III. POINT
LA RÉPROBATION DES JUIFS EST UNE TR0IS1È3IE CAUSE DE SA RÉPUGNANCE ET DE SON ENNUr.
Il commença à être saisi de crainte et d'ennui.
Il est fâcheux de travailler beaucoup, et de n'en tirer aucun fruit ; mais il est bien plus sensible de voir que la peine que l'on prend pour un autre tourne à son préjudice, au lieu de lui profiter. C'est ce qui afflige le cœur de Jésus et le remplit d'amertume. Il sait que sa mort sera la ruine totale des Juifs et la source de leur réprobation, ce qu'd ne peut voir qu'avec un extrême ennui, non plus que le malheur des chrétiens, qui seront damnés pour en avoir abusé (1).
Quel honneur aux Juifs d'avoir le Sauveur du monde parmi eux, de le voir, de l'écouter, de le posséder ! Cependant, au lieu de se prévaloir d'une grâce si signalée, ils en font, par leur malice, l'occasion malheureuse de leur damnation éternelle. Oh ! que leur mauvais cœur cause d'ennui
(1) s. Hierom. in c. 26. Mcitth. Vide in c. 9. Isaise.
322 LE chr:étien
à celui qui l'a si bon! Eh! faut-il que je sois la pierre de scandale de mes propres enfants? Faut-il qu'ils se damnent, parce que je viens pour les sauver? Oh ! qu'il est vrai que les plus grands bienfaits de Dieu sont souvent de grands supplices! 0 chrétien, qui avez reçu tant de faveurs de Jésus-Christ, ne tremblez-vous point de l'abus que vous en avez fait?
A l'école du calvaire. 32i3
NEUVIÈME CONSIDÉRATION
Jésus a recours à la prière dans son extrême tristesse.
« Alors il se sépara d'eux l'espace d'un jet (le pierre ; et s'étant mis à genoux, il priait. Luc. 22.
« S'étant un peu avancé, il se prosterna le visage en terre, priant et disant : Mon Père, s'il est possible, que je ne boive point ce calice. Toutefois, que ma volonté ne soit pas faite, mais la vôtre. Puis il vint à ses disciples, et les trouvant endormis, il dit à Pierre : Est-ce ainsi que vous n'avez pu veiller une heure avec moi ? Veillez et priez, afin que vous n'entriez pas en tentation. L'esprit est prompt, mais la chair est faible. Il s'en alla encore pour la seconde fois, et pria, disant : Mon Père, si je ne puis éviter de boire ce calice, que votre volonté soit faite. Il revint encore, et il les trouva qui dormaient; car ils avaient les yeux appesantis. Et les laissant, il s'en retourna encore, et pria pour la troisième fois, répétant les mêmes paroles. Alors il vint à ses disciples, et leur dit : Dormez maintenant et vous reposez. )» Matth. 26.