EXTRAIT SEC
DEGRÉS
hydrotimétriques,
MATIÈRES
organiques.
OXYGÈNE
Seine à 5o mètres en amont
du collecteur . . .
— en aval — ...
Seine, sur la rive gauche à
Asnières à 100 mètres en
Seine, à la prise d'eau de
la banlieue
Bornes-fontaines :
Saint-Ouen
Clichy, route de la Ré-
volte
— Rue du Bac, d'As-
o,oo5oi6
Levallois-Perret. . . .
de potasse et exprimées en acide oxalique. L'oxygène a été dosé par le protoxyde de fer.)
Ces résultats unanimement concordants pour toutes les analyses montrent que l'eau distribuée dans les communes suburbaines, situées en aval de Paris, contient des quantités considérables de matières organiques, la moyenne dépassant 20 milligrammes par litre. C'est une quantité vraiment énorme pour une eau destinée à la boisson, car les eaux pures en contiennent environ 1 milligramme, les eaux utilisables 3 milligrammes. Ce qui doit le plus nous donner à réfléchir, c'est ce fait : l'eau de Seine à Saint-Denis a été analysée il y a une trentaine d'années par Ossian Henry; il a trouvé seulement 4 milligrammes. Ainsi, en trente ans, la Seine a quintuplé sa souillure. D'où vient cette augmentation d'infection ? Certainement, pour la plus grande partie, des matières fécales que l'on jette à l'égout. D'abord, on
avoue que le quart de Paris envoie tout à l'égout, puis l'odorat est là pour confirmer ce fait. Du reste, les matières fe'cales contiennent une quantité' considérable de matières organiques solubles dans Peau surtout après oxydation, et l'oxygène de l'eau de Seine est fortement diminué (0^,004 ou osT,oo5 au lieu de osr,oo8).
Pour savoir approximativement quelle quantité de matières fécales en solution une telle eau peut contenir, j'ai fait l1 expérience suivante : i centimètre cube d'une selle formée par le mélange de la matière fécale et de l'urine d'une garde-robe a été mélangé avec 1 litre d'eau du laboratoire. Cette eau, avant le mélange, contenait i milligramme de matières organiques et 8 milligrammes d'oxygène. Après le mélange, il y avait 3 1 milligrammes de matières organiques et 5 milligrammes d'oxygène. Par conséquent, les matières organiques dosables avaient augmenté de 3o milligrammes, et l'oxygène avait dimi-
nue de 3 milligrammes. Or, si l'on veut bien se rappeler que l'eau, avant le tout à l'égout au temps d'Ossian Henry, contenait seulement 4 milligrammes de matières organiques, on voit que l'eau actuelle en contient 16 milligrammes de plus. Si l'on en prend 7,5, c'està-dire moins de la moitié, pour exprimer les provenances organiques des matières fécales, on verra qu'un individu buvant 2 litres d'eau par jour absorbe 1/8 de centimètre cube de matières fécales par jour et 1 centimètre cube en huit jours. Et certainement nous sommes au-dessous du véritable titre de cette dissolution de matières fécales que le département de la Seine fait boire à ses administrés. Devrait-il être permis, à la fin du xixe siècle, de déverser des matières fécales dans l'eau que l'on donne à boire, et de nous faire réabsorber nos excréments sous forme de boisson ? Et même je demanderai s'il est permis d'arroser les rues avec une eau pouvant contenir des germes morbides
qui se mêleront aux poussières respirables.
Cet état lamentable n'a pas changé en 1892 ; la Seine entre Clichy et Bougival est toujours remplie d'une dissolution repoussante de matières fécales; comme en 1884, les canotiers téméraires qui se risquent en bateau dans ce dépotoir, voient leurs barques soulevées à chaque instant par d'énormes bulles de gaz. Les analyses faites par le Laboratoire municipal montrent qu'à la prise d'eau de Saint- Denis qui alimente une partie de la banlieue parisienne, on constate de 22 à 63 milligrammes de matières organiques. Comme en 1884, on n'avait constaté que 24 milligrammes de matières organiques, il est certain que l'infection de la Seine ne fait qu'augmenter.
On ne distribue plus à Paris de Peau prise à Saint-Ouen, comme on le faisait en 1884. Mais on lui envoie souvent de l'eau de Seine prise à Ivry. On prétend que cette eau est parfaite; c'est une grande erreur. Il en est de
même pour l'eau de la Marne. La Marne reçoit vingt égouts, et la Seine trente-six depuis Corbeil jusqu'à Paris, voici du reste des analyses d'eau de Seine et d'eau de Marne, faites au Laboratoire municipal.
ORIGINE
DES ÉCHANTILLONS
o TJ "E W >i —>
MATIÈRES
organiques
OXYGÈNE
Eau de Seine :
Choisy-le-Roy. — A la
Port d'Ivry. — A la prise
Eau de Marne :
Nogent-sur-Marne. —
Au niveau de la prise
d'eau, à la pointe de
Joinville-le-Pont. — Au
niveau de la prise d'eau.
Les chiffres des matières organiques contenues dans l'eau de Seine et l'eau de Marne
sont considérables. Ces analyses datent de
Celles qui ont été faites récemment montrent que l'infection de la Seine a considérablement augmenté depuis 1884, car on trouve de 18 à 27 milligrammes de matières organiques par litre d'eau prise à Ivry. En ce moment, la Compagnie des eaux veut amener, dans la banlieue de Paris, de l'eau puisée dans la Marne à Neuilly-sur-Marne. Cette eau ne sera pas potable. On continuera à boire une solution de matières fécales; elle sera un peu plus diluée et c'est tout. Il faut à tout prix ne livrer que l'eau de source à la consommation.
Il faut avoir cette eau de source en assez grande quantité pour pouvoir n'être jamais obligé d'envoyer, pendant l'été, de l'eau de Seine ou de Marne dans les tuyaux réservés à l'eau de boisson. Sinon, on infecte la canalisation comme le montrent les analyses suivantes.
go
Voici l'analyse des eaux de la Vanne à Montsouris :
ORIGINE
DES ECHANTILLONS
DEGRÉS
hydrotimétriques.
MATIÈRES
organiques.
OXYGÈNE
Eau dans le tuyau d'ar-
Eau dans le réservoir
Eau dans le réservoir
Borne-fontaine près des
Ces analyses, exécutées au Laboratoire municipal, nous indiquent une eau très potable et de composition fixe à son arrivée à Paris.
En est-il de même de cette eau de source distribuée dans le cœur de Paris ? L'analyse va nous montrer ici des différences très notables :
es
ORIGINE
DES ÉCHANTILLONS
tbi
Borne-fontaine a bouton, vis-a-
vis du n° 233, faubourg Saint-