I. CONSIDÉRATION
Premier motif de contrition. — Vous ne pouvez douter que vous ne soyez la cause de sa mort, et cela seul doit vous être un sujet éternel de douleur et de regret, d'avoir été le meurtrier de votre Père et de votre meilleur ami. Représentez-vous ce doux Jésus au jardin des OUviers, assailli d'un si violent ennui que, de détresse, il en sue sang et eau; ou bien attaché tout nu à la colonne, et fouette par des bourreaux qui le déchirent sans pitié, et déchargent sur lui jusqu'à cinq mille coups, n'épargnant aucune parlie de son corps innocent où ils ne laissent quelque marque sanglante de leur cruauté; ou bien enfin, sur le Calvaire, pen-
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daiit à ua gibet entre deux larrons, et rendant Tesprit dans l'excès des plus grands tourments qu'on puisse souffrir. Et puis, demandez au proptiète Isaïe qui l'a mis en cet état? il vous répondra que ce sont vos péchés (1). Demandez-le à son Père céleste : il vous dira que c'est à votre occasion qu'il l'a frappé si rudement (^2). Demandez-le à lui-même: 0 mon Seigneur! qui vous a fait ces plaies que vous portez au milieu de vos mains? Il vous répondra que vous êtes la cause de ses douleurs; et vous montrant ses cicatrices, il vous dira : C'est vous qui m'avez ainsi maltraité, vous que j"avais tant aimé, vous qui aviez tant d'obligations de m'aimer; c'est vous qui m'avez percé le cœur, c'est chez vous que j'ai reçu ces blessures (3). Ces paroles peuvent-elles entrer dans votre esprit sans le remplir de douleur? La bienheureuse Angèle de Foligny n'y songeait jamais qu'elle ne fût pénétrée d'un regret sensible d'avoir causé la mort à son Sauveur, et même elle en était souvent malade; de sorte qu'on était contraint d'ôter de devant elle toutes les images de la Passion. 0 mon très-doux Sauveur, que j'ai de douleur de vous voir si afïligé à mon sujet! Eh! Seigneur, ce sont mes péchés qui vous ont mis sur cette croix. 0 divine Justice, c'est moi qui ai péché, et qui ai mérité cette croix; c'est moi qui devrais être lié, fouetté, couronné d'épines, chargé de toutes sortes d'opprobres. Vengez-vous donc sur moi (4), et pardonnez à mon Sauveur; car je suis le criminel, et il est le Saint des saints.