JÉSUS EST CONFUS EN LA PRÉSEKCE DES HOMMES ET DES ANGES
La confusion a couvert mon visage (1).
La honte nous fait cacher, de peur que les hommes voient notre alDJection. Mais Jésus veut bien que les hommes et les anges soient témoins de sa confusion. Lui qui n'avait jamais fait paraître ni tristesse, ni crainte, ni ennui, pour aucun accident fâcheux, est tellement saisi tout-à-coup, qu'il est contraint de chercher de la consolation parmi ses disciples, et de la recevoir des anges qui viennent le reconforter. Oh ! quelle humiUation ! Le Créateur est réduit à cette extrémité, de mendier des forces à sa créature. Il est dans la dernière abjection. Il souffre le dernier mépris de la part de son Père, qui le condamne à une mort ignominieuse. Il faut que le ciel et la terre le sachent, et que ce rebut et ces faiblesses soient coMnus de tout le monde.
Oh! que je suis superbe et ingrat, si je ne puis encore après cela souffrir une petite confusion pour son service et
(1) Ps.68. 10.
A l'École du calvaire. 315
pour son amour ! Mon Dieu, quel est le dérèglement de mon cœur! Hélas! j'ai honte de confesser mes péchés à l'oreille d'un homme, et je n'ai point de honte de les commettre devant vous. Changez, Seigneur, ma mauvaise honte en une sainte humilité, et mon insolence en une sainte confusion de mes péchés.
SEPTIEME CONSIDERATION
Jésus est saisi de crainte à la vue de ses tourments.
« Il commença à être saisi de crainte et d'ennui.» Marc. xiv.
Remarque.
Quelques-uns croient que Jésus-Christ n'eût point peur de la mort ni des tourments ; et même saint Jérôme pense qu'il est honteux de croire qu'il ait prié son Père par la crainte qu'il avait de souffrir. Mais néanmoins la plus commune opinion est qu'il a véritablement senti les frayeurs de la mort avec une étrange répugnance de la partie inférieure de son âme (1). Nous en chercherons ici la cause.