TROISIÈME ÉPIDÉMIE EN EUROPE
octobre et parvint ainsi à Lisbonne. Plus au nord, elle gagna Macb-id, le 15 août, venant de Valence.
L'importation du choléra en Amérique est surtout intéressante en raison de la distance énorme à laquelle le choléra a été transmis. Une première importation à New- York ne donna lieu à aucune épidémie, grâce à la sagesse des mesures qui furent prescrites.
Voici la relation de ce fait :
V Atlanta, navire anglais, partit de Londres le 10 octobre avec un chargement de marchandises et 40 passagers. L'état sanitaire de Loiidres était alors excellent. Arrivé le 11 au Havre, où il resta seulement un jour, il embarqua 564 nouveaux passagers,la plupart Suisses, ayant tous passé par Paris, où, sauf quelques exceptions, ils avaient séjourné un certain temps. Le choléra sévissait à Paris avec intensité. Deux familles allemandes étaient restées à Paris à l'hôtel de la Ville de New-York, et cinq jours aux hôtels du Weissen Lanim et Hultffarder Ho f.Des émigi'anls arrivés quelques jours avant dans ces derniers hôtels étaient tombés subitement malades. Revenons au navire.
Il était parti le 12, et dès le lendemain il y eut à bord un décès de choléra, sur un petit enfant de la famille venant du Weissen Lamm. Cinq autres décès suivirent, les 14, 16, 18, 19 et 22, dans la famille qui avait habité l'hôtel Hultgarder Hof.
A l'arrivée de V Atlanta, le chirurgien déclara 60 cas de choléra et 15 décès survenus pendant la traversée. Deux décès eurent lieu dans le port, et des 42 malades envoyés à l'hôpital de la marine, du 6 au 19 novembre, 6 succombèrent, ce qui fait un total de 102 cas et 23 dé^ cès. V Atlanta fut immédiatement envoyé et isolé dans
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la baie basse, aucun lazarel n'exislaul à New- York. Dûs que l'hôpital fut disposé, et qu'il y eut eu dix jours de (pjaranlaiuc njjrùs le premier cas, tous les malades y iureiit transportes, et, grâce à ces mesures, New- York fut préservé.
Il y a eu encore d'autres importations en 186G par le bateau à vapeur Virgiiiin et VEngland.
L'épidémie de 1865, qui se montra encore à la Guadeloupe, à la Pointe-à-Pitre, a produit dans toute l'Europe des explosions qui ont été longtemps à s'éteindre.
Je me suis attaché, dans l'étude de l'épidémie de 1865, comme dans les relations précédentes, à montrer surtout l'épidémie à son début et à établir nettement la filiation des premiers cas. C'est là seulement que la marche de la maladie peut ôlre un enseignement utile. C'est ainsi que nous avons suivi, pas à pas, le choléra quittant Recht, longeant le bord occidental de la mer Caspienne pour arriver à Astrakan ; de même nous l'avons vu partir d'Alexandrie et aller infecter successivement les ports où abordaient les navires.
Mais, lorsque l'épidémie est parvenue au centre de l'Europe, l'enchaînement des faits devient plus complexe, et l'étude ne conduit souvent qu'à la confusion et à l'erreur. C'est ainsi que s'expliquent les fausses doctrines répandues sur la transmission à la suite de l'épidémie de 1832.