'organisation du caillot.
Après le huitième jour: L'organisation du caillot est presque complète, la veine est sclérosée.
Trois mois après: La veine très diminuée de grosseur est transformée en un cordon fibreux où lon reconnaît encore quelques fibres musculaires concentriques.
Ces auteurs concluent donc: « D’une part, à la rapidité d'organisation du caillot qui est pénétré dès sa formation de digitations néoformatives venues de de l’endoveine, d'autre part, à la stabilité de ce caillot qui ne subit ni fonte ni ramollissement, ni dégénérescence granulo-graisseuse, et qui, « encloué » par les proliférations de l’endoveine ne peut devenir mobilisable.» Ceci explique, nous le verrons plus tard, l'absence de processus migrateur, gros ct dangereux accident longtemps reproché à la méthode et qui n’a jamais été observé.
Celte même « endoveinite » est provoquée par lirri-
tation ‘chimique de là solution de quinine-urée. Elle se traduit par l'apparition d’une zone d'’ empâtement au niveau des points injectés. Au bout de plusieurs jours, l'empâtement diffus se limite, et on trouve au lieu et place de la veine un cordon dur, fibreux, non " douloureux qui roule sous 1e doigt. La veine est sclérosée, elle n’est plus perméablé : le but désiré est aticint, FE JR AN ES 4 Ce qu’il importe, en effet, comme le dit Bellot : « C'est de ne pas perdre de vue le but chercné qui
est de réaliser chimiquement le maximum de barrages sur le réseau circulatoire variqueux, exactement com- me on Se propose dé le réaliser par des interventions sanglantes autrement dit, ce blocage doit porter sur tous les points ru’on voudrait attaquer avec le bistouri, sur les troncs, sur l’ensemble des placards serpentins, sur les lacs sanguins, sans oublier les principales voies anastomoliques et les confluents. »
La zone d'empâñtement dont nous venons de parler, et comme nous le verrons dans nos observations, est souvent accompagnée pendant les jours qui suivent l'injection, de rougeur de la peau avec tension des tétumients et douleur spontanée et à la pression à ce niveau. Cette légère réaction qui nentrave point les occupations habituelles du malade, ne le force point au repos au lit, ne S’accompagné pas de phénomènes généraux. Si elle est trop accentuée, quelques compresses chaudes calmeront la douleur, et tout rentre rapidement dans l'ordre.
Ces phénomènes réactionneis locaux témoignent de
la présence d’un certain degré de périveinite associée à l’endoveinite. Ils n’indiquent point un défaut dans la technique opératoire, s'ils sont présents, il y a toujours thrombose consécutive. Ils sont nuls ou légers ou assez accentués, et sont mentionnés dans toutes les méthodes analogues de traitement des varices que nous avons étudiées. Importants et accusés nettement par le malade, ils font prévoir la thrombose étendue et salutaire que l’on désire obtenir.