‹ Le choléra, ou, La peste noire [electronic resource]Chapitre 22 sur 30 · GG · texte numérisé non relu

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où se concentre le fluide nerveux du système élaborateur animal de l’organisme humain.

Les nerfs du système ganglionnaire forment de nombreux plexus (réunions de nerfs) qui se distribuent aux organes contenus dans le thorax et l’abdomen et aux parois des vaisseaux sanguins. Ces derniers fournissent la circulation nerveuse des enveloppes des vaisseaux sanguins nécessaires au charriage du sang.

Les nerfs du système ganglionnaire qui se rendent aux organes sont animalisateurs ; ce sont les conducteurs de la pile dont les extrémités sont les pôles animalisateurs. Les nerfs animalisateurs s’épanouissent dans les muqueuses; celles-ci renferment es pôles d’élaboration et sont elles-mêmes élaboratrices ou sécrétrices.

Les nerfs animalisateurs ne s’épanouissent pas seulement dans les muqueuses; ils se concentrent dans les globules, ganglions, glandes, etc., qui tous deviennent animalisateurs, élaborateurs et sécréteurs. L’animalisation est nécessairement en rapport avec la quantité de nerfs qui s’épanouit ou concourt et avec l’activité et l’intensité de la circulation du fluide dans chaque nerf.

Le centre nerveux ganglionnaire principal du grand sympathique est immédiatement en communication avec la principale surface muqueuse animalisatrice qui tapisse l’estomac, ù laquelle elle fournit le fluide nécessaire à la sécrétion du suc gastrique ou du ferment de l’élaboration stomacal.

« Il existe une cause secrète qui préside à toutes les transformait lions des aliments et de leurs dérivés dans la nutrition. Cette « cause réside dans les nerfs, » dit la science.

Celle-ci ne saurait contester sérieusement que le mal cholérique n’ait son origine dans une élaboration stomacale anormale et dans les produits viciés qui en résultent. Aucun homme de bonne foi ne contestera que l’origine du mal cholérique ne soit

dans les variations de la circulation magnétique terrestre, après les preuves que j’en ai administrées dans ce travail. Il est donc incontestable que la cause qui réside dans les nerfs et qui préside à toutes les transformations des aliments est le fluide magnétoélectrique terrestre transformé en fluide nerveux parla conductibilité spéciale des nerfs. Au reste, je vous en administrerai

autant de preuves que vous voudrez, lecteiH’s, car le fait est

évident; il crève les yeux.

Les hommes intelligents et progressistes qui se sont occupés sérieusement du magnétisme anima! ont accumulé tellement de preuves positives de l’existence du fluide magnétique animal, que l’on ne peut les récuser que par la négation sans examen.

Outre les nerfs qui concourent vers les ganglions, glandes, etc., et ceux qui s’épanouissent dans les muqueuses pour former des corps et des surfaces de sécrétions, d’autres s’épanouissent dans toutes les parties du corps et particulièrement vers la périphérie, où ils président à l’animalisation, au développement et à l’entretien.

Prenez des matières animales et végétales en formation ou toutes formées, mais avant qu’il y ait la moindre décomposition; broyez et mélangez ces matières; leurs agglomérats élémentaires différents et différemment chargés échangeront leurs excès du fluide ; il s’établira d’ailleurs dans le mélange une surcharge générale de fluide magnéto-électrique transformatrice, et il en résultera des compositions, décompositions et modifications de certains agglomérats, dont les uns seront simplifiés, d’autres plus compliqués et d’autres détruits.

Les mouvements de transformation ou de recomposition s’appellent, comme je l’ai dit, fermentation ; tandis que la décomposition pure et simple, par perte ou abandon du fluide

magnéto-électrique pris dans l’élaboration végétale ou animale, s’appelle putréfaction.

Si l’on empêche la perte de la surcharge du fluide pris dans l’élaboration, il y a toujours fermentation ; il y a fermentation à plus forte raison, lorsqu’au lieu de perte du' fluide de la surcharge végétale et animale, il y a adjonction de fluide, comme c’est le cas dans la fermentation stomacale et intestinale ou dans la digestion. L’adjonction du fluide ou l’augmentation de la surcharge se fait souvent par l’adjonction du ferment. Cela se fait ainsi dans la fermentation stomacale ou dans la digestion, où le ferment est, comme je l’ai dit, le suc gastrique.

La fermentation la plus simple est celle des matières végétales.

Prenez des fruits qui, formés pendant une saison, l’ont été sous l’influence de courants végétaux variables, faibles, moyens et forts, et qui renferment les agglomérats d’acide acétique, d’alcool, de sucre et de fibre ligneuse; broyez ces fruits, et mettez tous ces agglomérats en contact avec leurs surcharges relativement faibles, moyennes et fortes ; qu’arrivera-t-il?

Rappelez-vous ce que j’ai dit des agglomérats ci-dessus, de leurs compositions (1) et de leurs surcharges magnéto-électriques, et vous verrez à l’instant, qu’il s’établira une surcharge générale, qui sera neutre ou alcoolique, dans laquelle l’excédant de charge du sucre fournira le manque de charge de l’acide acétique. Celui-ci, en prenantla charge neutre, sera forcé d’abandonnerses quatre volumes d’oxide decarbonne 4 C ^/2Q. L’agglomérat du sucre, en perdant sa charge, ne pourra maintenir son extension, et abandonnera son quadruple volume

(1) Acide acétique = IP O H‘ C* -j- C‘ O».

Alcool IP O -f IP C‘.

Sucre = UM) IP C‘ -f C‘ O» -f IP 0.

Fibre ligneux . = IP 0 -j- IP C* -f C‘ 0- -f 2 IP 0.

d’oxide de carbone et son double volume d’eau 2 H. O; l’oxide de carbone se dégagera comme acide carbonique au contact de l’air ou par la décomposition de l’eau, et il ne restera que de l’alcool ; si toutefois la quantité de sucre est suffisante pour fournir la surcharge nécessaire h l’acide acétique et pour décomposer celui-ci tout entier. L’agglomérat plus stable du tissu ligneux, qui d’ailleurs renferme 4 et non 4 H''* comme l’alcool, et qui devrait non pas se modifier, comme l’acide acétique et le sucre, mais se décomposer pour fournir de l’alcool, reste généralement intact.

La fermentation vineuse dépend donc des proportions premières d’acide, d’alcool et de sucre en présence, et de la surcharge moyenne générale magnéto-électrique qui en résulte. Cette surcharge, augmentée ou diminuée, n’importe par quel moyen, modifierait nécessairement la fermentation. Je n’ai pas h m’appesantir davantage sur celle-ci. Quand elle est terminée comme vineuse, si on laisse reposer à l’air le produit liquide résultant, il continue à perdre son excès de charge neutre, et au fur et à mesure qu’il le perdra, il absorbera de l’acide carbonique, qui abandonnera une partie de son oxigène et transformera l’alcool de nouveau en acide acétique.

La fermentation animale stomacale et intestinale, ou la digestion, est plus compliquée de beaucoup que la précédente.

L’estomac est une grande poche qui reçoit des matières animales et végétales, broyées et mélangées, après avoir, à leur passage dans la bouche, été plus ou moins imbibées d’un liquide ou ferment sécrété par les muqueuses et les glandes de la bouche.

Dans l’estomac, les matières alimentaires déjà prêtes à fermenter par elles-mêmes par leur simple mélange, déjà mélangées aux sécrétions de la bouche, reçoivent le ferment prin-

cipal, le suc gastrique, et là se fait l’opération qui transforme les aliments en chyme (1). Là se prépare l’agglomérat élémentaire de l’albumine, qui, plus ou moins modifié, sert à toutes les constructions animales, comme celui de l’alcool sert à presque toutes les constructions végétales.

Le chyme passe de l’estomac dans les intestins grêles, où arrivent sans cesse de la bile (2) et du suc pancréatique (3), qui lui font subir de nouveaux changements et le transforment en chyle (4) et en substances excrémentielles.

Le chyle est absorbé par une multitude de vaisseaux chylifères qui recouvrent les intestins grêles, et ces vaisseaux le le conduisent dans le canal thoracique, qui est le grand réservoir commun de toutes les circulations nourricières, animalisatrices, sanguines et lymphatiques. Là débute le sang comme chyle; de là il part pour aller se compléter dans la poitrine par la combustion pulmonaire {hématose)-, là il se mélange au sang veineux qui, après fait son tour complet, depuis l’hématose dans la poitrine jusqu’aux épanouissements des artères où a lieu l'animalisation, depuis celle-ci jusqu’à son retour par les veines, depuis leurs exlrétiiilés jusqu’à leurs points de départ ou racines, et après avoir repris au chyle ce qu’il a perdu dans ranimalisation, retourne avec lui dans la poitrine pour y être de nouveau vivifié.

L’animalisation comprend donc trois opérations fondamentales la digestion ou fermentation stomacale et ses dépendances; l’hématose ou vivification (décarburation et oxigénation dn sang imparfait veineux mélangé aux matériaux nouveaux du chyle), et l’animalisation proprement dite ou la formation de la

(1) Malifere molle ou espèce de bouillie.

(2) Troisième espèce de fermcnl sécrété par le foie.

(3) Quatrième espèce de ferment sécrété par le pancréas.

(i) Liquide préparatoire du sang qu’il doit catreleuir cl remplacer au fur et à mesure qu’il est employé dans l’animalisalion.

chair et de la graisse. Dana ces trois opérations se forment donc les agglomérats du chyle, du sang et de la chair. Celui du chyle n’est que ravanl-agglomérat du sang ou de l’albumine. Celui de la chair ou le fibrine n’est qu’une faible modification de celui du sang ou de l’albumine.

Toutes les formations animales ou végétales sont globulaires, et constituent des chapelets ou grains, liés par une matière solide cellulaire ou nageant dans un liquide. C’est la construction globulaire, ce sont ces chapelets, qui fournissent les transmissions successives ou conductibilités variées du fluide magnéto-végétal et magnéto-animal ou nerveux. La forme, les dimensions et la construction du grain et de la substance qui les relie, et, par conséquent, l’activité et l’intensité du courant animalisateur, dépendent de l’agglomérat ou de l’élément de construction, qui, lui-même, dépend immédiatement du courant. C’est à dire que celui-ci, dirigeant toute l’animalisation, se crée les éléments de construction, les conducteurs et élaborateurs qui lui conviennent; il constitue et crée les tempéraments qui sont : 1® nerveux ou actifs, faibles ou négatifs ; 2® nervoso-sanguins, moyens ou neutres, généralement les plus énergiques; 3° sanguins, lents, forts ei positifs.

Le courant nerveux actif, faible, relativement négatif, est faiblement animalisateur. 11 donne le tempérament vif mesuré par le pouls le plus accéléré. Il fournit des sécrétions plus acides, emploie plus de matière nerveuse négative que de sang positif; il charrie du sang pauvre; il fait prédominer la circulation nervo-lymphatique sur celle du sang; ses produits fibreux sont peu solides et ses résidus séreux ou lymphatiques sont abondants.

Le courant nerveux ralenti, fort, relativement positif, fortement assimilateur, fournit les sécrétions relativement alcalines, donne le tempérament lent, mesuré par le pouls le moins accéléré; il emploie moins de matière nerveuse que de sang; char-

rie du sang trop riche et trop épais; fait dominer la circulation sanguine sur la lymphatique, etc.

Dans le même sujet, la circulation est une ; en ce sens que la même intensité magnéto-nerveuse domine dans toutes les parties du corps, dans tout l’organisme, et préside à tous les actes de cet organisme.

Le principal de ces actes est celui de la digestion préparant les éléments de la nutrition.

Ceux-ci diffèrent peut-être moins par leur composition et par leur genre de structure élémentaire que par l’énergie avec laquelle la composition se fait, et par la charge magnéto-nerveuse que les éléments agglopaérés absorbent.

L’énergie de la composition est, comme je l’ai dit, en rapport avec la charge nerveuse qui y préside. Elle est la plus grande dans l’organisme sanguin et la moindre dans l’organisme nerveux. L’agglomérat plus énergiquement constitué, plus dense et plus chargé de fluide, fournit des aggrégats, des globules, et des corpuscules plus denses et plus gros.

C’est dans la cornue stomacale et dans ses dépendances que se dessine et se manifeste d’abord l’énergie du courant animalisateur dans la sécrétion du suc gastrique ou du ferment digestif.

Le suc gastrique est acide, dit l’un; il est alcalin, dit l’autre; il est l’un et l’autre, dit un troisième ; il est l’un et l’autre à des moments différents, dit le quatrième, et c’est ce dernier, je pense, qui est le plus près de la vérité, en y ajoutant toutefois que le suc gastrique peut non seulement être plus ou moins alcalin selon les temps et les lieux, mais encore selon le sujet.

Le suc gastrique sécrété plus abondamment sous l’influence du courant nerveux énergique de l’homme au tempérament sanguin est en tout temps plus alcalin, donne meilleur appétit, et fournit une digestion plus énergique avec toutes ses con-

séquences, qui se résument en sang riche ou en sang pauvre. Le sang est en réalité riche lorsqu’il est fortement chargé de fluide nerveux, et il est réellement pauvre lorsqu’il n’est que faiblement chargé. Le sang riche fortement chargé est épais et rouge ; il est composé d’un liquide plus épais (sérum) et de globules plus gros et plus rouges (ce sont les globules qui contiennent la matière colorante qui n’est elle-même que de l’albumine et de la fibrine plus chargées de fluide ou plus vivifiées dans l’hématose).

Le suc gastrique plus alcalin sécrété plus abondamment sous l’influence des charges nerveuses plus intenses, qui affluent vers la muqueuse stomacale de l’homme au tempérament sanguin, prépare en tout temps du chyle très nourrissant pour un sang riche. Le suc gastrique plus acide, sécrété moins abondamment sous les faibles charges nerveuses qui affluent vers l’estomac de l’homme au tempérament nerveux actif, ne prépare en .tout temps qu’une nourriture sanguine pauvre. Il va de soi que la nature et l’abondance du suc gastrique varient chez le même sujet avec les variations magnéto-électriques terrestres. Il va de soi à plus forte raison qu’elles varient avec l’âge du sujet, attendu que la circulation nerveuse elle-même se modifie considérablement avec l’âge. Ainsi la sécrétion du suc gastrique a été généralement abondante et alcaline en 1866, et l’a été jusqu’à l’excès, et c’est cet excès, ce sont ses conséquences qui ont constitué l’influence épidémique cholérique. L’énergie de la sécrétion du suc gastrique dans le mal épidémique est telle que l’opération attaque, corrode ou détruit la muqueuse sécrétante en la parsemant de points noirs (1), que de savants physiologistes ont, faute de mieux, transformés en cause de l’épidémie, prenant ainsi un effet pour une cause, ce

(1 Molécules punctiformes.

qui est aujourd’hui assez habituel dans toutes les branches scientifiques.

Ici cependant l’empoisonnement supposé par les points noirs qui naissent sur la muqueuse stomacale, est peu réfléchi ; attendu que les muqueuses se parsèment assez généralement toutes de points noirs en se décomposant, soit que la décomposition ait lieu par excès d’activité nerveuse ou par manque de vitalité , soit qu’elle ait lieu par excès d’intensité nerveuse ou excès de vitalité. Le manque comme l’excès de vitalité, la trop faible comme la trop grande intensité du courant nerveux, change les produits de l’animalisation, et le changement est une carburation ou une mise à nu du charbon en excès. Les effets de ce genre sont surtout remarquables dans la décomposition lente qui détruit l’appareil pulmonaire chez les individus excessivement nerveux, chez lesquels la circulation nerveuse s’accélère plus ou moins rapidement, jusqu’à ce qu’il y ait destruction complète.

Si la sécrétion du suc gastrique a été généralement abondante et alcaline en 1866, si elle l’a été jusqu’à corroder la surface sécrétante, elle ne l’est plus guère en 1867, au contraire. La circulation magnéto-électrique de cette dernière année s’est dessinée aussi active, faible et déchargée, et aussi congestive et typhique que celle de 1866 était ralentie, intense, surchargée, digestive et cholérique.

L’année 1867 a été plus fatale aux tempéraments nerveux que l’année 1866, surtout dans les classes aisées, peu atteintes par le choléra ou par la digestion trop énergique, qui ne détruit guère que les estomacs vides.

L’année 1867 n’a guère fait grâce aux survivances de 1783, 1787 et 1791, elle en a à peu près fait table rase; c’était d’ailleurs sa mission. Elle n’a guère épargné de poitrine malade 'non plus; mais elle a surtout été fatale aux têtes malades.

Tous les produits de l’animalisation en dehors du phosphate

de chaux qui sert à la construction de la charpente osseuse, sont alb U min ai res. Ils se composent tous de 6 à 9i dixièmes d’eau et de 1 è 4 dixièmes d’albumine ou de fibrine, ce qui est tout un ; car la fibrine est de l’albumine à peine modifiée. Tous les autres composants sont accessoires, et non seulement n’entrent que pour une très faible part dans les produits, mais n’y jouent que des rôles très secondaires. Ne cherchez pas l’acidité ou l’alcalinité, ni la coloration d’un produit végétal ou animal dans les quelques substances rares inorganiques qu’il peut renfermer à l’état d’acide , d’oxide ou de sel. L’acidité , l’alcalinité et la coloration végétales et animales n’ont que faire de celles des substances inorganiques. Je vous ai montré, lecteurs, combien peu différaient l’acide acétique très acide , l’alcool très neutre, le sucre très alcalin et la fibre ligneuse très inoffensive; je vous ai montré comment ces compositions, de caractères si différents, provenaient des plus simples extensions élémentaires, de la plus simple d’entre elles; comment elles ne différaient que par la charge ; je vous ai montré également comment les plus simples extensions conduisaient de l’agglomérat végétal le plus compliqué à l’agglomérat fondamental animal, en quelqure sorte unique de l’albumine. 'Je vous ai montré comment, par les extensions successives du même agglomérat central, un agglomérat quelconque renfermait tous ceux qui l’ont précédé. Ceci étant surtout le cas pour l’agglomérat d’albumine, qui renferme ainsi ceux de la fibre ligneuse, du sucre, de l’acide acétique et de l’alcool, la décomposition de l’albumine dans la fermentation animale stomacale doit mettre en liberté successivement les différents agglomérats acides, neutres ou alcalins qu’il renferme, et ce seront ceux de ces agglomérats qui s’accommoderont le mieux du courant animalisateur qui domineront. Tl en sera ainsi non seulement de l’albumine des produits animaux qui se trouvent dans la poche stomacale , mais aussi des produits végétaux eux-

mêmes; il eu sera ainsi de tous les agglomérats animaux et végétaux qui entrent dans l’alimentation. Je pense que dans la digestion tous les agglomérats étendus sont défaits et détaillés dans leurs moindres agglomérats et jusque dans leurs éléments. Cela est à peu près certain pour deux raisons. La première de ces raisons consiste en ce que les agglomérats albuminaires ont pour élément central celui de l’ammoniaque, et que pour utiliser les produits végétaux dans la formation de l’albumine, il faut les détruire ; la deuxième consiste en ce que l’agglomérat animal est particulier pour chaque individu, qu’il doit prendre la charge nerveuse en rapport avec la circulation de l’individu et que, par conséquent, il doit se constituer tout entier sous l’influence de cette circulation.

Maintenant ne se constitue-t-il pas tout entier dans la sécrétion du suc gastrique lui-même? Cette sécrétion ou la transformation des aliments en liquide albuminaire au contact de la surface animalisatrice et du fluide nerveux qui y afflue, ne constitue-t-elle pas toute l’opération digestive? N’est-ce pas pour cette raison que l’estomac est constamment en mouvement, afin d’amener successivement tous les aliments en contact avec la surface sécrétante pour y subir l’opération animalisatrise ? Le liquide albuminaire que les aliments peuvent fournir n’esl-il pas successivement extrait et restitué à la masse pulpeuse ou bouillie, au fur et à mesure qu’il est fourni, pour en être séparé un peu plus loin tout en entier dans une autre opération animalisatrice?

Ou bien le liquide sécrété sans interruption, et constamment versé dans la masse pulpeuse, y continue-t-il à se compléter et à fermenter, ou n’y sert-t-il réellement que comme ferment?

Peu importe. La sécrétion gastrique est albuminaire; si elle ne forme pas le fond, elle préside au] début de l’agglomérat albuminaire qui sert îi la construction dusujetetdonneses carac-

tères à cet agglomérat et au sujet. Les caractères de l’agglomérat albuminaire et des constructions auxquelles il sert, différents d’un sujet è un autre, ne se retrouvent pas dans les composants de l’agglomérat. La manière d’obtenir l’agglomérat albuminaire par les manipulations chimiques ou par la simple cuisson, détruit d’emblée tous ses caractères. La cuisson par l’eau chaude, l’élévation d’un produit végétal et animal quelconque ù une température et à une tension électrique générale, supérieure à celles de l’animalisation et de la végétalisation, détruit d’emblée toutes les inégalités des charges et des surcharges qui différencient les agglomérats chez des sujets différents.

Pour montrer clairement les extensions successives des agglomérats végétaux et leur transformation en agglomérats albuminaires, je rappellerai leurs compositions et extensions qui sont :

Alcool (1). . . = 2 Ho -f- 4 Hc.

Acide acétique = 2 Ho -f- 4 Hc -f 4 Co.

Sucre = 2 Ho -t- 4 Hc -(- 4 Co -f- 2 Ho.

Fibre ligneux . = 2 Ho -f- 4 Hc 4- 4 Co 2 Ho -)- 4 G -h 2 Ho.

Albumine. . . = 3 (2 Az H^ -j- 4 Hc -h 2 Ho -j- 4 Hc -f- 4 Co + 2 Ho

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