II. CONSIDÉRATION
1. Il s'est anéanti lui-même. Il est mort sur le dur bois de la croix, dénué de tous ses biens temporels, n'ayant plus rien à lui, non pas même ses habits, que les soldats avaient partagés entre eux, et ne touchant plus à la terre que par son précieux sang, qu'il avait répandu jusqu'à la dernière goutte pour la sanctifier et en effacer tous les crimes.
%. Il s'est anéanti lui-même. Il est mort dénué de toute consolation divine et humaine, plongé dans une mer de douleurs, accablé de peines de corps et d'esprit, déchiré, ensanglanté, persécuté du ciel, de la terre et des enfers, sans en tirer aucun soulagement ni de ses amis, ni de son Père éternel, ni de hii-même.
3. Il s'est anéanti lui-même. Il est mort dénué de tout honneur, couvert d'ignominie et d'opprobre, exposé aux mépris, aux injures, aux blasphèmes et à la malédiction de tout le peuple. Ma misère est le sujet de leur raillerie ; ils ont une si furieuse aversion de moi, qu'ils ne peuvent me souffrir. Ils me regardent comme un objet d'exécration, dont la seule vue est contagieuse, et s'ils s'approchent de moi, ce n'est que pour me cracher au visage, et me faire de nouveaux outrages (1).
4. Il s'est anéanti lui-même. Il est mort dénué de force et de pouvoir quant à l'usage, n'ayant pas la liberté de se
(1) Job. 30. 9.
A l'j5cole du calvaire. 143
remuer, et ne se servant de sa toute-puissance que pour augmenter ses tourments.
5. // s'est anéanti lui-même. Enfin il est mort dans mi parfait anéantissement de ses volontés, de ses plaisirs, de ses bie*ns, de son honneur, de ses pouvoirs, de sa liberté, de toutes choses. Je me vois réduit au néant, mes désirs s'évanouissent comme le vent, et ma vie se perd comme un nuage qui passe et se résout en un moment (1).