‹ Le chrétien a l'école du calvaireChapitre 116 sur 229 · III. CONSIDÉRATION · texte numérisé non relu

III. CONSIDÉRATION

Il y a une alliance si étroite, disait Notre-Seigneur h sainte Catherine de Sienne, entre Vamour de la divine charité et la parfaite patience, qu'on ne peut pas les séparer. C'est pourquoi quand une âme se résout et se dispose à ni aimer, elle doit en même temps choisir la croix et se résoudre à endurer toutes sortes de peines pour Vamour de moi, de quelque part qu'elles viennent et de quelque manière que je les lui donne, parce que la patience ne s'éprouve que par les peines (2). Celle grande sainte apprit encore une si importante vérité de la bouche du Père éternel, qui lui dit ces paroles remarquables qu'elle a couchées dans ses Dialogues. Le mouvement de la vraie charite, qui est dans l'âme, n'est autre qu'une patience invincible qui est un signe évident, et qui fait voir très-clairement qu'elle est en moi et que je suis en elle par le moyen de la grâce. La vision que sainte Gertrude raconte sur ce sujet mérite une considération particulière. Offrant un jour à Notre-Seigneur, dans une courte prière, toutes les peines du corps et de l'esprit qu'elle souffrait, et toutes les consolations spirituelles et corporelles dont elle élait privée, Notre-Seigneur lui apparut, tenant dans ses deux mains deux anneaux enrichis de deux pierres précieuses, qui marquaient le prix de ces deux choses qu'elle lui avait présentées, ce qui lui donna occasion de réitérer plusieurs fois la même prière ; et quelque temps après, lorsqu'elle la récitait, elle sentit que Notre- Seigneur lui appliqua à l'œil gauche l'anneau qu'il tenait de la même main, et qui marquait les peines qu'elle lui avait

(1) In vitaB. Joann. Golumb. — (2; In dial,, c. 5.

offertes. Et depuis ce temps-là elle sentit des douleurs dans cette partie dont elle ne pût jamais être parfaitement délivrée; d'où elle apprit que comme l'anneau se donne aux épouses, de même les souffrances du corps et de l'esprit sont des marques de l'élection divine, et comme l'anneau avec lequel Dieu épouse l'àme (1). Si bien qu'elle peut dire ces paroles : Jésus-Christ nva prise pour son épouse avec son anneau. Et si elle en est reconnaissante, si elle le bénit dans ses afflictions, si elle les reçoit comme des faveurs avec action de grâces, elle peut ajouter, et il m"a parée d'une belle couronne comme son épouse, parce que la gratitude dans les souffrances est une éclatante couroune de gloire incomparablement plus précieuse que l'or et les pierreries.

PRATIQUES ET ASPIRATIONS

1. Remerciez Dieu dans vos afflictions, dites avec Job: Que le nom du Seigneur soit béni/ ou avec saint Laurent : Je vous rends grâces. Seigneur, de m' avoir jugé digne d'entrer par la porte des souffrances, par où vous êtes entré dans votre royaume.

% Tenez-vous plus honoré de souffrir pour Jésus- Christ que s'il vous avait donné la plus belle couronne de l'univers, et dites avec saint Paul : A Dieu ne plaise que je me glorifie en autre chose qu'en la croix de Notre -Seigneur Jésus- Christ.

3. Dites avec le Prophète-Pioi : Je bénirai Dieu en tout temps, sa louange sera toujours dans ma bouche. Ne prenez pas le temps de 1" affliction comme un mauvais temps, mais plutôt comme le meilleur de votre vie.

(1) s. Gertrud., lib, 8, c. 2 insin. de piet.

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TRENTIEME LEÇON.

Tout le bonheur d'un chrétien , dans le temps ou dans l'éternité, est dans la croix.

« Vous serez bienheureux, lorsque les hommes vous chargeront d'injures, qu'ils vous persécuteront, et qu'à cause de moi ils diront faussement toute sorte de mal contre vous.» Matth,, 5. 11.

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