IV. CONSIDERATION
Adhérence et union. — Enfin , l'àme chrétienne , étant entrée dans les plaies de Jésus-Christ , et en ayant reçu l'impression par une transformation amoureuse , doit s'y attacher comme dans son centre et y établir son repos. Car c'est la principale fin de l'oraison , et le plus noble dessein que le Fils de Dieu s'est proposé dans sa Passion de nous unir à lui, comme il l'est avec son Père. C'est le plus haut degré de la noblesse de Fâme, qui se déifie par celte intime union, suivant ce que dit l'Apôtre, que celui qui adhère à Dieu est un même esprit avec (1). C'est la source de tous les biens, parce qu'en vertu de l'union que nous avons avec Jésus- Christ, nos bonnes œuvres sont d'une valeur inestimable, nos prières d'une efficacité infinie, notre âme d'une beauté et d'une dignité incomparables, qui font qu'elle entre en société avec Dieu par la participation de tous ses attributs. Sa puissance la protège, sa sagesse l'illumine, sa bonté la porte dans son sein, accomplissant ces magnifiques paroles de TEcriture : Le Seigneur vous portera entre ses bras, comme un bon père a coutume de porter son fils, quand il est encore enfant (2).
(1) I. Cor., 6. 17. — (2) Deut., 1. 31.
TROISIEME LEÇON
Troisième afifection : la contrition.
« Filles de Jérusalem, ne pleurez pas sur moi, mais sur vous. »
Luc, 23. 28.
Saiûte MechliWe, étant un jour fort occupée de Dieu, vit en esprit la charité sous la figure d'une vierge, qui trempait lin diamant dans le cœur de notre Sauveur, réitérant souvent cette action, comme pour lui apprendre qu'il n'y a point de cœur si dur, ni si impénitent, que la fréquente méditation des plaies de Jésus-Christ ne fasse fondre eu larmes de contrition et de douleur. Plongez- vous donc souvent dans ce cœur amoureux, qui est un abîme de miséricorde ; quand le vôtre serait aussi dur qu'un diamant, à force de le tremper dans le sang de cet Agneau, il est impossible qu'il ne s'attendrisse pas, et qu'il ne conçoive pas une extrême horreur du péché.