VI. — LE DIAGNOSTIC
C’est seulement au début des épidémies que des observateurs non prévenus peuvent hésiter à reconnaître le choléra grave. Dès qu’on a observé quelques malades, le doute devient impossible.
A la période prodromique et pendant le stade phlegmorrhagique, on pourrait songer à une diarrhée
simple, à une indigestion, à une gastro-entérite, à un embarras gastro-intestinal, à une grippe à forme gastro-intestinale, à un empoisonnement par les champignons ou par les viandes avariées, si l’on n’avait pas, à côté des signes cliniques, le secours si précieux de là bactériologie.
Au stade d’algidité, on pourra éliminer facilement les accidents produits par la hernie étranglée, par les péritonites aiguës, par les hémorrhagies externes ou internes. Le collapsus algide consécutif aux crises gastriques des tabétiques (Charcot) etle refroidissement des urémiques sont généralement faciles à rapporter à leur véritable cause.
Si le choléra est sec, on se rappellera, d’après Lasègue, que le gargouillement persistant de la fosse iliaque et l’aspect du ventre ont plus d’importance, au point de vue du diagnostic, que les évacuations intestinales.
La fièvre pernicieuse algide occupe une telle place dans la pathologie des. pays chauds qu’elle cause de fréquentes erreurs. C’est à cette maladie qu’oii songe, en particulier, lorsqu’on constate l’hyperthermie centrale que j’ai signalée dans le choléra foudroyant >/P\et galopant. Dans les rapports sur le choléra écrits
r nos médecins militaires au Tonkin en 1885,
unmler a trouvé souvent cette phrase : « On avait
iriu d’abord à des accès de fièvre pernicieuse et administré dusulfatede quinine. )>
£?/ La suette cholérique, ou cholérasudoral, a été observée, 54it-on, au cours de certaines épidémies. D’après les descriptions des auteurs, il y aurait non pas anurie mais polyurie au début et, d’autre part, les sueurs profuses mettraient fin aux hésitations.
Les empoisonnements ont pu causer des méprises regrettables.
On se rappelle la scène fameuse du livre où Eugène Sue a tiré si habilement parti des événements à jamais mémorables de 1832. Rodin pâlit affreusement