‹ Le chrétien a l'école du calvaireChapitre 3 sur 229 · III. CO>SIDÉRATION · texte numérisé non relu

III. CO>SIDÉRATION

Ajoutez à cela la grandeur des biens que nous trouvons dans les plaies sacrées de Jésus, dont le prix n'est autre

(1) Joan., 7. 37.

A l'École du calvaire. 5

que le désir. Car, comme nous ne sommes riches qu'en désirs, il ne nous demande rien autre chose. Il se contente d'une bonne volonté, ainsi que d'un paiement légitime qui nous met en possession de tous ses trésors.

De là vient, remarque saint Bernard qu'il nous distribue ses richesses spirituelles selon la diversité de nos désirs, de môme que la manne qu'il tirait autrefois des trésors de sa bonté paternelle, pour nourrir son peuple dans le désert, changeait de goût selon le désir de celui qui en mangeait. Approchons-nous avec un vif désir d'acquérir l'humilité : la vue de ses anéantissements nous inspirera le mépris du monde, et fera mourir notre orgueil. Allons-y avec le désir d'obtenir la pureté: Textrémilé de ses douleurs nous ôtera le goût des plaisirs terrestres, et son sang tombant peu à peu sur nous, éteindra le feu de la convoitise, qui nous menace d'un funeste embrasement. Il en est de même de toutes les autres vertus et de tous les dons spirituels, qui sont renfermés dans la croix. Il veut que nous les achetions au prix de nos désirs ; et plus ils sont précieux, plus il veut aussi que nous les désirions avec ardeur. Car le désir est une marque d'estime, qui doit croître à proportion que le bien qui en est l'objet est plus excellent. Et puis il arrive d'ordinaire que les grands biens sont- environnés de grandes difficultés, qui naissent en partie de notre faiblesse, qui a peine à s'élever si haut, et en partie de la malice de nos ennemis, qui, étant envieux de notre bonheur, font tout ce qu'ils peuvent pour nous traverser. Or, de tous les biens spirituels, il n'y en a point qui leur donne tant de jalousie et qu'ils traversent avec plus de malice que l'étude, et surtout celle des souffrances de Jésus-Christ, parce qu'ils savent combien elle est utile et nécessaire à notre perfection. A moins donc que d'aimer l'oraison, et de s'y porter avec une forte inclination; à moisis que d'être, comme Daniel, hommes de désirs, nous n'aurons jamais ni la force, ni le courage de surmonter tous les obstacles qu'ils nous opposent.

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