II. GO.XSIDÉRATION
Secondement, quelle difficulté faites-vous de porter votre croix, non-seulement après Jésus, mais encore pour lui? Sa-
(l) s. Aug , in Psal. 34. — (2) 1. Petr., 4.
A l'École du calvaire. 61
vez-vous bien ce que c'est que de souffrir pour Jésus-Christ? Souffrir pour Jésus-Christ, c'est une plus grande grâce que de ressusciter les morts et de faire des miracles. Car en faisant des miracles, je suis redevable au Fils de Dieu de la grâce qu'il me donne; mais en souffrant, il se tient obligé de la peine que j'endure (1). C'est ce qui animait les martyrs au combat, les anachorètes à la pénitence, tous les saints au mépris du monde et à la haine d'eux-mêmes, sachant bien que ce n'est pas l'opération des miracles qui nous rend agréables à Dieu, mais l'amour des souffrances, et les souffrances que nous supportons généreusement pour son amour. Ainsi les Apôtres s'estimaient heureux d'avoir été jugés dignes de souffrir des opprobres pour son nom ; ainsi saint Paul se glorifiait de porter les stigmates de son Maître; ainsi saint André tressaillait de joie à la vue de la croix; ainsi un nombre infini de vierges, tendres d'âge, faibles de sexe, mais non pas de cœur, ont triomphé de la fureur des tyrans, prenant plaisir à voir couler le sang de leurs plaies et se mêler avec celui de leur Sauveur. 0 Seigneur, qu'il y a de plaisir de voir imprimés sur moi ces sacrés caractères, qui marquent vos trophées et vos victoires ! Mais c'est avec des ongles de fer; mais c'est avec la pointe des flammes. Nimporle : je suis trop heureux de vous plaire. Contenter Dieu, plaire aux yeux de sa divine Majesté, et lui donner de la gloire, c'est un bien qu'on devrait acheter au prix de tous les tourments, et de la perte de mille vies.