LA PHYSIOLOGIE PATHOLOGIQUE
dans l’intestin et dans l’urine de sujets qui ne portaient pas le bacille virgule.
Les liquides vomis ont fourni récemment a Alt une toxalbumine semblable à celles de Frænkel et de
Kl pfeiffer pense que la toxine peut n’être mise eu liberté qu’au moment où le bacille lui-même succombe.
D’après Grüber et Wiener, la toxine est bien produite par le bacille, mais aux dépens de 1 organisme infecté.
Tout récemment (1893), Emtnerich et Tsubo'i ont soutenu que l’empoisonnement était dû aux véritables produits de l’activité vitale du bacille, ;cest-à-dire a l’acide nitreux et aux nitrites. '
Le poison, quelle qu’en soit l’essence, deserte rapidement la cavité intestinale où il a été sécrété, pour passer dans les voies lymphatiques et sanguines et se diffuser dans l’organisme. C’est aux centres nerveux
qu’il porte les coups les plus redoutables.
Il faut se rappeler ici ce que j’ai dit a pi'opos des lésions rénales : les canalicules du rem sont oblitérés, les éléments toxiques ne peuvent être entraînés avec l’urine; de là, les accidents d’ordre urémique. Pour quelques-uns, il y aurait une cholémie due aux lésions hépatiques. Ajoutons les accidents septiques admis par quelques auteurs à la période de réaction typhoïde.
Bouchard admet une double intoxication dont il expose le mécanisme et les effets de la manière sui-
Va « A côté de l’infection, il existe, dans la pathogénie du choléra, une intoxication secondaire et conséquente à l’infection. .. , „ -
« C’est à elle qu’il convient d’attribuer la cyanose, la réfrigération, les troubles respiratoires le hoquet, la diarrhée spéciale, la desquamation intestinale, les crampes, la déshydratation des tissus, 1 albuminurie,
1 ^'ôtais bientôt survient une nouvelle intoxication
qui s’associe à la première ou alterne avec elle ; elle se traduit par la torpeur intellectuelle, la diminution du sentiment, la somnolence, le coma. Les pupilles deviennent punctiformes. Le rythme respiratoire est celui de 1 urémie. Cet ensemble symptomatique apparaît avec l’anurie.
,< ( Cette urémie de la période secondaire du choléra n est pas 1 intoxication urémique ordinaire par des poisons issus de quatre sources. II n’y a lieu d’incriminer ici ni l’alimentation, ni les putréfactions intestinales, ni la résorption biliaire. Le poison vient, ici, de la désassimilation.
« Si donc l’on ne voit pas figurer dans l’urémie consécutive au choléra tous les symptômes que nous sommes > habitués à constater dans l’intoxication urémique ordinaire, c est que plusieurs des sources des poisons urémiques se trouvent supprimées...
« La déshydratation a entraîné avec l’eau toute la potasse des plasmas et une partie de celle des éléments anatomiques. Aussi, quand arrive la période de destruction de la matière, ce sont moins la potasse et les matières minérales qui sont surabondantes dans le sang que les matières organiques et extractives...
« En résumé, le choléra nous fournit l’exemple d’une double auto-intoxication : par un produit anormal, c’est l’intoxication cholérique proprement dite ; par des produits normaux, c’est une variété d’intoxication urémique. »
Faut-il chercher à expliquer en détail tel ou tel symptôme ?
Je n’ai pas à revenir sur les résultats trop évidents de la déshydratation du sang et de la déshydratation des tissus, non plus que sur l’anoxémie et la dyspnée qui en est la conséquence.
On a pensé que l'irritation intestinale déterminait par voie réflexe, l'adynamie cardiaque. Marey a invoqué une excitation du grand sympathique pour expli-
LE TRAITEMENT
quer le spasme des vaisseaux sanguins, l’asphygmie, la rétraction des capillaires.
Disons simplement que, si l’intestin résorbe une grande quantité de toxines et si l’organisme n’est pas en état d’éliminer ces toxines par les voies naturelles, l’accès cholérique sera grave ou mortel ; particulièrement redoutables seront les effets de ces toxines sur le système nerveux central.
Que si, au contraire, la dose de poison est faible ou si, étant forte, elle trouve un organisme prompt à l’éliminer, l’accès cholérique sera léger.