III. CONSIDÉRATION
La véritable marque de cet amour que Notre-Seigneur a pour ses enfants, lorsqu'il les éprouve par de grandes souffrances, est le bien qu'il leur veut et qu'il leur procure par là, savoir, un très-pur amour en cette vie, dit saint Laurent Justinien, et une éclatante couronne dans le ciel. La sagesse
(1) B. Baptista VeraDa chr. S. Francisci., to. 2, 1. 7, c. 26.— (2) ProY., 3. — (3) Lib. 1, c. 4, insinu dis', piet.
A l'école du calvaire. 239
divine a coutume d'éprouver ses dons et de frapper de verges ceux qu'elle rend illustres en leur donnant son amour. Je châtie ceux que j'aime, dit la sagesse. La charité n'est jamais sans l'exercice de la patience ; elle combat avec toutes les forces spirituelles de l'âme; et la souffrance montre ce qu'elle est (1). Pour la couronne du ciel, ce même père assure qu'il n'y a point de marque plus certaine de la prédestination que la croix. L'affliction est à l'égard des justes un signe de l'araour que Dieu leur porte, un présage de leur future béatitude et une marque éclatante de leur prédestination (2:). Saint Chrysostôme dit que la croix est l'école où l'on instruit les prédestinés pour les disposer et préparer pour le ciel (3), et sainte Catherine de Boulogne assure que c'est le chemin par lequel Dieu fait marcher de bonne heure ceux qu'il aime d'un amour paternel, pour les faire héritiers des biens de son Fils (4).