‹ Le chrétien a l'école du calvaireChapitre 103 sur 229 · IL EST GLORIEUX DE SUIVRE NOTRE-SEIGNEUR A LA CROIX · texte numérisé non relu

IL EST GLORIEUX DE SUIVRE NOTRE-SEIGNEUR A LA CROIX

Première raison. — Suivre la croix, c'est aller à Véternité par le chemin royal.

C'est un grand honneur de suivre son roi (1) et de l'accompagner partout où il va, surtout dans ses conquêtes et dans la pompe de son triomphe; mais il est encore plus glorieux de suivre Dieu à la conquête du ciel. Il a ouvert le premier la voie évangélique, afin, dit saint Ambroise, de nous apprendre le chemin de la piété et de la vertu. Si nous jeûnons, il a pratiqué le jeûne avant nous; si nous souffrons pour sa gloire les injures et les mépris, il les a endurés le premier pour notre salut ; il a baissé ses épaules sous les fouets, il a prêté la joue aux soufflets, il est monté sur la croix pour nous apprendre que la mort même n'est point redoutable k ceux qui le suivent. De là vient qu'il dit à saint Pierre après avoir fait toutes ces choses : Suivez-moi, faites ce que vous in'avez vu faire. Et c'est ainsi que ce grand saint acheva glorieusement sa course, parce qu'il avait fidèlement suivi Jésus-Christ (2). Si donc nous aspirons à l'éternité bienheureuse, qui est le comble de la gloire, tenons à honneur de suivre un si excellent guide, estimonsnous heureux d'avoir un si noble chef, et soyons persuadés qu'il n'y a point d'actions dans la vie d'un Dieu dont l'imitation ne nous soit très-honorable. Les ennemis de la croix, disait saint Grégoire de Nazianze, me reprochent ma paii-

(1) Eccli., 23. 38.— (2) S. Ambr., in psal. 118, Gonc. 5.

vreté; je veux bien qu'ils sachent qu'elle ne me rend pas seulement glorieux, mais orgueilleux, parce qu'en m'appelant pauvre, ils témoignent que je marche sur les pas de mon maître, qui étant riche s'est fait pauvre pour notre amour. Certes, s'il était permis d'être ambitieux et orgueilleux, je ne vois rien qui mérite de nous donner de l'orgueil ou dépiquer notre ambition que l'honneur de faire ce que Jésus-Christ a fait, et d'être, pour ainsi dire, le compagnon de ses travaux.

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