‹ Le CholéraChapitre 16 sur 26 · X. — LA PHYSIOLOGIE PATHOLOGIQUE · texte numérisé non relu

X. — LA PHYSIOLOGIE PATHOLOGIQUE

Le choléra est une-intoxication. Personne n’hésite plus à admettre cette vérité.

Quelle est la nature du poison? Comment agit-il sur l’organisme? Sur quels systèmes, sur quels organes porte-t-il ses atteintes ? -

Depuis longtemps, les auteurs ont expérimenté sur les animaux; l’ingestion des déjections cholériques a donné des résultats étudiés par Thiersch, Guttmann, Baginski, Ch. Robin, Legros, etc. . ;■"1

En 1884 Bouchard retira des matières intestinales une quantité considérable de matières alcaloïdes, parmi lesquelles il en put isoler une, cristallisant en longues aiguilles. En injectant aux animaux 1 urine des cholériques, il détermina la cyanose, les crampes, la diarrhée, l’hypothermie. L’extrait alcoolique d urine des mêmes malades provoquait la somnolence, 1 albuminurie, la diarrhée et la mort en deux jours

La connaissance du bacille virgule ne tarda pas a faciliter la tâche des expérimentateurs. Presque en même temps, Koch etStraus avaient admis théoriquement l’existence d’un poison soluble, sécrété par ce bacille et absorbé par l’intestin malade.

Nicati et Rietsch, ayant filtré sur le filtre Pasteur des cultures vieilles de huit jours, injectèrent dans les veines des cobayes (plus rarement des chiens) le liquide ainsi obtenu : les animaux eurent des vomissements, de la diarrhée, de la parésie des membres inférieurs, et, à l’autopsie, l’intestin présenta des taches ecchymotiques.

A la deuxième conférence de Berlin, Koch apporta

des observations analogues, faites à l’aide d’un liquide privé de bacilles, comme celui de Nicati et Rietsch, et injecté sous la peau du cobaye : algidité, ralentissement de la respiration, paralysie du tronc postérieur, mort.

G. Poucheta extrait des déjections cholériques et aussi des cultures pures du bacille virgule une substance huileuse, possédant les réactions générales des alcaloïdes et extrêmement toxique.

Villiersa obtenu, en traitant les organes des r cholériques (surtout l’intestin, mais aussi le rein et le foie) par la méthode de Stas, un alcaloïde liquide dont l’odeur rappelle celle des fleurs d’acacia, et qui produit l’arythmie cardiaque et le tremblement musculaire.

V. Gauthier a extrait des liquides de l’intestin une ptomaïne qui déterminait, suivant les doses, une diarrhée passagère ou des crampes, des contractures, des convulsions suivies de mort.

Mêmes effets par l’action de la ptomaïne cristallisable obtenue par Klebs à l’aide de cultures faites sur du poisson cuit.

Mêmes effets caractéristiques dans la seconde série d’expériences de Nicati et Rietsch.

Gamaleïa a isolé deux substances toxiques, l’une vaccinale, supportant la température de 120°, se dissolvant dans l'alcool (probablement une peptone), l’autre précipitée par l’alcool et détruite à 70° (toxalbumine).

Une toxopeptone a été étudiée par Pétri et Scholl. Brieger, Frænkel, Kitasato ont extrait des cultures pures de bacilles virgules des toxalbumines qui donnaient chez les animaux des résultats positifs.

La cadavérine et la putrescine trouvées par Brieger dans les cultures du baciile virgule ne paraissent avoir ici qu’une importance secondaire. Rose, assistant de Quincke, les a cherchées vainement dans les selles riziformes, tandis qu’il les découvrait, au contraire,

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