C. — Nature des rapports étudiés
Les rapports entre la profession et le chômage, nous mettant sur la voie des causes du chômage, peuvent être considérés eux-mêmes comme des rapports de causalité indirecte entre la profession et le chômage. Si, en effet, la cause inconnue du chômage varie d’une profession à l'autre, il est logique de supposer que la nature de la profession agit sur cette cause, ce qui implique qu’elle exerce indirectement une influence sur le chômage.
Cette influence, que nous nous proposons d'étudier, peut être, remarquons-le, mesurée numériquement. Supposons, par exemple, que nous considérions dans un milieu économique donné les deux groupes professionnels de la boulangerie et de la boucherie, et que nous constations des taux de chômage de 7 0/0 dans le premier et de 4 0/0 dans le deuxième. Nous pouvons, par convention, égaler à 1 l'influence exercée par la boulangerie sur le chômage et nous pouvons dire alors que l'influence de la boucherie vaut 4/7 de celle de la boulangerie. Inversement, si nous prenons le taux de la boucherie comme étalon, nous pouvons dire que l'influence de la boulangerie est 7/4 fois plus forte que celle de la boucherie.
Les valeurs relatives des taux les uns par rapport aux autres mesurent donc les influences respectives des diverses industries sur le chômage, et peuvent être considérées, en quelque sorte, comme des coefficients professionnels de chômage.