JÉSUS CRAINT LA MORT POUR NOUS CONSOLER
Il commença à être saisi de crainte.
Étrange prodige ! celui qui est tout-puissant, à qui rien ne peut nuire, s'il ne le veut, est saisi d'une mortelle frayeur.
(1) Vide Salmeronera, tom. 10. tract. H. De Tristitia animœ Chrisli. — S.Hilarius fuit in istâ opinione. 10. de Trinit. et Cœn. 31 Matth. S. Hieronym. in Matth. c. 26. —S. Aug. in Psal. 9. — Vide eumdem, 1. 2. ad Cateoh. c. 6.
0 Roi de gloire, que craignez-vous? La crainte procède d'uD mal qui est difficile à vaincre. Qu'appréhendez-vous donc, puisque rien n'est égala votre puissance?
Il craint, parce qu'il ne veut pas user de son pouvoir. Sa crainte nest pas une marque do faiblesse, mais un effet de son courage et de son amour. Il craint , parce qu'il a pris la place des pécheurs. Il ne craint pas tant pour lui que pour nous; ou, pour mieux dire, il craint pour lui à cause de nous (1).
Il craint, premièrement, pour nous consoler dans nos craintes, et pour adoucir la peine et l'inquiétude que la peur nous donne. Vous voudriez être exempt de ces frayeurs et de ces appréhensions qui vous travaillent. Consolez-vous : Jésus tremble à la vue de la croix et aux approches de la mort. Son visage pâlit, ses forces l'abandonnent; son cœur, attaqué de cent funestes objets, veut repousser la frayeur qui le saisit, et il est contraint de frémir d'horreur.
Eh ! pourquoi me troubler de mes faiblesses, ou m'étonner de mes craintes? Mon Sauveur a craint la confusion et le mépris, il a appréhendé les douleurs du corps, il a redouté les persécutions, les calomnies, les accusations, la violence et la fureur de ses ennemis. Quelle merveille que la feuille tremble, si l'arbre même est ébranlé jusqu'à la racine (2) !