‹ Le chrétien a l'école du calvaireChapitre 105 sur 229 · III. CONSIDÉRATION · texte numérisé non relu

III. CONSIDÉRATION

TftOisîÈjtfE RAISON. — Nos souffrances sont des reliques et des morceaux de la croix de Jésus-Christ.

C'est dans cette vue que nous devons infiniment priser les actions d'humilité, de patience et de douceur qui tendent à l'anéantissement de notre orgueil, parce que ce sont des appartenances du Verbe incarné. Nous devons les regarder comme des reliques sacrées, comme des morceaux de sa croix qu'il a consacrés et sanctifiés par son attouchement. Ne voyez-vous pas que notre chair, qui n'est qu'un peu de poussière, a été si fort ennoblie par l'union et la proximité du Verbe, qu'elle reçoit aujourd'hui les adorations et les hommages de toutes les créatures ? Jugez-en à proportion de la croix, des peines, des ignominies que Jésus-Christ a souffertes, de la prière, des jeûnes et des autres actions qu'il a pratiquées, et sachez qu'il les a tellement ennoblies, et s'il m'est permis de le dire, déifiées en sa personne, qu'il n'y a rien de si glorieux que de souffrir celles-là et de pratiquer cellesci à son exemple. L'homme charnel qui ne se gouverne que parles sens, n'entre point dans ces sentiments, parce qu'il n'a pas assez de lumière ; mais si un séraphin paraissait parmi nous en forme humaine, s'il allait dans les hôpitaux, s'il descendait dans les cachots pour consoler les prisonniers, s'il s'approchait des autels pour honorer les divins mystères, pensez-vous que cet excellent esprit eût honte d'être vu, ou qu'il appréhendât les discours et les jugements des hommes? Ne s'estimerait-il pas trop honoré de suivre l'exemple du Roi des rois? et s'il se trouvait des hommes assez insolents pour s'en moquer, n'aurait-il pas pitié de leur folie? Oh! que les saints jugent bien autrement que nous du point d'honneur! Les pharisiens croyaient faire un insigne afîront à cet heu-

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reux aveugle qui voulait leur ouvrir les yeux pour leur faire voir la sainteté et le pouvoir du Fils de Dieu, de qui il avait reçu la vue; ils croyaient, dis-je, le couvrir de honte, lui disant, par une espèce de malédiction, qu'il le prît pour maître, puisqu'il en faisait tant d'état, et qu'il se rendît son disciple (1). Mais au lieu de le déshonorer, ils lui faisaient le plus grand honneur qu'une créature puisse recevoir. Oh! que celte malédiction, dit saint Augustin, lui était honorable! oh! qu'elle est aimable à tous ceux qui connaissent le mérite de la croix! 0 Seigneur! que cette malédiction tombe sur nous (^) ! Accordez-nous cette grâce de participer aux ignominies de votre Fils ; car nous sommes assurés que vous bénirez ceux que le monde charge de semblables malédictions (3).

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